Neil Young

Everybody Knows This Is Nowhere

Everybody Knows This Is Nowhere

 Label :     Reprise 
 Sortie :    mai 1969 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

En cette année érotique, notre bûcheron canadien, échappé du psychédélique Buffalo Springfield, se choppe une bande de barjos qu'il rebaptise Crazy Horse. Les gaillards s'apprêtent à faire un bon bout de chemin ensemble, et placent d'entrée la barre très haut: les 2'59" de Cinnamon Girl, qui ouvrent l'album, tiennent leur rang dans la grande histoire du rock, avec un riff taillé au cordeau et un cultissime solo sur une note.
Des ballades country lancinantes qui arracheraient des larmes à un trappeur ("Round & Round", "Running Dry") aux longues chevauchées électrisées ("Down By The River", "Cowgirl In The Sand"), le style Crazy Horse est en place au premier essai: une voix plaintive d'ange déchu soutenue par des chœurs geignards et des guitares tour à tour tranchantes, berçantes, déjantées. Cette équipe-là offrira l'un des fonds musicaux les plus mélancoliques à ces années d'érosion des utopies.


Exceptionnel ! !   19/20
par Myfriendgoo


 Moyenne 19.50/20 

Proposez votre chronique !



Posté le 28 mai 2005 à 22 h 32

Après avoir quitté le Buffalo Springfield et nous avoir offert un premier album tout à fait honorable, Neil Young continue son chemin et inaugure avec "Everybody Knows...", une collaboration avec un groupe hors normes, le Crazy Horse (anciennement The Rockets). C'est avec eux que Neil signe son premier chef-d'oeuvre.

D'entrée de jeu, on est happé dans l'univers du Loner, avec un magnifique "Cinnamon Girl". Puis, on se laisse bercer par la douceur de la chanson titre et de "Round & Round", avant que la machine ne se remette en route avec le sublime "Down By The River".
Elle se déchainera une troisième fois dans un ultime effort final, "Cowgirl In The Sand", morceau aussi épique qu'une chevauchée en plein désert.
Et c'est ici que le voyage prend fin, dans une grande étendu située, comme tout le monde le sait, au milieu de nulle part.
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 11 septembre 2005 à 01 h 01

Si on devait résumer la carrière de Neil Young, Everybody Knows This Is Nowhere figurerait en bonne place, simplement parce qu'il est un album de référence, peut-être celui que l'on recommande le plus souvent à celui ou celle qui n'a pas eu la chance d'entendre parler de cet artiste exceptionnel.
Un album de référence, façonné de manière admirable par le maître enchanteur canadien. Un voyage entrepris à travers les sentiments, avec cette intime conviction qu'une fois parti, on ne s'arrêtera pas avant destination, même s'il se révélait tumultueux.
Un voyage, qui débute par ce mythique "Cinnamon Girl", préfigurant le magnétisme indéniable que l'on retrouvera durant les 40 prochaines minutes.
Ainsi, si "Everybody Knows This Is Nowhere" nous emporte plus loin dans une atmosphère presque insouciante, "Round And Round" nous touche profondément avec des textes sublimes. Des chants tout simplement beaux et émouvants.
Cette étape acoustique se poursuit par l'extraordinaire et électrique "Down By The River", une de ces chansons qu'on n'oublie pas, qu'on a envie de reprendre en choeur, qu'on a envie de ne jamais voir s'arrêter. D'ailleurs, a-t-on vraiment envie de voir ce voyage prendre fin ? qui voudrait s'arrêter en bas de cette rivière ?
Puis deux chansons qui vous rappellent tant de choses, d'abord "The Losing End" au refrain empli de nostalgie, puis le "Running Dry" aux sons grinçants, une douce mélancolie, au son étouffé, qui pendant plus de cinq minutes va nous transporter comme un agréable malaise. Un son étouffé, une chanson douce, oui mais tellement puissante qu'on pourrait la considérer comme une ultime épreuve au fond de nous-mêmes.
Puis voilà "Cowgirl In The Sand", qui nous fait respirer, sortir de la mélancolie, rien à dire de particulier, sinon que c'est magnifique, exceptionnel, les superlatifs manquent pour cette sublime "toune" -comme dirait le compatriote canadien.
Cet album ne peut pas vraiment se résumer; une sorte de paradoxe ? Comme la plupart des autres albums ? Tous autant de voyages, de découvertes, de nostalgie... un maëlstrom de sentiments, dans lequel on est happés, et où on ne sait s'il faut rire ou pleurer, c'est beau, c'est sincère, c'est magique.
Tout simplement intemporel.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 20 juillet 2008 à 00 h 44

S'il y a un souvenir marquant de mon enfance dont je peux encore humer l'atmosphère, c'est bien celui de ces interminables virées nocturnes en voiture pour rejoindre la Bretagne au petit matin. Tout excité de partir en vacances je ne pouvais m'endormir et traversais les yeux grand ouverts des villes fantômes, des forêts aux grand arbres, pendant des heures jusqu'à être envahi par le silence de la voiture arrêtée, attendant que le feu passe au vert. Tout se suivait avec naturel, tout était évident comme plein de mystère. L'incise de la route dans le réel s'applique à la pensée qui peut slalomer sans se perdre vraiment. Et mon imagination tournait à plein régime au côté de mon père qui lui restait silencieux, sans doute dans des pensées auxquelles l'enfance échappe. Les routes et leurs aspects altérés par la nuit s'échelonnaient dans un rythme qui teintait tout d'un air magique, et c'est la voix de Neil Young qui donnait toute l'épaisseur au phénomène, parce que comme tous les voyageurs le savent, le plus important c'est d'être au milieu de nulle part. Everybody Knows This Is Nowhere est un album de voyage, presque un outil puisqu'il alimente toutes les circonvolutions de notre pensée. Neil Young y prend des solos où il se perd sans s'oublier totalement, un juste milieu à l'image de la route sur laquelle les idées glissent à toute allure.
Intemporel ! ! !   20/20







Recherche avancée
En ligne
Au hasard Balthazar
Sondages
Pour ou contre la reformation des Pixies ?


Pixies