Neil Young

Sleeps With Angels

Sleeps With Angels

 Label :     Reprise 
 Sortie :    mardi 16 août 1994 
 Format :  Album / CD   

En 1994, Neil Young a oublié la joie qui l'animait sur Harvest Moon. Le suicide de Kurt Cobain a profondément marqué le canadien, même s'il ne l'a jamais explicitement avoué. Tel un alchimiste dans son laboratoire, le Loner s'enferme dans son studio et s'attèle à un bien étrange projet. Au bout de quelques mois d'expériences interdites et de mélanges inquiètants, Neil ressort de son antre en emportant avec lui le résultat de ses recherches.

Tout aussi sombre que Tonight's The Night, mais beaucoup plus indéfinissable car tellement inattendu, ce disque est animé d'une tristesse infinie, chaque instrument pleure des larmes de sang. Tour à tour éléctrique et accoustique, Sleeps With Angels alterne les ambiances avec un talent hors du commun. "My Heart", avec son air de clavecin, est d'une beauté presque fantômatique. La tristesse pointe à chaque morceau, pouvant être déchirante comme sur "Sleeps With Angels" ou encore "Prime Of Life" et sa flûte dissonante, profonde et cristalline comme sur "Driveby" ou d'une sincère simplicité comme sur "Western Hero" qui aurait pu figurer sur Harvest Moon s'il n'y avait pas cette éléctricité soudaine qui donne des frissons le long de la moelle. Et puis il y a "Change Your Mind", un des sommets de l'album. La voix de Neil semble se briser à chaque instant, les guitares rendent leur dernier souffle à chaque note jouée. Beau à pleurer.

Jamais encore l'émotion n'avait été si présente dans un album du Loner. Aussi difficile à commenter qu'un Tonight's The Night ou qu'un Zuma , car nous laissant sans voix, Sleeps With Angels est une illusion, un rève dont on n'arrive pas à saisir le sens mais qu'on ne se lasse pas de refaire.


Exceptionnel ! !   19/20
par Loner


 Moyenne 19.00/20 

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Posté le 24 avril 2007 à 08 h 18

Déjà la pochette: noire et rouge, une ombre et des mots. Un titre "dors avec les anges" en référence à la mort de Cobain qui laissa pour dernier mot une phrase de Neil Young ce qui à visiblement marqué profondément le canadien. De toute évidence ce disque sera sombre.

Et l'écoute démarre. Rarement Neil Young n'aura été aussi mélancolique et triste. La musique est réellement déchirante. Le maitre s'est livré à l'exploration de son âme et de son art, la voix atteint des sommets inimaginables de justesse, de qualité d'interprétation dans la transmission d'émotion. C'est la voix d'un ange qui ne dort pas encore. On est ici dans un univers de triste beauté parfois de désolation et où les envolées musicales ne sont là que pour mieux illustrer le propos.
Et la qualité cinématographique (mot souvent mal utilisé) de cette œuvre rare n'est pas la moindre des qualités. Images d'homme abandonné, de longues routes désertes, de village pluvieux livré pour un impressionnant travail introspectif. Sans tomber dans la déprime, ou dans l'auto-complaisance mais à la manière d'un équilibriste toujours au bord de la chute, Neil sort un recueil de chansons somptueuses. On y revient souvent comme les grands disques, contrairement aux bons disques à retour épisodique.

La perle noire de la discographie de Young. Harvest étant le diamant blanc.
Exceptionnel ! !   19/20







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