Neil Young

Dorothy Chandler Pavilion 1971

Dorothy Chandler Pavilion 1971

 Label :     Reprise 
 Sortie :    vendredi 06 mai 2022 
 Format :  Live / CD  Vinyle  Numérique   

En décembre 1970, Neil Young entame une tournée solo par quelques dates à Washington (Live At The Cellar Door), avant d'aller jouer à New York (Carnegie Hall 1970). Cette tournée marque ensuite une pause avant de reprendre début janvier 1971. Le 19, il traverse la frontière et fait une halte à Toronto (Live At Massey Hall). Trois jours après, il est dans le Connecticut, à Stratford (Young Shakespeare). De la côte est, il repart vers l'ouest en passant par Boulder. Le 30 janvier, la fin de la tournée approche, il joue à Westwood devant un parterre d'étudiants de l'UCLA (Royce Hall). Enfin, le 1er février la tournée se termine à Los Angeles, il joue à guichets fermés au Dorothy Chandler Pavilion avec Ramblin'Jack Elliott en première partie. C'est ce dernier concert, bootleg bien connu sous le nom I'm Happy That Y'all Came Down qui est paru en mai sous le nom Dorothy Chandler Pavilion 1971 en même temps que Royce Hall et que le fameux Citizen Kane Jr de 1974.


"On The Way Home" est placé en ouverture comme à presque tous les concerts de cette tournée, histoire de rappeler le dernier 45T du Buffalo Springfield. Puis "Tell Me Why" de son troisième album solo. Il a tout juste 25 ans et sept albums derrière lui, il est déjà connu comme membre de Crosby, Stills, Nash, & Young et de Buffalo Springfield, ses albums solo, surtout After The Goldrush, ont bien marché. Il joue quinze titres, il pourrait aligner des extraits de ses albums, il a de quoi faire, mais sur cette quinzaine, cinq seulement sont déjà gravés. Tout le reste est inédit et paraîtra à plus ou moins longue échéance. Parmi ces inédits, plusieurs vont contribuer à sa reconnaissance en tant qu'artiste solo. Harvest est en gestation et n'a pas encore éclaté à la face du monde.
Quand il a commencé à les jouer, début janvier, "Heart Of Gold" et "A Man Needs A Maid" ne faisaient qu'un seul et même morceau. Ce soir-là, ils ne sont séparés que depuis une poignée de jours, depuis Boulder. Et c'est tant mieux, car c'était assez indigeste à écouter et peu harmonieux.
Maintenant que l'on connaît le succès de "Heart Of Gold", on ne peut que lui donner raison.
Cette version paraît presque timide, d'autant que personne n'applaudit aux premières notes comme c'est le cas depuis la sortie du 45 t en janvier 1972. Pareil pour "Old Man", ce ne sont pas encore les morceaux les plus réclamés de ses concerts.
"A Man Needs A Maid" qui raconte la façon dont il est tombé amoureux de Carrie Snodgress lorsqu'il l'a vu dans Journal intime d'une femme mariée, et avec qui il va passé quelques années, est ici complètement nue, quasi squelettique, pas encore polluée par les arrangements grandiloquents de Jack Nitzsche.
Encore un inédit, l'aussi court que sublime "Love In Mind", qui sortira sur Time Fades Away, qui sera donc enterré jusqu'à la parution du Live At Massey Hall. C'est peut-être la plus belle chanson de Neil Young, un concentré d'émotions, un diamant qu'il a commencé à jouer quinze jours auparavant et qui n'apparaîtra que rarement dans les setlists.
En voilà un qui est malheureusement bien connu : "Ohio" est applaudit dès les premières notes, les événements sont encore frais dans les mémoires. C'est un des repères du concert, et sa chanson la plus populaire pour le moment, encore est-elle sortie avec Crosby, Stills, Nash.
"Cowgirl In The Sand" n'est reconnue qu'aux premiers vers, salués par une salve d'applaudissements. Proche des versions primitives, il n'est pas question ici des longues improvisations électriques comme c'est le cas avec le Crazy Horse. À l'écouter on dirait une lutte entre le musicien et la guitare, tellement les notes claquent.
Avant de terminer comme souvent avec "Dance Dance Dance", Neil Young revient au Buffalo Springfield. "I'm A Child" commence, quelques notes et c'est un couplet inédit que chante Neil Young, couplet que l'on retrouvera vingt ans plus tard sur "You & Me", morceau de Harvest Moon. Ses compositions ont parfois des racines profondes, lointaines. C'est ce que révèle les nombreux inédits publiés ces dernières années.


Très franchement, quand j'ai su qu'il sortait encore deux concerts de cette tournée, ce qui porte à six le nombre d'albums live sur à peine deux mois, dont quatre sur une quinzaine de jours, je me suis demandé ce que ça allait apporter. Je pensais à peine à les écouter, encore moins à écrire dessus.
Maintenant que c'est là, je conseille vivement d'écouter les six de suite dans l'ordre chronologique des concerts. Il y a vraiment des différences entre le début au Cellar Door, et celui-ci qui reprend le dernier concert de la tournée. Les morceaux naissent à une vitesse époustouflante, il cherche, élabore, enrichit, modifie parfois profondément ses compositions au fur et à mesure. C'est Harvest, dont les sessions d'enregistrements commencent quelques jours après ce concert, qui est en train de naître.
La pochette, plutôt pas mal, est la reproduction quasi identique du bootleg double LP paru en 1971. Seuls les titres approximatifs, puisqu'inédits pour beaucoup, ont été corrigé, et Neil Young a écrit quelques phrases pour expliquer son choix.
La musique est la même également, mais ce n'est pas la même source. Il s'agit bien du même concert, mais d'un enregistrement tout à fait officiel et non de l'enregistrement pirate fait dans la salle avec un micro et un magnéto planqués. Neil Young a très vite pris l'habitude d'enregistrer tous ses concerts, courant 1970 vraisemblablement. 50 ans plus tard, on peut dire que c'est une excellente idée.


Très bon   16/20
par NicoTag


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