Sonic Youth

Dirty

Dirty

 Label :     Geffen 
 Sortie :    mardi 21 juillet 1992 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Avec ce deuxième album sur Geffen, Sonic Youth enfonce le clou planté avec "Goo", et signe l'album rock ultime. Produit par Butch Vig, "Dirty" a un son énorme et écrase la concurrence noise rock de l'époque, de Nirvana au Smashing Pumpkins. Sonic Youth épure son style au maximum, laisse au placard les structures complexes, et fait hurler les guitares. La dissonance est ici alliée à une efficacité rock jamais entendue chez eux, sur des titres comme "100%" ou "Drunken Butterfly". Sonic Youth n'oublie pas pour autant sa facette malsaine sur "Theresa's Sound World", "JC", ou le très glauque "Shoot", où la voix de Kim Gordon se fait poignante. Le groupe se paie même le luxe de composer un tube pop-rock, le génial "Sugar Kane". On retouve deux titres composés sur la tournée de 1991, le ravageur "Orange Rolls, Angel's Spit" et "Chapel Hill", magnifiés par un son qui faisait défaut sur "Goo".
Sonic Youth se montre ici vraiment convaincant, dans un registre moins expérimental, et distille une énergie digne des meilleurs groupes de punk-rock, comme sur l'hymne anti-fachiste "Youth Against Fascism", où officie Ian MacKaye de Fugazi à la guitare.


Excellent !   18/20
par X_Elmo


 Moyenne 18.00/20 

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Posté le 22 janvier 2004 à 01 h 54

Enorme, je kiffe, comme disent les jeunes, l'apogé made in sonic youth. Il mérite sa place dans la discothèque de tout ceux qui disent aimer la musique. Cette galette regorge de compo inventive, de rock étrange mais jamais ennuyeux. De plus il coute une broutille (50 balles si on se demmerde bien), la version deluxe étant inutile.
Parfait   17/20



Posté le 09 septembre 2005 à 14 h 50

Ce Dirty fut controversé à sa sortie. Beaucoup dirent qu'il était "commercial", notamment à cause de la présence de Butch Vig en tant que producteur (et d'Andy Wallace au mixage) et donc à cause d'une production trop policée, moins "crade" que par le passé. Mais celle-ci, irréprochable, réussit l'exploit d'étoffer le son du groupe sans lui enlever sa particularité. Et l'album est une formidable réussite, oscillant entre titres planants et morceaux plus sauvages. On retrouve, sur 15 titres, tout ce qui fait la force et la spécificité de Sonic Youth, du "100%" d'ouverture chanté par Thurston à "Crème Brûlée", le dernier titre, dont se charge Kim.
Entre les deux, on a droit à toute une série de perles noisy telles que "Swimsuit Issue", "Drunken Butterfly", "Sugar Kane", "Youth Against Fascism" etc.. le groupe se payant même le luxe d'un détour "poppy" sur les excellents "On The Strip" et "Chapel Hill". Dirty, un album bien nommé dans le sens où le coté "Dirty" du groupe n'est pas altéré par la prod'. Et un disque de référence de plus chez nos quadras préférés !
Excellent !   18/20



Posté le 30 novembre 2005 à 13 h 43

On peut le dire d'emblée: Dirty est un album génial. Sonic Youth livre ici 15 morceaux que l'on pourrait qualifier de "grunge" ; mais ce serait simplifier à l'extrême le disque... Commençons malgré tout par le principal défaut, mais qui n'est en fait pas du au groupe : le nom du disque ne correspond pas au contenu, tant le mixage est propre et lisse... Passé ce point, c'est du tout bon ! Le disque alterne entre morceaux au tempo rapide voire très rapide (notamment Drunken Butterfly ou Swimsuit Issue) et morceaux lents ou très lents (Theresa's Sound-World, Shoot...) , sans jamais ou presque utiliser le juste milieu... Les introductions des pistes donnent la plupart du temps le ton, surtout celle de Drunken Butterfly, ou comment résumer un album en quelques secondes... Le groupe produit ici la suite de Goo, chronologiquement et musicalement , en réglant les problèmes de cohérence et de "trop grande différence par rapport aux autres albums" (même si Dirty reste un album unique et différent des autres disques du groupe...), et en gardant le style, grunge donc, de ce premier disque [Goo]. L'album s'ouvre sur 100%, bonne introduction à l'ensemble... Sonic Youth accélère ensuite sur Swimsuit Issue ; la vitesse ralentit en plein cœur du morceau avant une montée en puissance qui n'aboutit pas complètement... Le groupe place ensuite le premier morceau lent de l'album : le magnifique Theresa's Sound-world... On repart ensuite à la vitesse "normale", avec Drunken Butterfly, puis on ralentit à nouveau avec Shoot, puis avec Wish Fulfillment... Personnellement, je pense que ce morceau est le meilleur de l'album : il associe les tempos lents durant les couplets aux tempos beaucoup plus rapides durant le refrain ; les larsens placés dans le fond sont magnifiques et le refrain très rock contraste avec les couplets plus calmes... Le groupe accélérera par la suite juste après avec l'excellent Sugar Kane, puis ralentira sur On The Strip et pour la seule fois du disque donne deux morceaux de suite au tempo len t: ce morceau est suivi par un JC au rythme (rythme, pas tempo) impressionnant (surtout au niveau de la voix) ; le groupe donne un dernier morceau rapide , suivi par Crème Brûlée. Ce morceau est en quelque sorte la conclusion de l'album, avec des relents de tout ce qu'on a entendu auparavant ; et en même temps il fait aussi office d'introduction à l'album suivant, Experimental Jet Set, Trash and No Star, car le style, notamment la guitare et les notes jouées, y font énormément penser... Puis l'album s'arrête . Revenons au son ... Cette alternance entre morceaux rapides et morceaux lents donne une partie de leur force aux morceaux, en rendant encore plus fort le contraste entre les morceaux, accélérant les morceaux rapides et ralentissant les pistes plus lentes... Le changement de rythme dans certains morceaux, comme dans Swimsuit Issue ou Wish Fulfillment, renforce cette alternance au sein même des morceaux ; mais, bien sûr et heureusement, même si elle est l'une de ses plus grandes caractéristiques, cette alternance n'est pas le seul point fort de l'album... Le groupe use à nouveau de son style unique, et propose ici un album varié, avec sa propre ambiance et son propre genre , tout en restant un album de Sonic Youth... De plus, le groupe affirme ici un potentiel peut être un peu plus "commercial" que dans les années 80, en livrant un de ses albums les plus accessibles - ce n'est pas un hasard si Dirty a été le premier album de Sonic Youth à obtenir une version Deluxe, en 2003... -, tout en conservant toute son âme... Le disque a, il me semble, obtenu un certain succès, mais ce succès est incontestablement et totalement mérité...
Excellent !   18/20



Posté le 20 septembre 2007 à 20 h 36

Le carton de Nevermind tardait à s'éteindre dans la chaumière, que les parrains new-yorkais des trois prodiges de Seattle semblaient vouloir percer à leur tour, en plus des tympans, dans une certaine reconnaissance qui n'était pas déméritée. L'album, Dirty reçut un succès modéré (alors 300 000 exemplaires vendus) mais tout de même satisfaisant pour le groupe qui s'attendait momentanément à une nouvelle folie similaire à celle que connut le groupe de Kurt Cobain. Pour un bon nombre de personnes en 1992, dont je fais partie, ce fut la découverte de la Jeunesse Sonique alors âgé d'une bonne décennie à l'époque.
Aujourd'hui, au beau milieu d'une discographie moins évidente à aborder mais pas impossible, c'est toujours un plaisir de savourer ce disque où les guitares fusent comme des sirènes urbaines sur des titres aux formats rock-pop, où la basse sourde et cradingue de Kim Gordon vrombit pour le début de l'hymne "Youth Against Facism", où tous les morceaux se laissent défiler sans se laisser zapper à la différence de ceux du tantinet insipide Goo. Bref, malgré quelques rictus formés sur les visages de fanas qu'on imagine à l'écoute, ici, de l'aspect sonore commercial de leur quartet adoré, Dirty est, outre la dénomination noise, un excellent disque de rock bruyant plombé d'une atmosphère compressée et oppressante toujours intacte qui n'a rien à envier à d'autres productions plus adulées.

Dans un sens, si au début des années 90 Nirvana était considéré alors comme le punk, le rock'n'roll, lui, pouvait s'appeler amplement Sonic Youth.
Excellent !   18/20



Posté le 26 septembre 2007 à 14 h 22

Dirty sort en 1992. Produit par Butch Vig (donc un peu peur que ça fasse le même effet sur Sonic Youth que sur Nirvana) le disque est tout de même loin d'être commercial. C'est tout simplement un bon crû de Sonic Youth que l'on nous sert là. Un son sale et des guitares lourdes habitent ce merveilleux disque. On retiendra surtout l'étonnante "Sugar Kane", l'époustouflante "Theresa's Sound World" et la terrifiante "On The Strip" dans cet album peuplé de morceaux d'une grande qualité. Le groupe est déjà culte mais, avec ce disque, cette culture est amplifiée. Comment pourrais-je un jour oublier les riffs de "Theresa's Sound World", le refrain entêtant de "Sugar Kane" ou la voix de Lee inoubliable sur "Wish Fulfillment". Pour moi, il est l'un des meilleurs disques des années 90 et également l'un des plus représentatifs du groupe. Les voix de Thurston et de Kim se rejoignent pour une alliance impeccable sur "On The Strip" dont je ne dirais plus qu'un mot : intemporel. Le charme du disque réside dans le fait que le groupe utilise là un style plus direct et moins expérimental que sur leurs albums des années 80 (qui en font des albums tout de même non moins excellents). Des sons plus grunge qu'à l'habitude du groupe en font un grand disque. C'est certainement que Sonic Youth veut se mettre à la mode et faire comme les autres grands noms du début de de ces années 90 en se mettant au grunge. Sonic Youth que l'on connaissait surtout pour des albums exploitant pas mal l'expérimental tels que Bad Moon Rising ou Evol revient là pour nous servir un bon grunge bien brut. SY prouve donc ici qu'il est capable d'exploiter d'autres styles que celui qu'on lui connaissait bien. La basse, les guitares, et la batterie sont accordés pour créer une atmosphère assez bourrine mais tout de même parfois plus radoucie. Je ne passerai pas par quatre chemins, cet album est grand et c'est une note qu'il mérite très amplement.
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 26 juin 2008 à 17 h 33

Deuxième album sous Geffen : Butch Vig aux manettes (qui jouit de son succès avec Nevermind). Sur-produit ? Déception ? Commercial ? Sonic Youth dans son évolution sonore s'ouvre à un public plus large mais ne se prostitue pas pour autant.

Moins "dirty" que ses prédécesseurs, plus produit, plus lisse... moins expérimental, mais pas moins bon. Un nouveau style pour les Sonic Youth? J'vous rassure ça reste du SY et c'est loin d'être si facile d'accès que l'on veut vous faire croire. On note toujours cette recherche du son, mais ici, dans des mélodies plus construites, plus directes avec des morceaux bien lourds qui ne nous laissent guère une minute de répit.

Alors, un album très efficace, qui a du punch, qui a également ses moments de torsion, tension "guitaristiques". D'autres pistes plus calmes mais tout aussi mélodiques.
Un peu de mesure, beaucoup d'énergie. SY évolue et on les suit sans hésiter en leur donnant notre totale confiance et le respect qu'ils méritent.
Excellent !   18/20







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