The Cure

Anvers - Belgique [Palais Des Sports] - samedi 12 novembre 2016

The Cure
J'ai eu la mauvaise surprise de découvrir un événement soldout quand j'ai appris la venue de The Cure, un de mes groupes préférés, en Belgique. Victime pour la énième fois de ce genre de mésaventure traumatisante, je m'en suis voulu et ai décidé de ne plus me faire avoir ! Maintenant, je suis abonné à la newsletter des salles et essaie d'être au taquet quand un concert alléchant est annoncé ! Et ça a déjà payé ! Pour preuve, si j'écris ici, c'est que, vous vous en doutez, j'ai pu avoir des places quand même. Inscrit sur la liste d'attente de l'événement pour me donner bonne conscience, mais sans rien espérer, j'ai reçu un matin d'octobre un mail m'annonçant que de nouvelles places venaient d'être mises en vente. Au taquet, je vous disais : prenez mon argent, j'achète !

Un petit mois plus tard, je suis en route pour Anvers avec mon père. On réitère notre cool sortie d'il y a quelques mois, au concert de Neil Young, cette fois pour voir un de ses groupes fétiches à lui aussi. On était bien à l'heure, pourtant, mais quand ce n'est pas Bruxelles, Anvers a elle aussi toujours bien à offrir un trafic congestionné, et parfois le GPS s'y met à son tour... Bref, c'était les Twilight Sad en première partie, non ? Hum, j'ai bien apprécié la deuxième moitié de la dernière chanson et les remerciements : c'est tout ce que j'ai pu voir de ces Ecossais.

On trouve notre place : très proche de la scène, dans l'alignement perpendiculaire : on va pouvoir admirer le profil ébouriffé de Robert Smith. On voit que c'est une zone qui n'est pas généralement ouverte au public, accessible seulement lors de grands concerts pour vendre quelques tickets en plus. Je ne me plains pas trop cela dit, même si la proximité des enceintes n'est pas idéale pour bénéficier d'un son tip-top, et que les rangées de sièges, vu l'espace restreint, sont assez serrées, réduisant ainsi le confort. Pour patienter après Twilight Sad, on est gratifié d'une très agréable playlist Cocteau Twins qui fait plaisir.

Les semaines précédant le concert, je jetais régulièrement un œil aux setlists jouées par le groupe ; même si aucune n'était identique, quelques tendances revenaient assez souvent : du coup, j'espérais fébrilement en ouverture le sublime "Plainsong", qui est accessoirement mon morceau préféré de The Cure et l'un de mes préférés tout artiste confondu, et une setlist axée autour de l'album Disintegration. Vers 20h15, quand le groupe est arrivé sur scène, ce ne sont pas les synthés vaporeux de "Plainsong" qui se sont majestueusement élevés ; à la place, une batterie qui cogne, des guitares lourdes et le "hahaha" de Robert : c'est "Shake Dog Shake". Une introduction furieuse, qui se poursuit avec le très bon "Fascination Street". Après avoir joué "A Night Like This" – la partie au saxo remplacée par un très efficace solo de Reeves Gabrels – The Cure joue une petite sélection de morceaux pop des années 1980. La salle se pare ensuite de bleu marine : les premières notes abyssales de "Sinking" émergent : voilà un superbe morceau de leur discographie que je ne m'attendais pas à écouter ce soir et qui me transporte complètement. Plus conventionnel, mais incontournable, "Pictures Of You" vient prendre le relais – une de mes chansons favorites du groupe et qui me ravit en live. Tout ne sera pas excellent cependant sur cette première partie : on se serait bien passé de "Jupiter Crash", trop anecdotique, et le rendu live de "From The Edge Of The Deep Green Sea", pourtant impeccable sur album, ne convainc pas cette fois. La main list s'achève comme elle a commencé, tout en lourdeur : avec le démoniaque "One Hundred Years" – l'un de mes moments préférés du concert – et "Give Me It", qui me passionne moins.

Le groupe revient sur scène pour le premier des trois rappels : on recommence avec "It Can Never Be The Same", un nouveau morceau qui fonctionne plutôt bien, et que Robert Smith dédie ce soir-là à Leonard Cohen, décédé quelques jours plus tôt. Une autre nouveauté sera jouée un peu plus tard : "Step Into The Light" – là aussi, assez sympa. Peut-être aurons-nous le plaisir de réentendre ces chansons sur un prochain album souvent annoncé mais qui ne vient jamais ? À la fin du premier rappel : lumières vertes, arbres lugubres sur grand écran : le mythique morceau de The Cure débarque : "A Forest". Le public est chaud, et Simon Gallup poursuit le plaisir en allongeant le final à la basse ; on lui répond en tapant dans les mains.

Au début du deuxième rappel, j'ai quitté mon siège inconfortable (70 euro pour ça ! Waouw ! Séance chez le kiné comprise ?) et suis resté debout dans les escaliers/le couloir, ce qui me permettait d'avoir une meilleure vue et de pouvoir bouger un peu plus. Les premier et deuxième rappels mettaient plus l'accent sur quelques morceaux emblématiques de The Cure dans les 1990s : "Burn", "Want", "Never Enough", "Wrong Number". Le troisième et dernier rappel, lui, est presque totalement eighties et composé de singles emblématiques du Cure pop. Même si ce n'est pas nécessairement la face du groupe que je préfère, c'est le rappel qui m'a le plus plu. Sur "Close To Me" et "Why Can't I Be You", les gens autour de moi se sont libérés de leur siège malfaisant et se sont mis à danser, seuls ou en couple : si, par moments, le concert donnait dans le gothique le plus dur, on a maintenant l'impression d'atterrir au milieu d'une soirée spéciale années 80 un peu kitsch, et c'est super sympa ! Après deux heures quarante de concert, qui se sont terminées par "Why Can't I Be You", le groupe salue et s'éclipse ; Robert Smith reste un peu plus longtemps.

Un beau concert s'achève, bien que tout n'ait pas été parfait : en plus des quelques détails cités précédemment, j'ajouterais à titre personnel que la setlist n'a pas suscité le grand enthousiasme que j'attendais. Presque tous les morceaux joués m'ont plu, mais je déplore quelque peu le côté trop "best of" de l'ensemble : aucun album n'a vraiment été mis en valeur, à l'inverse de concerts précédents qui puisaient largement dans certains albums comme Disintegration ou Wish par exemple. Regret aussi que la trilogie cold-wave ait été un peu mise de côté, seuls "A Forest" et "One Hundred Years" ont été joués. Mais ce sont des frustrations de fan éternellement insatisfait, sans grande importance, car au fond ce qui restera, c'est le souvenir d'une très bonne soirée avec un des grands groupes de mon adolescence.


Très bon   16/20
par Rebecca Carlson


  Setlist:

Shake Dog Shake
Fascination Street
A Night Like This
All I Want
The Walk
Push
In Between Days
Sinking
Pictures of You
High
Lovesong
Just Like Heaven
Jupiter Crash
From the Edge of the Deep Green Sea
One Hundred Years
Give Me It
>>>
It Can Never Be the Same
Burn
A Forest
>>>
Step into the Light
Want
Never Enough
Wrong Number
>>>
The Lovecats
Lullaby
Hot Hot Hot !!!
Friday I'm in Love
Boys Don't Cry
Close to Me
Why Can't I Be You


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