The Cure

London - Royaume-Uni [Royal Albert Hall] - mardi 15 novembre 2011

The Cure
En novembre 2002, j'assistais à Berlin au concert "Trilogy" de The cure, voyant interprétés les 3 albums Pornography, Dinsintegration et Bloodflwers. L'initiative semblait unique, le concert fut mémorable, exceptionnel.

A l'annonce, il y a quelques mois du projet "Reflexions" qui visait à interpréter les 3 premiers albums, 3 Imaginary Boys, Seventeen Seconds et Faith à l'Opéra de Sydney, l'idée que le groupe ne savait plus faire autre chose que regarder dans le miroir m'a effleuré (voir un peu plus qu'effleuré...). Puis l'évènement unique s'est transformé en mini tournée et là, je me suis dit que ça ne pouvait que diluer le caractère exceptionnel du projet. Enfin, la date Londonienne au Royal Albert Hall a été annoncée et en 2 temps 3 mouvements, j'ai retourné ma veste et acheté un billet !! Comment pourrais-je rater, moi qui écoute ce groupe avec ferveur depuis près de 20 ans, un concert dans une des plus belles salles qui soit, rejouant 2 des plus beaux albums du groupe !
Alors tant pis pour le coté passéiste, tant pis si le groupe se répète, ce "Reflexions" ne se fera pas sans moi ! De plus, l'évènement sera d'autant plus exceptionnel que ma moitié et 2 amis ont décidé de m'accompagner à un concert de The Cure, une première !

Et ce 15 novembre arrive, Londres me saute au visage, m'aspire. Hyde Park est toujours aussi inspirant, les pubs anglais toujours aussi chaleureux. Après quelques pintes et un fish and chips, nous rejoignons le mythique Royal Albert Hall, à la frondaison des arbres. L'ambiance y est unique, fiévreuse... Une courte déambulation dans les couloirs et nous entrons dans la salle ... pour le premier choc. L'endroit est sublime, au delà de mes espérances, l'écrin parfait pour cette soirée.

Les lumières se meurent et la salle se soulève : "HELLO, THIS IS 1979". Durant ces 3h20, c'est une tranche de ma vie qui va défiler sous mes yeux. C'est mon adolescence qui va remonter à la surface et tout le spleen qui va avec. Je suis ébahi de voir à quel point ces nombreux titres jamais joués sur scène font remonter souvenirs et émotions.
Hormis le fait d'entendre ces trois albums en intégralité, l'aspect le plus fascinant de cette soirée à été l'incroyable progression des atmosphères entre les 3 disques, divulguant trois groupes tellement différents :
Le chapitre d'ouverture montre un 3 Imaginary boys très rêche. Le punk viens de mourir et The Cure baigne encore dedans, tout en ajoutant ces textes absurdes qui font de cet album un disque unique. Les éclairages, très simples (rouge et blanc) jouent sur ces rythmes et alternent de positions à grande vitesse. Et c'est le Smith guitariste hors pair qui impressionne !
Seventeen Seconds, second chapitre et The Cure a un visage transfiguré. Le son de guitare à changé, les claviers sont apparus ajoutant couleurs et textures, le chant s'est posé. La mélancolie s'est immiscée dans des titres mélodiques qui sont devenus des références. Les lumières se font par derrières, montrant les silhouettes du groupe souvent à contre jour. Les émotions jouent au yoyo, de la mélancolie sur le sublime "In your house" à la joie profonde sur "M".
Faith clôture et la mélancolie se mue en désespoir. Les titres s'allongent, les claviers prennent de l'ampleur, les guitares soulignent des lignes de basses plombées. Le public semble pétrifié, soumis à ce régime sans échappatoire. Pour renforcer le coté religieux, les lumières viennent du haut, de très haut. La scène change d'échelle, les musiciens se réduisent à de petits êtres noyés dans un espace digne d'une cathédrale. Les fumigènes font leur retour après une décennie d'absence, noyant les membres dans un sol cotonneux, les détachants du sol ! Le final "The drowning Man"-"Faith" est d'une beauté bouleversante. Quel étrange sentiment que de réjouir de tant de peine !

Et parce que The Cure est ce qu'il est, le groupe revient pour une collection de B-Side jouissive aussi traité en trois chapitres. Il faut se souvenir que Robert Smith a souvent utilisé les faces B pour y glisser des indices sur l'album à suivre et ici cette notion prend toute sa valeur : "Descent" la face B du très pop "Primary" est cataleptique et "Splintered in her head" qui accompagne "Charlotte Sometimes" annonce clairement les affres de Pornography. Ce set se termine logiquement par l'un d'entre eux "The Hanging garden" et annonce la page suivante qui ne sera pas pour ce soir.
Cette fin aurait été idéale pour moi, mais il ne faut pas oublier que la force de The Cure est d'avoir pu faire ce pas incroyable entre Pornography et la série de singles que forment "Japanese Whispers". La fin sera donc pop, au plus grand bonheur du public.

Depuis plus de 20 ans, The Cure m'accompagne. Le moment passé en leur compagnie hier soir restera unique pour le cadre et la ferveur, les 3 personnes avec qui j'ai partagé ces moments et pour la générosité avec laquelle The Cure m'a ramené 20 ans en arrière.
EVERYTHING WAS TRUE - IT COULDN'T BE A STORY.


Exceptionnel ! !   19/20
par Shiboome


  setlist


1st set: 10:15 Saturday Night, Accuracy, Grinding Halt, Another Day, Object, Subway Song, Foxy Lady, Meathook, So What, Fire In Cairo, It's Not You, Three Imaginary Boys

2nd set (with Roger O'Donnell): A Reflection, Play for Today, Secrets, In Your House, Three(Forever), The Final Sound, A Forest, M, At Night, Seventeen Seconds.

3rd set (with Roger and Lol Tolhurst): The Holy Hour, Primary, Other Voices, All Cats Are Grey, The Funeral Party, Doubt, The Drowning Man, Faith

1st Encore: World War, I'm Cold, Plastic Passion, Boy's Don't Cry, Killing Another, Jumping Someone Else's Train, Another Journey By Train

2nd encore: Descent, Splintered in Her Head, Charlotte Sometimes, The Hanging Garden

3rd encore: Let's Go to Bed, The Walk, Lovecats.


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