Nine Inch Nails

Hesitation Marks

Hesitation Marks

 Label :     Columbia 
 Sortie :    mardi 03 septembre 2013 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Le retour de NIN. Le retour sur une major. Le retour aux sources, via le très beau visuel de l'album en référence à The Downward Spiral. Un retour donc, on a compris, alors que Trent Reznor tire, au contraire, un fil passionnant depuis Year Zero ; un fil novateur, une direction qu'il a parfaitement négocié et su développé à travers les albums de Nine Inch Nails justement, mais également à travers ses b.o. de film ou son travail avec How To Destroy Angels.
Hesitation Marks fait à peu près table rase de cette cohérence sonore que Trent Reznor avait su trouver, malgré des sons électroniques dont il ne veut pas se débarrasser. On entendra en effet que très peu de guitare jusqu'à la septième piste, "Everything", titre polémique d'ailleurs où l'on accusera Reznor d'un peu trop lorgner vers la pop. Mais là n'est pas le problème, sauf pour les nostalgiques fétichistes se trouvant de fait coincés entre une orientation musicale ne les satisfaisant pas et une admiration sans borne pour le maître.
Mais qu'est-ce-qu'il propose à travers ce retour de Nine Inch Nails? Quelles étaient les motivations artistiques valables pour un retour de la machine? Après écoutes répétées de la grosse heure constituant l'album, elles ne semblent pas nombreuses. Reznor nous ressort un glauque à tendance surjouée via le premier single de l'album (et notamment son clip), "Came Back Haunted". Les textes, les sons, les textures déployées par Nine Inch Nails paraissent fades et faux. Alors qu'il trouvait une surprenante justesse dans Ghosts, sur The Social Network ou Welcome Oblivion de How To Destroy Angels, on retrouve ici un Trent Reznor semblant être obnubilé par Pretty Hate Machine. Un album électronique n'est pas le problème. Reznor connaît assez bien ses partitions pour nous sortir à chaque fois un album à la production léchée et au savoir-faire intact. Non, le problème est que pour le retour tant attendu de NIN, Trent Reznor coupe ce fil tiré depuis maintenant bientôt dix ans. Hesitation Marks est passéiste autant que Year Zero avait pu être novateur ; et être confronté pour la première fois de la part de NIN à un phénomène comme celui-ci peut avoir un côté surprenant. "Copy Of A" nous replonge douloureusement dans Pretty Hate Machine, "Came Back Haunted" nous pousse à repenser aux efforts les moins inspirés (mais non moins attachants) de Nine Inch Nails (The Slip), "Satellite" nous fait regretter le groove de "Only" alors que la fin de l'album frôle parfois avec le lyrisme de The Fragile (le saxo en plus) sans que les sonorités nous surprennent.

Hesitation Marks semble être un album où son créateur se débat avec un passé discographique devenant peut-être lourd à porter. La distance du temps entre la production de deux albums du groupe ne suffit plus. Un son exceptionnel ne contre-balance pas des compositions fades et peu inspirées. Résultat : pour la première fois, Nine Inch Nails nous sort un album bien fait, mais auto-parodique.


Passable   11/20
par Reznor


 Moyenne 12.00/20 

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Posté le 30 octobre 2013 à 19 h 20

Autant l'annoncer d'emblée: ce Hesitation Marks est sans doute l'album le plus dispensable de Nine Inch Nails à ce jour (enfin, si l'on élimine The Slip). Pour rejoindre la chronique précédente, cet album n'apporte rien de transcendant, de fort et de novateur, contrairement à ce que M. Trent Reznor nous a habitués depuis 25 ans.

Dispensable veut-il dire mauvais dans le cas présent? Pas forcément. En effet, si l'album ne troue pas le slip, il reste tout de même agréable d'écoute. Bien que Hesitation Marks soit encore un album prétexte d'un groupe (enfin, c'est vite dit...) sur le retour en cette année 2013, riche en come backs opportunistes plus ou moins loupés, acceptons de côtoyer la face la plus sympathique de Nine Inch Nails (oui, Trent Reznor peut sourire et distribuer des bouteilles d'eau à son public lors des concerts à haute température...). Eh bien oui, Trent Reznor n'est plus l'artiste torturé, fragile et destructeur d'un temps de plus en plus lointain. Le Monsieur s'est posé, a rencontré l'amour, a trouvé son équilibre,a eu des enfants, a été nominé aux oscars pour la bande original de The Social Network... Il allait peut-être pas nous refaire The Downward Spiral ou The Fragile volume 2...

Bien évidemment, on est loin du "fucking great record" promis sur le site du groupe au début de l'année. Qui y croyait vraiment d'ailleurs? Les tournées se préparent avant les albums aujourd'hui, les règles du jeu ont changé... En réalité, Trent Reznor vient de commettre l'album se situant entre l'album de plus et l'album de trop. Hesitation Marksn'a donc pas vraiment de personnalité (même si certains de ses efforts précédents avaient pu être décevants, on ne pouvait pas leur reprocher ça). "The Eater Of Dreams" est une intro juste pour faire une intro, "Came Back Haunted" est complètement vide d'inspiration (motifs mélodiques habituels) malgré les promesses qu'il porte et le message qu'il délivre à ses fans ("I said Goodbye, I had to try..."), le coup que "rien ne l'arrête" on n'y croit plus tellement. Pourtant, on veut croire en sa profonde honnêteté pendant tout l'album: il ne nous cache pas, par exemple sur "Copy Of A", que l'on ne va pas assister à quelque chose de nouveau ("Everything I Say Has Come Before..."). On regrette surtout l'absence de batteries ou de rythmiques percutantes et de guitares, comme mentionné très justement dans la chronique précédente."Everything" fait penser à du Metric façon Trent Reznor. Est-ce mauvais ? Non, mais on est décontenancé à être caressés dans le sens du poil, le Reznor nous ayant habitué à être malmenés . Mais voilà, il ne l'est plus lui-même. Prenons-le différemment alors. Dansons avec nonchalance sur "Satellite" avec son grand final tout en retenue et toujours hypnotique, partons en contemplation sidérale sur "I Would For You" et baladons nous sur des plaines aériennes sur "Various Methods Of Escape" avec un Reznor à l'automne de sa vie. L'album donne d'ailleurs cette impression que le type regarde de très loin le chemin parcouru musicalement, celui qu'il a créé avec passion depuis tant d'années. Mais bon, voilà, le chemin est terminé. Oui, en fait c'est ça la différence : il y a le Trent Reznor de Grande Randonnée et le Trent Reznor de Petite Randonnée (oui c'est une métaphore de merde), et vous savez lequel vous venez d'écouter...

Mais il y a des chose sympa des fois sur les petits chemins... Sans que ce soit un grand souvenir non plus.
Pas mal   13/20







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