Nine Inch Nails

The Slip

The Slip

 Label :     The Null Corporation 
 Sortie :    lundi 05 mai 2008 
 Format :  Album / CD   

A peine deux mois après la sortie du magnifique et surprenant Ghosts, Nine Inch Nails nous livre en téléchargement gratuit un nouvel "album" (mais peut-on encore parler d'album) présenté comme un cadeau aux fans en remerciement pour leur fidélité.
Après quelques écoutes, les morceaux semblent se révéler tout de même assez décevants. Au niveau du son, Reznor a décidé de poursuivre la voie choisie dans Year Zero, de façon alors plutôt réussie, avec un côté électro très marqué.
Hélas à mon goût, le tout manque vraiment d'originalité, et là où un très "FM" With Teeth se révélait agréable à l'écoute en dépit de son côté assez peu recherché, les mélodies de The Slip ne sont pas à la hauteur de ce qu'un type comme Trent sait faire, et ne sont au final même pas prenantes.
Peut-être que le temps dira qu'il y a quelque chose de brillant à déceler dans cet album, mais force est d'avouer que globalement, après une journée d'écoute en boucle, il est difficile d'y trouver la moindre marque de génie, ni même un réel intérêt.


Correct   12/20
par Tal


 Moyenne 14.50/20 

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Posté le 08 mai 2008 à 13 h 53

Trent Reznor ne nous facilite pas la tache. Les projets se multiplient, les sonorités partent dans toutes le directions, les concepts développés demandent du temps pour comprendre vraiment où un disque veut en venir, certains fans fétichistes attendent même jusqu'à ne plus avoir d'ongles les objets "physiques" se disant que le FLAC ou le Mp3 n'est pas véritablement l'idée qu'ils se font de la musique, bref, Nine Inch Nails, ces derniers mois, réinvente et révolutionne (dans une certaine mesure) sa musique.

Il est clair également que le côté malsain inhérent à Trent Reznor dans les années 90 a définitivement disparu pour laisser place à des galettes plus concises, plus directes, moins sombres (malgré le concept apocalyptique de Year Zero) et quelques fois, plus expérimentales, comme ce Ghosts, incompris par quelques uns. Continuant son histoire d'amour avec internet, T.Reznor met à disposition The Slip pour remercier ses fans d'avoir joué le jeu dans l'aventure Ghosts. Tous ces éléments tendent vers le fait que Nine Inch Nails continuera, malgré tout (et contrairement à Radiohead qui explique que la distribution de In Rainbows était particulière, unique, et tenait à une conjoncture spécifique) à distribuer sa musique de cette façon, pour plus de rapidité et de liberté. Ce qui, vous en conviendrez, ne nous déplaira pas.
Après avoir offert mi-avril 2008 le premier single de l'album qu'est "Discipline", beaucoup s'attendaient à ce nouvel album (finalement indispensable à sa nouvelle tournée), sans que personne ne sachent à l'avance à quoi il allait ressembler.
Mais finalement, tout cela se tient. A l'écoute de ce Slip, une impression d'évidence domine. Pourquoi se serait-il privé de faire la musique qu'il aime et qu'il développe depuis le vrai retour de Nine Inch Nails qu'était le très bon With Teeth? Un son brut, sans fioritures, sans exagérer les plages instrumentales venant quelques fois casser un rythme ou une dynamique en cours, en évitant soigneusement les thèmes métaphysiques de The Fragile, et en incluant les sonorités découvertes avec l'élaboration de Year Zero.
The Slip est clairement ce que sait faire de mieux Trent Reznor en Mai 2008. C'est sa musique, sa vision du son, ce que doit être sa création dans sa globalité et où se matérialise une personnalité qui n'est plus trop torturée. Maintenant, il est parfaitement compréhensible que ce "nouveau" Nine Inch Nails ne convienne pas, ou plus, à certains fans de l'incommensurable monstruosité de The Downward Spiral. Après tout, Billy Corgan s'est arrêté de faire de la très bonne musique quand il a commencé à exorciser ses démons. Roger Waters a commencé à être vraiment barbant à partir du moment où son égo a pris une part plus importante que son propos. Mais là où T.Reznor se trouve plus malin, et le parallèle avec les deux personnes sus-citées n'est pas anodin, c'est qu'il a réussi à décomplexifier le son d'une époque, d'un âge d'or, tout en gardant l'authenticité qui lui était propre.
Alors bien sûr, certains lui reprocheront de reprendre encore et encore, comme une ritournelle, des thèmes développés il y a bien plus de 10 ans déjà, comme avec ce "1.000.000". Mais force est de constater que l'effet provoqué par cette piste, et par l'album en général, est complètement jouissif. "Letting You", distordu à souhait, nous montre comment T.Reznor est capable de créer du jubilatoire et du plaisir à double-sens. Pour reprendre l'immense Jean Pierre Coffe (!), "c'est cette notion de plaisir qu'il faut retrouver". Et Nine Inch Nails ne propose pas pour rien un album court, de dix titres, après l'expérience psychologisante qu'était Ghosts. Trent Reznor va à l'essentiel, tire toute la substance de son expérience et son talent de compositeur pour nous proposer des morceaux à la fois sans compromis et sans surenchère. En témoigne le superbe diptyque instrumental "Coronoa Radiata - The four of Us are Dying", ou le titre de fermeture "Demon Seed", et où Josh Freese fait des merveilles.

Alors oui, T.Reznor est un homme généreux et un disque décevant et sans intérêt, malgré sa suractivité, n'est pas encore au goût du jour.
Parfait   17/20







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