Bob Dylan

Blonde On Blonde

Blonde On Blonde

 Label :     Sony 
 Sortie :    lundi 16 mai 1966 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Si Highway 61 Revisited fait de Bob Dylan un mythe, Blonde On Blonde consacre l'apothéose de l'icône du folk.
Enregistré à Nashville en février 1966 avec le producteur Bob Johnston. Cet album est différent des autres dans son élaboration car Dylan est accompagné du groupe The Hawks (qui s'appellera plus tard The Band) et il semble que l'enregistrement se soit mal passé car Dylan était fréquemment ivre et drogué ce qui rendait Bob Dylan très instable n'hésitant pas à demander au groupe de jouer de manière irrationnelle pour le morceau d'ouverture "Rainy Day Woman # 12 & 35" ce qui donne une allure déjantée au début de cette chanson. Mais le plus symbolique reste que dans cette même chanson Bob Dylan chante voire crie ‘Everybody must be stoned' (pour ceux qui n'ont pas compris : ‘tout le monde doit se défoncer'). En tout cas l'album sort en mai 1966 et est reconnu par le public et les critiques comme un chef d'œuvre absolu.
La pochette est simple mais énigmatique car ni le nom de Bob Dylan n'apparaît ni le titre de l'album mais seulement une photo de Bob Dylan un peu floue comme une photo ratée (pas comme l'album) pour rajouter à ce côté inaccessible du mythe. D'autant que cet album est différent des précédents dans la forme car c'est un double album et alors ?? Me diriez-vous. C'est tout simplement le premier double album de l'histoire du rock ce qui est tout simplement prodigieux quand on sait que les Beatles ou les Who vont reprendre ensuite ce même format. A noter qu'aujourd'hui l'album se trouve en album simple et non en double album comme quoi la technologie a du bon ... snif. D'autant que la deuxième face de l'album est consacrée à une seule chanson longue de plus de onze minutes: "Sad-Eyed Lady Of The Lowlands" ce qui est une folie pour l'époque car les chansons ont davantage un format radio.
La présentation c'est fait, passons maintenant à l'album en lui même quand même. S'il il faut qualifier cet album en deux adjectifs se serait pour moi ‘mystique' et ‘parfait'. A la sortie de cet album Bob Dylan essuie tout de même quelques critiques particulièrement le public l'accuse de délaisser sa guitare folk pour un ensemble plus électrique avec piano, guitares électriques, orgues mais son fidèle harmonica est toujours la rassurez vous. Blonde On Blonde consacre aussi quelques ‘tubes' de Bob Dylan comme "I Want You" ou "Just Like A Woman" devenues des chansons mythiques sur le thème de l'amour (Dylan a terminé sa période de protest singer) avec le refrain désormais célèbre de "Just Like A Woman" : ‘tu fais l'amour comme un femme, puis tu souffres comme une femme, mais tu rompt comme une petite fille'.
Au delà de ces tubes, Bob Dylan signe deux chansons incontournables : "Visions Of Johanna" (initialement intitulé "Seems like a Freeze-out") qui est considérée comme une des plus belles chansons de Dylan par son originalité car elle frôle le psychédélisme mais qui est quand même une chanson folk (il faut l'écouter pour s'en rendre compte). Cette chanson était consacrée à John Baez à l'origine. La seconde chanson extraordinaire de l'album est "Sad-Eyed Lady Of The Downloads" durant onze minutes et qui occupe une face entière. Cette chanson force l'admiration pour son coté mystique et serein (les albums précédents sont souvent bruts).
En résumé un album essentiel, gigantesque, mystique. Tout ce qui symbolise Bob Dylan.


Intemporel ! ! !   20/20
par Tomtom


 Moyenne 20.00/20 

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Posté le 12 juillet 2008 à 02 h 00

Une vraie insolence, celle qui envoie un harpon dans la conscience de celui qui ose s'approcher... Une vraie amertume, bien fine, qui coupe comme ses fringues...
Après avoir traumatisé la génération folk en passant à l'électrique, chantant des chansons d'amour haineuses ou guimauves, Dylan est devenu pop, une vraie popstar, parano et égocentrique. Et pour marquer le coup il pond un double album, le premier (avec Freak Out de Zappa). Et là il étire le jus avec un répertoire bien dylanien où se s'enchainent des titres étoffées avec soin, des chansons si belles, si justes, qu'on se demande comment un type aussi antipathique peu ressentir autant. Il parle à une femme avec ce mélange de sévérité et d'amusement qui les font toute craquer ("Just Like A Woman"), il écrit un long poème suivit 11 minutes durant par un charleston éteint qui a pour objet de titiller en plein coeur un mannequin aperçu à la Factory ("Sad Eyed Lady Of The Lowland"); et, en même temps il se vautre dans la révolte d'alcoolo céleste qui prône la saoulerie générale ("Rainy Day Women"), torche des bouts, faussement inconséquent qu'il est. Cet album est aussi insaisissable qu'une belle couleuvre qui mord si on la touche parce qu'elle est toute occupée à brouiller sa piste.
Intemporel ! ! !   20/20







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