The Smashing Pumpkins

Siamese Dream

Siamese Dream

 Label :     Hut 
 Sortie :    mardi 20 juillet 1993 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Siamese Dream sort en 1993, l'année de sortie d'In Utero... des thèses entières ont été écrites sur la rivalité Cobain/Corgan, frères ennemis en tout point (même pour les femmes, mais oui mais oui). Pourtant, musicalement, que l'on me donne un point réellement commun entre Nirvana, incarnant un punk fatigué -et fatiguant !- et les Pumpkins, dont la musique fait preuve d'un savant équilibre entre amertume ciselée, et spontanéité rageuse, amère ET mélancolique. Siamese Dream est l'incarnation la plus parfaite de cet equilibre, dans lequel les deux extrêmes sont tantôt mis en balance ("Spaceboy", "Disarm" pour l'un "Quiet" ou "Geek USA" pour l'autre) -d'aucuns diraient en frères siamois- tantôt mêlés (le divin "Soma"). Tout n'est que sensibilité exacerbée, dans un jeu complexe mise en scène de soi jouant parfois avec la perversité subreptice ("Silverfuck"), faisant penser que Corgan, qui a pour ainsi dire tout fait sur l'album (sauf batterie), pourrait être tantôt une réincarnation du jeune Werther, tantôt le fils spirituel de David Bowie.


Exceptionnel ! !   19/20
par Lolive


 Moyenne 18.67/20 

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Posté le 27 mars 2004 à 19 h 37

Siamese Dream est un très bon album. La puissance des guitares ne font qu'intensifier les compostions superbes et torturées du génial Billy Corgan. Mais cet album est quand même inférieur à l'énorme Mellon Collie And The Infinite Sadness, car on sent bien que les Smashing Pumpkins ne se lachaient pas à fond (notamment la voix de Corgan) évoluant dans une rage beaucoup trop contenue et suggerée. La faute sans doute à la production trop lisse de Butch Vig, comme chez le Nevermind de Nirvana. Attention, cela ne veut pas dire que Siamese Dream est mauvais, loin de là, il n'y qu'à écouter "Cherub Rock", "Soma", "Mayonaise", "Geek USA" et autre "Luna" pour en être persuader.
Très bon   16/20



Posté le 13 mai 2005 à 18 h 03

Il faut se souvenir dans quel contexte est sorti cet album : en pleine montée en puissance du rock alternatif américain, quasi simultanément au Nevermind de Nirvana qui allait déchirer par son rock violent et désespéré (malgré lui) le mur entre mainstream et underground.

Si l'on a essayé de faire des Smashing Pumpkins des membres à part entière de la scène grunge de Seattle, voir des rivaux supposés de Nirvana (surtout à la page people : B. Corgan ex de C. Love, future de K. Cobain...), rien ne rapproche ces deux formations musicales.
Si Nirvana a trouvé son inspiration principale dans le punk rock américain du début des années 80 (Dead Kennedys, Wipers, Black Flag, Devo....), les SP sont empreints d'une multitude d'influences différentes, dont une grande partie sont à chercher en Angleterre, du côté des Cure et des Bloody Valentines.
Siamese Dream est un prolongement de leur premier album Gish, en plus abouti et moins sombre.
On retrouve leur son si caractéristique (qu'ils perdront par la suite), la douceur et la chaleur des guitares de James Iha qui précèdent de froides déflagrations soniques.
Certaines mélodies sont d'une rare beauté lyrique, et exaltent à merveille le spleen adolescent ("Disarm", "Mayonnaise"...).

Mais les SP ne seraient rien sans la voix de Billy Corgan, écorchée, schizophrénique, la voix d'un petit garçon dans un corps d'adulte trop lourd pour lui.
Un album fondamental.
Parfait   17/20



Posté le 17 août 2005 à 00 h 29

Je préfère ne pas m'attarder sur le contexte historique dans lequel est sortie cet album, puisque cela a déja été fait dans les critiques précedentes.

Je préfère me concentrer sur la musique de celui-ci. Dans cet album on ressent toute l'âme des citrouilles : un ange dans une armure d'acier. C'est cette particularité de la musique des Pumpkins qui est dans cet album, la mieux exprimée. Ce qui fait de Siamese Dream une pièce unique parmi les autres chefs d'oeuvres des Smashing Pumpkins. Une alchimie qu'on entend nulle part ailleurs. La bande de Corgan nous démontre qu'ils ont crée leur propre style musical rock. Une musique planante et douce puis agressive et nerveuse. L'alchimie des Pumpkins permet de lié ces antagonistes. la marque de fabrique des pumpkins y est marquée très profondément: un rock éléctrique (voir éléctronique) aux guitares teintées de coups de pédale à effets et d'une batterie Jazz et tonique ,martelée par la maitre Jimmy Chamberlain.
L'album commence vraiment avec "Quiet" le deuxième morceau, un chef d'oeuvre de rage mélancolique et de rythmique abrasive. Puis "Today", "Hummer", "Rocket" s'enchainent, des titres aux noms simples presque enfantins (surtout quand on les compare aux titres des morceaux de Mellon Collie...) mais ils sont d'une magie indescriptible. La voix de Corgan, une voix qui mélange celle d'un enfant et celle d'une adulte, la sensiblité de fée de la bassiste D'Arcy combinée à une musique mélancolique, angélique puis rageuse et tonique, nous font penser au regard que peut adresser un adulte à son passé d'enfant. L'effet produit par l'écoute de cet album est le même que l'on rescent lorqu'on regarde un Walt Disney à 5 ans, une émotion indescriptible, un dernier regard sur son passé de petit bout qui découvre le monde, ses joies et ses peines.
Des sentiments enfouis en vous depuis des années ressortent spontanément, vous innondant d'émotion et de nostalgie, celle que l'on ressent lorqu'on regarde les photos de son enfance. C'est cette sensiblité suptile que reproduisent Corgan et sa troupe dans cet album, une sorte de romantisme. "Soma" est la pause, une berceuse que l'on aurait pu entendre par sa mère étant petit. Puis l'on passe plûtot à l'adolecence avec "Geek U.S.A.", une rage pure teintée de mélancolie comme on l'a recent à cet âge là. Jimmy Chamberlain peut alors démontrer tout son talent. Puis "Mayonnaise" et "Space Boy" nous font penser à l'amour et aux chagrins d'amour de cette période. "SilverFUCK" morceau rageur et tonique puis psychédélique, est tout à fait exeptionnel rageur puis mélancolique, et finit par un dernier cri de rage. Cet album finit par l'espoir : "Sweet Sweet" et "Luna" clôturent magistralement l'album.

C'est un regard mature sur son enfance, une sorte d'adieu à celle-ci.
Cet album est un chef d'oeuvre, il montre à quel point, les Smashing Pumpkins savaient faire passer des émotions par la musique.
Melon Collie..., un autre chef d'oeuvre, le démontrera une fois de plus, mais dans un registre très différent.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 02 avril 2007 à 16 h 57

Siamese Dream fait partie de ces albums qui marquent. On l'écoute et on tombe immédiatement amoureux du groupe. On ne sait pas pourquoi... c'est quelque chose de magique qui nous prend aux tripes et qui dit : putain que c'est bon !

On ne peut pas dire qu'il y ai de mauvaise chanson sur cet album. Il est parfait de bout en bout. Billy Corgan et sa bande ont su tirer parti de toutes leurs influences et des multiples vagues de l'époque pour nous livrer ce chef d'oeuvre qui tire sa force des nombreux genres abordés. Tantôt pop ("Today", "Disarm"), tantôt grunge ("Cherub Rock", "Geek U.S.A") ou psychédélique ("Silverfuck", "Spaceboy"), les Smashing Pumpkins multiplient les effets et l'auditeur est constamment surpris, puis émerveillé devant tant de variété. Un peu déstabilisant au début, mais il suffit d'une seconde écoute pour être conquis. Mention spéciale à "Soma", morceau énorme qui arrive au milieu de l'album, comme une apogée !

Malgré une petite préférence (au niveau de la fraîcheur pour Mellon Collie..., l'album suivant), on ne peut nier que Siamese Dream est proche de la perfection et qu'il mérite cet adjectif 'intemporel'. Il restera un album référence pour plusieurs générations encore.

Pour ceux qui se sont dégoûtés de Nirvana, les Smashing offrent une musique bien plus riche, et qui a le bon goût d'être aussi facile d'écoute (du moins sur cet album... écoutez le dernier morceau de l'EP Zero, c'est une autre paire de manche). A consommer sans modération... pour y revenir de temps en temps.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 17 mars 2008 à 20 h 01

Peu de groupes (ou plutôt de compositeurs dans notre cas) ont réussi à construire via leur musique un univers cohérent et reconnaissable basé sur des codes musicaux récurrents, des structures complexes et des thèmes lyriques qui en établissent les contours, les couleurs, les ambiances, les climax et toute la palette d'émotions diverses qui viennent avec. Billy Corgan en est un, architecte et mégalomane, et les Smashing Pumpkins naviguent au cours de leurs différents albums à travers cet univers codé et fantasmé. Celui-ci prend racine dans sa petite enfance au milieu d'une banlieue américaine middle-class typique et l'on peut suivre son évolution grâce aux indices disséminés au fil des morceaux, album après album.
Billy Corgan dépeint par sa musique une vision de la vie naïve et enfantine, fantasmée et irréelle. Tantôt tonitruante, épaisse, lourde et directe, tantôt subtile, douce et aérienne, le tout charpenté par des squelettes complexes. La palette d'émotions réalisables en devient quasiment infinie, celles-ci sont multiples mais subsiste toujours en arrière plan cet aspect décalé et bienfaiteur d'insouciance que le chanteur fait passer par sa voix touchante et lunaire. C'est par cet attrait que la musique des Smashing Pumpkins nous attire tels des papillons de nuit avides de lumière. On se délecte des guitares vrombissantes, des mélodies ciselées, des notes charmeuses, sans trop se poser de questions. Tout ce qu'un groupe de rock peut comporter d'attrayant est là, n'importe quelle personne cliente du genre y trouvera un minimum son intérêt et sera en mesure de naviguer au milieu de cet univers fictif, apaisée et sereine. A l'image de sa pochette, Siamese Dream prend pied dans les schémas idéaux imaginés par les enfants (auxquels viennent s'ajouter les personnes naïves) à partir des informations déformées qui leur parviennent. Préceptes immédiatement démontés par la métaphore des jumelles. L'angélisme et la partie ombragée sont ostensiblement présentés afin de guider l'auditeur dans son analyse. Artistiquement l'album contiendra donc des parties musicalement opposées ainsi qu'un sens réel placé en filigrane et compréhensible après avoir gratté la couche de vernis ornementale.
Et ce sont les paroles qui vont casser cette image d'apparence immaculée et colorée masquant en fait des contradictions, des échecs, des doutes, des préjugés ou mille autres choses inavouables que personne n'aime retrouver derrière son reflet dans le miroir. L'adéquation entre la musique (l'enrobement rassurant) et les paroles (le sens réel) rend la chute encore plus brutale. Car Billy Corgan n'écrit pas ses paroles métaphoriquement comme sa musique. Celle-ci sont crues, directes et frappent là où ça fait mal. Il commence par fustiger la génération hippie dont ses parents font partie. Génération pleine de désirs utopiques qui n'aura finalement fait aucun effort pour essayer de changer un peu sa société nauséabonde une fois la descente de drogues terminée. Tous les travers déviants des relations familiales vont ensuite être passés au crible : les couples ratés qui persistent à se vautrer dans leur manque de bonheur et répercutent leurs frustrations sur leurs enfants en les délaissant, les tabassant, leur mentant voire en les violant. Parfois l'homme a plus de poids et se contente de frapper sa femme. Mais jamais n'est remise en cause cette vie minable. Le résultat sur la personnalité des enfants apparaît ensuite dans quelques morceaux : leur vision de la vie est complètement biaisée par ces expériences horribles, ils sont perdus, sans repère et le désespoir les frappe dès leur plus jeune âge, impossible ensuite de passer à l'âge adulte correctement. Les étapes normales qui amènent à l'adolescence en deviennent très compliqué à franchir (amitiés, complicités, premières expériences sexuelles...).
Triste peinture mais pourtant réaliste car de c'est sa propre enfance affreuse que Billy Corgan s'inspire. Il est issu d'une famille décomposée, obligé de veiller sur un frère handicapé, il a subit des traumatismes physiques et émotionnels... En résulteront des désordres psychiques intenses jusqu'à un âge adulte avancé. Ajoutons à cela, les exemples divers et variés dispensés par d'autres familles de sa banlieue et on comprend alors pourquoi il désire tant rester dans ce monde fantasmé cotonneux et idéal. Ce retranchement dans l'enfance lui permet d'éviter d'affronter la dureté de la vie de manière reculée et en même temps d'oublier ce que celle-ci lui a infligé. Il ne veut pas grandir de peur de devenir comme les adultes qui ont ruiné ses fantasmes de gamin, de peur de faire du mal aux autres comme on lui a fait du mal. Il a encore l'espoir de garder le peu d'innocence que les épreuves terribles qu'il a vécu lui ont laissée. Chaque album des Smashing Pumpkins contient des morceaux où le chanteur s'exorcise mais Siamese Dream est le plus touchant car il décrit des sentiments et des souvenirs horribles enfouis depuis des années. Comme un conte, la première impression doit être creusée et interprétée afin d'en ressortir toute la substance. La pochette ensoleillée n'est qu'un trompe l'oeil destiné à nous attirer de l'autre côté du miroir, là où les travers de l'être humain se révèlent. Une manière également de nous mettre en garde : l'image renvoyée par chacun peu s'avérer biaisée. D'autant plus si cette image paraît trop lisse et parfaite. Quels secrets cachent les rires enfantins de ces deux jumelles ? Quelles horreurs ont-elles déjà vécues ? Rien peut-être. Qui sait ? La compréhension du sous-texte de cet album permet juste de laisser planer le doute et d'avoir toujours à l'esprit que les apparences sont très souvent trompeuses et que la véritable nature humaine, vile et déviante, se cache en chacun de nous, tapie et prête à bondir...
Intemporel ! ! !   20/20







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