Pixies

Paris [Zénith] - lundi 07 juin 2004

 Pixies
Thom Yorke disait (paraît-il) qu'il ne pourrait jamais accepter que les Pixies fassent la première partie de Radiohead. Je pourrai dire de même en toute humilité, qu'il m'est impossible de chroniquer le concert d'hier soir tellement toute l'histoire du rock y était incarnée. Mais voilà, l'envie d'écrire sur ce moment en dehors du temps est telle que je ne peux résister.

Le tableau : 30 degrés dehors. Les portes s'ouvrent : 40 degrés à l'intérieur. A 20h10, il n'y avait déjà plus de bières de 50cl. Les visages perlaient. Les jupes, bermudas et autres shorts "Saint-Etienne 1977" n'ont jamais été si peu ringards. Dehors, on s'observait : <<Il y était il y a 12 ans ? Lui c'est sûr, regarde son T-Shirt>>. Tout le monde a vieilli. Il n'y a plus de look "pixies".
La première partie. Fait rare pour un concert où tout le public est acquis au groupe principal, la fosse était déjà remplie et attentive pour Mogwaï. A mon goût un peu décevants, les écossais ont joué lentement, pas aussi bruyamment que le laissait entendre la légende.
Avant les Pixies : Chaleur ! Chaleur ! Chaleur !
Le concert !
Première surprise : Où sont passés les vieux croulants que nous présentaient tous les sites internet ? Où sont passés les cheveux et la barbe de Joey Santiago ou de David Lovering ? ... Les Pixies ont pris 10 ans, certes, comme nous tous. Ils ont vieilli. Mais franchement, ce soir là, les vieux n'étaient pas sur scène ! Premiers accords. Premiers morceaux. Tous les morceaux de Surfer Rosa. tous les morceaux de Doolittle. Un morceau de Trompe Le Monde. Un morceau de Bossanova. Les Pixies sont venus pour expliquer leur courte carrière. Come On Pilgrim. Surfer Rosa. Doolittle. Point barre.
Franck Black (ou Black Francis ?) a eu du mal à retrouver sa voix, mais l'a laissée libre et terrifiante sur la fin. Un "Tame" époustoufflant où ses râles ont pulvérisé les miettes de septicisme qui survivaient.
On notera cependant que le groupe a eu beaucoup de mal a joué "Velouria", comme si Joey Santiago avait perdu les accords. Mais cette fausse note ne doit pas cacher l'ensemble magnifique voire exceptionnel : "Vamos" et "Gouge Away" ont été joués avec un vrai esprit novateur comme pour prouver qu'ils avaient encore les moyens de porter le flambeau.

Pour finir, et pour citer à nouveau Thom Yorke : <<les Pixies étaient, sont et resteront ... le meilleur groupe de rock de tous les temps>>.


Excellent !   18/20
par John Murphy


  Merci à François pour les photos.


Setlist :
> Bone machine
> Crackity Jones
> River Euphrates
> Wave of Mutilation (regular version)
> Monkey Gone To Heaven
> I bleed
> Caribou
> Cactus
> Broken Face
> Something Against You
> Isla de Encanta
> Hey
> No13 Baby
> Dead
> U-Mass
> Gigantic
> Velouria
> Ed Is Dead
> In Heaven
> Where Is My Mind ?
> Mr. Grieves
> Here Comes Your Man
> The Holiday Song
> Vamos

> Into The White

> Gouge Away
> Debaser
> Tame

Première partie : Mogwaï


 Moyenne 16.33/20 

Proposez votre chronique !



Posté le 11 juin 2004 à 22 h 00

Prenez un bon (très bon) groupe de Rock, avec de bons (très très bons) morceaux ; mettez le dans une grande salle, avec un gros son, de belles lumières, et surtout un bon (très très très bon) public, entièrement dévoué à son groupe ... Vous obtenez forcément un bon, voire très bon concert.

Douze ans après s'être jeté la vaisselle à la figure et avoir pris la route chacun de leurs côtés, les quatre escadrons de Boston ont recollé les morceaux et font de leur tournée de reformation, LA tournée mondiale de 2004, à n'en pas douter ! Alors oui, les Pixies sur scène, c'est un grand moment. Oui, ils ont une setlist impeccable à faire pâlir n'importe quel jeune groupe du moment. Oui, ce sont quatre musiciens de talent qui maîtrisent leur instrument avec brio et virtuosité. Oui bien sûr, c'est nerveux, c'est puissant et énergique, chaque titre résonne comme un hymne que tout un chacun se doit de reprendre en choeur, d' hurler toujours plus fort que son voisin qui comme vous, transpire à grosses gouttes à la fois de chaleur et d'émotion.
Evidemment, la voix angélique et unique de Kim Deal sur "Bone Machine" ou "Monkey Gone To Heaven" traverse avec douceur et délice chaque pore de votre peau ; la demoiselle vous innonde de ses sourires enfantins et malicieux, on dirait qu'il s'agit là de son tout premier concert. Tendre contraste entre cette apparence de 'routarde' du Rock et cet air intarissable de gamine dans une cour de récré. Evidemment, l' indéboulonnable Franck Black impose de par sa carrure et sa voix inimitable sur "Wave Of Mutilation" ou encore "Caribou", une présence quasi sacrée, comme si ce petit gros au crâne rasé incarnait finalement à lui seul les deux dernières decennies du Rock américain. De part et d'autre, Joey Santiago et David Lovering s'appliquent chacun sur leurs instruments, concentrés et impertubables, oubliant peut-être que devant eux ce soir là, plus de 5000 personnes suffoquent d'enthousiasme et s' égosillent à les acclamer jusqu'au dernier souffle.

De ce concert 'historique', on retiendra alors 1H20 d'un déferlement Rock incessant, une succession de titres inscrits au Panthéon du Rock, qu'on nous aura bombardés sans répit et sans aucun temps mort pendant toute la durée du set. De ce concert 'historique', on s'était dit : <<Il faut y être>>, et on y était.
Les Pixies ont un jour marqué de leurs empreintes indélébiles le long Boulevard du Rock. Etait-ce alors bien utile de revenir en 2004 pour nous le confirmer ?
Très bon   16/20



Posté le 13 juin 2004 à 18 h 42

Les Pixies sont de retour, et contents d'être là. D'ailleurs, quelque chose ne va pas. Charles est déridé et se laisse aller à quelques sourires, tout en envoyant des vannes dans les oreilles de Joey Santiago et de Kim Deal. Cette dernière est tout sourire, qu'elle a très juvénile d'ailleurs. Seraient-ils contents de jouer ensemble, après toutes ces années ?

S'ils ont gagné en bonne humeur, ils n'ont rien perdu en sauvagerie. Charles hurle, Joey maltraite sa Gibson, Kim métronomise au moins sur deux cordes de sa basse, et David Lovering matraque ses fûts d'un jeu dont je ne me rendais pas compte qu'il était aussi flamboyant. Si ses petits camarades se permettent de petites fautes, il reste imperturbable et fait parler la poudre. Quel jeu ! Et en définitive, quel concert !
Devant un public complètement acquis à leur cause, ils ont déroulé leurs classiques. Et ce n'était pas simplement bien. Ce n'était pas un simple concert de reformation. C'était à se taper le cul par terre ! A grimper aux rideaux !... Utilisez toutes les métaphores que vous voulez.
Entendre les râles de Kim Deal sur les hurlements de Charles sur "Tame", est un bohneur ineffable qui laisse à penser que finalement, Dieu existe peut-être, et qu'il aime le rock. Le mélange des deux voix est exceptionnel, et on se rend compte que si Charles est un bon compositeur, l'alchimie particulière qui rend ces morceaux somptueux, vient du mélange des quatre musiciens pourtant ordinaires.

Entendre ces quatres là jouer ensemble est un pur moment de plaisir ! "Gigantic".
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 14 juin 2004 à 11 h 21

Dès le début de la soirée, il ya un truc qui me choque, alors que les roadies de Mogwai font les derniers réglages guitares, le traditionnel écran de pub du Zénith passe à l'action ; et là, un public de trentenaires se met à siffler, on croit rêver !! Ils viennent tous voir un groupe qui se reforme pour la thune, ils ont tous acheté leur t-shirt à 25 euros....et ils se rebellent. C'est un peu la jeunesse retrouvée, la pseudo rebellion d'un soir. D'ailleurs comme un ado devant son groupe préféré, peu d'entre eux auront un regard critique sur un concert finalement sans intérêt. Les Pixies reformés ne sont pas mauvais ,loin de là, ils jouent plutôt bien ( si on excepte quelques interpretations catastrophiques de "Caribou", "Velouria" et "U-Mass") la quasi intégralité de "Doolittle" et "Surfer Rosa", mais sans l'once d'une âme. Le groupe a la charisme d'une moule, et enchaîne les perles de leur répertoire (malgrès l'abscence honteuse de "Trompe Le Monde"), comme si de rien n'était. D'ailleurs ce n'est rien, on voit quatre vieux bouts de gras faire semblant d'être un groupe ... Le public exulte à la mondre intro de morceau. Et c'est normal, la plupart sont cultes, mais franchement il ne se passe absolument rien sur scène, le vide ... on a l'impression d'écouter "Surfer Rosa "sur une sono géante au son immonde, avec 7000 personnes qui chantent ( mal en général !!). On se demande quel est l'intérêt de voir ça en 2004. Les titres ont quand même un peu vieilli, le groupe a archi vieilli ... Mais tout le monde s'en fout, et est la pour faire la fête. La communion de masse peut être jouissive, mais quand elle est aveugle (et sourde après 1h30 à ce niveau sonore), ça énerve un peu. En même temps on s'en fout, cette reformation est un non-évènement, le groupe n'a rien à montrer que sa célebration par un public qui ne veut entendre rien d'autre .... bref l'offre et la demande capitaliste démontrée par un groupe qui a ouvert ( involontairement ) beaucoup de portes ... C'est moche, mais on oublie un peu ce constat amer sur certains titres comme "In Heaven" ou "Debaser", car oui à un moment donné ce groupe fut grand ...
Moyen   10/20



Posté le 19 juin 2004 à 01 h 21

Les Pixies. Une impression d'irréel à l'évoque de ce nom, et de cette soirée inespérée il y a 6 mois. J'ai l'excitation des grands soirs à l'approche de cette date tant le groupe de Boston aura inspiré nombre de groupes aujourd'hui célébrissimes.
Seulement voilà, à cette excitation s'ajoute une inquiétude : 11 ans après, reste t-il la même magie qui nous fait tant les aimer ?

Et la suite justifie ce sentiment. Certes, les chansons sont magnifiques, pour n'en citer que quelques unes : "Gouge Away", "Here Comes Your Man", et bien sûr "Where Is My Mind ?". Mais on dirait qu'au sein de la bande à Frank Black, l'envie n'y est pas : un peu comme si pendant qu'un Zénith archi-comble prend son pied, le groupe faisait son set comme on accomplit une tâche ennuyeuse.
Il est venu, a joué, et après près de deux heures, quitte la scène en soupirant un "merci". Rien de plus. Une sale odeur de fric plane la-dessus...
Au fond, presque une déception, et les réactions de ceux qui les ont vus il y a 12 ans sont unanimes.

Le groupe reste évidemment l'un des plus grands de l'histoire du rock, si ce n'est le plus grand. Mais si écrire une chanson est une chose, la jouer en est une autre.
Alors c'etait ça, un concert des Pixies ...
Très bon   16/20



Posté le 26 juin 2004 à 17 h 39

Une sale odeur de fric ? Mmm, plutôt une sale odeur de transpiration !!
Ce n'est pas non plus ce que j'ai retenu du concert, et ça n'a toujours pas suffit à le gâcher, même si on peut toujours trouver quelque chose à redire et être suffisamment maso pour se répéter intérieurement pendant qu'ils jouent avec classe des chansons GENIALES "c'est pour le fric, c'est pour le fric, je suis déçu de toute façon"... c'était précisément le moment de faire abstraction de toute autre considération que la musique.

Frank Black n'a pas besoin de tchatcher pendant dix minutes de ses problèmes personnels, ni Kim Deal de se trémousser, pour donner l'impression de partager quelque chose avec le public. Ils n'avaient pas l'air mécontents d'être là, d'ailleurs ils ont bien joué (c'est sûrement lié ?)...
Ha oui, un petit bémol... Je crois avoir remarqué que la compression analogique du générateur triphasé ne s'est pas diffusée simultanément dans tous les amplis... problème de qualité sonore ? C'est lié sûrement à la taille de la salle... mais c'est ça un concert COMMERCIAL !
Personnellement, j'ai apprécié pleinement ce concert; Mogwai en première partie, c'était bien (la première chanson, magnifique), ils ont réussi à décoller le linoléum, et ça les Pixies, ils n'ont pas réussi à le faire (trop préoccupés par le fric ??).
Il suffisait juste d'être branché sans arrière pensée sur la même longueur d'onde que la guitare girophare de Joey Santiago, et le concert devenait vraiment un moment intense, avec des choeurs de spectateurs reprenant toutes les paroles et un bonheur d'être là palpable.
Quelle drôle d'idée de boycotter ce concert, mieux vaut les avoir vus.
Exceptionnel ! !   19/20





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