The Strokes

Lyon [Les Nuits De Fourvière, Théâtre Romain De Fourvièr] - lundi 17 juillet 2006

Converses, jeans déchirés et tee-shirts de groupes cultes regorgent à Fourvière en cette soirée estivale. Et pour cause, aujourd'hui, l'amphithéâtre romain accueille les ultra cool et ultra branchés The Strokes, le célèbre quintet ayant marqué le renouveau du rock. Le concert est complet depuis deux mois et pendant que les roadies s'affairent sur scène, l'agitation gagne du terrain.

Le cabotin Adam Green assure la première partie du concert et distille un folk croonesque qui pourrait devenir monotone s'il n'était agrémenté par sa voix, son jeu de scène et son orchestre.
Le new yorkais a déjà tourné avec les Strokes, sur la première tournée de ces derniers, avec son groupe de l'époque, les déjantés Moldy Peaches. Ce qu'il propose aujourd'hui est très différent du lo-fi provocant de l'époque mais il demeure un songwriter caustique et avisé.
Adam Green raconte au public un désagrément pour le moins original qui lui est arrivé la nuit précédente : son tour bus est parti pendant qu'il était aux toilettes dans une station service, en caleçon, sans papiers et sans argent de surcroît, à environ 7 heures de route de Lyon. Ce sont deux jeunes Belges qui l'ont reconnu et l'ont conduit à Lyon... rock'n'roll!
Ceci rappellera peut-être à certains une scène du film "Almost Famous" de Cameron Crowe ou l'on voit le chanteur Jeff Bebe courir après le tour bus en hurlant : 'It's OK to forget me, I'm only the lead singer !'.

Il nous reste encore 45 minutes d'attente avant de voir arriver la 'bande à Casablancas', qui met instantanément le feu avec "Juicebox" premier single extrait du dernier album First Impressions Of Earth.
Julian communique en français la plupart du temps.
Le groupe semble heureux d'être là et cela se ressent dans le public. La foule est très réactive et l'ambiance y est sympathique. Tout le monde chante et danse, même dans les gradins les plus hauts de l'amphithéâtre.

Le set de ce soir laisse la part belle au somptueux premier opus Is This It ?, qui sera joué dans sa quasi-intégralité. Les progrès effectués par le groupe au cours de ces dernières années sont saisissants. Alors qu'en 2002, les mêmes morceaux joués live étaient brouillons, il est clair que le quintet fait preuve d'un réel perfectionnisme, donnant à leurs concerts une mécanique bien huilée. Le son est parfait, l'orchestration remarquable et la voix de Julian n'a jamais été aussi belle.
Alternant 'classiques' et morceaux plus récents, les new-yorkais ravissent le public.

Pendant la dernière partie du concert, un jeune homme parvient à monter sur scène et à faire une bise au guitariste Albert Hammond , ce qui déclenche l'hilarité de Nick Valensi, son très classieux alter ego, ainsi que d'un certain nombre de spectateurs.

Si des titres plus anciens, tels les flamboyants "Someday", "Barely Legal", "The Modern Age" et "Last Nite", touchent plus ostensiblement le public, le dernier album contient lui aussi quelques pépites : après "Juicebox", "Heart In A Cage","Vision Of Division" et "Electricityscape" dégagent eux aussi une tension palpable.
Une mention spéciale peut également être accordée à "Ask Me Anything", morceau très doux et émouvant qui constitue une sorte d'interlude avec la présence des seuls Nick et Julian sur scène.

La bombe "Reptilia" clôt le concert en insufflant un vent de folie puis, acclamés à l'unisson, les "Fab Five" effectuent un rappel en force. Les versions de "NYC Cops", "Alone Together" et enfin "Take It Or Leave It" atteignent une intensité inégalée et font vibrer le public de plus belle.

Un concert impeccable et jubilatoire...
Que ceux qui pensent que les Strokes ne sont que le fruit de la 'hype' aillent immédiatement acheter une place pour leur prochain concert.
A la lumière de cette troisième tournée, cinq ans après la sortie de Is This It ?, on peut affirmer haut et fort : 'This isn't it, this is so much more !'


Exceptionnel ! !   19/20
par Lady Godiva


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