Melvins

Paris [La Maroquinerie] - dimanche 29 avril 2007

J'avais pas très envie de me bouger le cul ce dimanche soir... Encore moins de me taper une heure d'attente sous l'orage et la pluie.
Mais bon, j'avais déboursé 22 euros, c'était pour les Melvins...

Un foule hétéroclite se presse à l'entrée: punks à chiens cradingues, chevelus boutonneux, métalleux, vieux de la vieille, réacs du grunge (arborant fièrement des t-shirts 'Dinosaur Jr' et 'Nirvana') et un gosse accompagné par son père, qui avait l'air un peu paumé... Marrant, j'suis même pas surpris !

La télé filme cette bande de freaks forcenés faisant le pied de grue devant la salle depuis plus d'une heure. On sourit à la caméra, ou on l'ignore impérieusement, selon le cas. La Maroquinerie finit par ouvrir ses portes, le concert démarrera dans les temps. A la vue des deux batteries sur la scène, l'excitation est déjà à son comble. De fait, Dale Crover sera omniprésent durant la première partie du concert: jouant avec Porn ET Big Business.

Le leader de Porn déboule, sorte de clone de Scott Reeder et fidèle d'entres les fidèles de la clique Patton-Melvins... Il bidouille ses préamplis et la fête démarre: elle sera sonique. Morceaux longs, lourds, tapant dans la pédale d'effets sans vergogne, hommage au Doom et aux débuts des Melvins. Masquée sous les effluves de la guitare, la basse se perd, mais Crover nous réconcilie avec le groove: Déjà puissant, précis et sans faille. J'échange un sourire d'admiration avec un ami batteur. La réputation du mec n'est pas usurpée. Le petit interlude 'chasse aux canards' (coins-coins à l'appui) de Dale régale les spectateurs, tout comme la reprise inattendue du "Can't Touch This" de MC Hammer. Deux machines à bulles entrent en action... On s'est bien marrés.

Au tour de Big Business d'entrer dans l'arène... Premier problème: une cymbale manque. Coady doit l'installer lui même sous les huées moqueuses de la foule. Il remerciera son roadie d'un doigt d'honneur reconnaissant. Puis les pépins s'additionnent... Problèmes d'accordages et de son. Un "Don't Fuck Up The Show" est lancé. Les gars du Biz répondent avec humour, avant de reprendre les choses là où ils les avaient laissées. Piochant surtout dans leur dernier album, le set se veut particulièrement entraînant et psychédélique. "Hands Up" l'ouvre avec conviction et on retiendra un "Just As The Day Was Dawning" excellent, accompagné par Dale à la guitare.

La fosse qui suinte déjà est prête à accueillir Buzz. Dale et Coady se mettent en action synchronisée sur "Another Fourth Of July Ruined"(morceau du Biz), King Buzz-O maltraite sa Gibson et Jared gueule autant qu'il peut dans le micro. On se bouscule pour être au plus près du grand chaman. Participer pleinement à l'épiphanie...
La quasi totalité du dernier album y passe et le groupe s'en délecte... Prend un panard pas possible... Sous sa coupe afro, je vois un large sourire gourmand s'épanouir sur le visage du chef. Il nous tient tous.
Les mouvements de foule deviennent plus sauvages à mesure que la setlist défile.
Les poings se lèvent lorsque démarre "Oven", trop vite terminé tout comme le medley "Set Me Straight/Sky Pup". Le combo à mieux à faire que de ressasser ses classiques, il a une leçon ou deux à nous donner...
Uppercuts sonores, solos de batteries diaboliques... Ils nous tuent!

Le concert se termine plus en nuances, malsain, vaudou... "The Bit", le pic du spectacle, mettra tout le monde d'accord, nous portant sur ses ondes et nous tanguons tous de droite à gauche, fruit d'une même marée.
Le groupe joue ensuite "The Ballad of Dwight Fry" (d'Alice Cooper) avant que Buzz ne nous quitte. Coady et Dale ne bougent pas, ils tiennent bon, martèlent encore. Que préparent-ils ? Jared tient le micro et reprend "Lady In Red" de Chris De Burgh a capella, histoire de rire encore un coup. C'est fini.
On sort vidé, heureux. Et dire que Dale et Buzz ont passés la quarantaine... Putain.


Exceptionnel ! !   19/20
par Judas


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