Dinosaur Jr

Anvers - Belgique [The Petrol] - jeudi 25 mai 2006

A l'heure où notre jeunesse branchée se bave dessus en écoutant Placebo, Muse ou les Strokes, l'Europe entière accueille les piliers du rock indé US, Dinosaur Jr. Petit rappel pour ceux qui ne connaissent que Jurassic Park : à la fin des années 80, Dinosaur Jr a sorti 3 albums de rock bruyant indispensables, avant que Jay Mascis, leader du groupe, n'impose quelques changements de line-up et raccroche le wagon du grunge (private joke pour les fans). 20 ans plus tard, les membres originels ont oublié leur rancœur, et se lancent dans une tournée mondiale, qui évite soigneusement la France, preuve que ces gars là ont du bon sens. C'est donc à Anvers, Belgique, que je me rends pour assister au grand retour de Dinosaur. Paumé en pleine friche portuaire, The Petrol est un lieu improbable et pas évident à trouver. Dans un décor post industriel, quelques centaines de fans s'échauffent les oreilles avec deux bons groupes, XXX et YYY, pendant que les plus fainéants matent un nanar érotique projeté près du bar. La tension monte d'un cran quand les roadies installent le matériel de Dinosaur. Ce groupe, ce n'est pas rien. Poulains de SST, mythique label US, Dinosaur Jr a brillé dans la constellation indé, aux côtés de Sonic Youth, Black Flag, Hüsker Dû, puis des Pixies, et de Nirvana. Ces mecs sont des stars de l'underground, et visiblement ils s'en foutent : tandis que la salle frissonne, le groupe investi tranquillement la scène, et dès les premiers accords, c'est la claque. Le son est énorme. Ça cogne sec et précis. En 2 minutes 15, le public est sonné, conquis, rassuré. Rassuré ? Ben oui, les types ont vieillis. Gros bide et cheveux d'argent pour Mascis, crâne d'œuf et cou de taureau pour Murph. Seul Lou Barlow, qui s'est consolé en fondant Sebadoh, a l'air d'un jeunot. Le groupe enchaîne les titres sans broncher, tout en puissance, et avec un plaisir évident. Jay Mascis, qui s'est visiblement ravitaillé en Hollande, colle tout le monde au mur avec ses solos de guitare, avant de revendiquer son statut de slacker, d'une voix plaintive et inimitable. A la batterie, Murph casse la baraque et pisse des litres de sueur, tandis que Lou fait le spectacle à la basse. Son chant se perd dans le mur du son dressé par le groupe, mais il résonne déjà dans la tête des fans, adeptes du headbanging. Le groupe joue le meilleur des premiers albums, et fait volontairement l'impasse sur le reste, comme pour célébrer l'unité retrouvée. Du bruit, une rythmique pilon et des putains de mélodies, Dinosaur Jr n'a pas pris une ride. A quand un nouvel album ?


Excellent !   18/20
par DJLoop


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