The Fall

Perverted By Language

Perverted By Language

 Label :     Rough Trade 
 Sortie :    décembre 1983 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Lors de la tournée américaine de The Fall en 1983, Mark E Smith rencontre une certaine Laura Elisse Salenger, plus connue sous le pseudo de Brix (en référence au "Guns Of Brixton" des Clash). Officiant dans un petit groupe local, Brix arrive à convaincre le leader de The Fall de jeter une oreille sur une cassette contenant quelques-unes de leurs démos. L'homme apprécie. Il parle même de produire le futur premier album de son groupe. Retour en Angleterre et 2 mois plus tard, Brix devient Brix Smith. Perverted By Language marque le début d'une collaboration entre les 2 époux qui ne s'arrêtera qu'en 1996.
Si elle ne participe pas complètement aux sessions d'enregistrement de l'album, Brix apporte déjà quelques éléments pop jusque-là absents du post-punk de The Fall. "Hotel Bloedel" était d'ailleurs à l'origine une chanson du groupe de Brix. Tempo relâché, guitare acoustique, quelques touches de violon et la voix adolescente de Brix qui tranche avec le spoken-word bourru de Mark E Smith. Pour la première fois donc, The Fall fait de la pop-music. Au sens noble du terme.
Mais le groupe mancunien sort à peine d'une période très expérimentale avec notamment Grotesque (After The gramme) et Hex Enduction Hour. Les traces de cette période sont par conséquent toujours visibles, et même serait-on tenté de dire, prédominantes: "Tempo House", près de 9 minutes tout en basse-batterie, "Eat Yourself Filter" où les instruments se taisent à chaque refrain, repris en choeur. Assurément un des meilleurs titres de The Fall. Au point que John Peel choisit ce morceau là pour son Desert Island Disc (célèbre programme de la BBC). De même, The Fall distille toujours une ambiance oppressante à l'image de "Smile", et ce, sur des durées plus longues qu'à son habitude. Perverted By Language n'est d'ailleurs quasiment composé que de chansons longues (plus de 5 min en moyenne).
Vous l'aurez compris, Perverted By Language est avant tout un album de transition entre deux périodes bien distinctes de The Fall. Mais un bon album quand même, et qui scelle la fin de contrat avec Rough Trade. Le groupe signant quelques mois après la sortie de Perverted By Language avec Beggars Banquest.


Bon   15/20
par Sirius


 Moyenne 17.50/20 

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Posté le 16 février 2008 à 14 h 08

Difficile de chroniquer un album de The Fall tant la discographie est à la fois unique (un son reconnaissable entre 10000), inégale (de l'assez bon à du purement génial) et multi style (le groupe est passé par le punk, l'expérimental, la pop, l'electro, le krautrock, un peu de rock aussi...) : en fait une production ne suivant aucune logique, aux pistes constamment brouillées par MES, chef d'orchestre du combo infernal et régulièrement changeant. Je retiendrais particulièrement l'album Perverted By Language parce que c'est un terrible chef-d'oeuvre de l'après-punk, mais ce n'est pas le seul, il y aussi This Nation's Saving Grace, Hex Enduction Hour, Bend Sinister, Fall Heads Roll et d'autres du même niveau.

Perverted By Language est un album de transition où des éléments pop introduisent discrètement certaines pistes de l'album, notamment sur le morceau "Hotel Bloedel", beau, acoustique et chanté désespérément par madame Smith ; nous avons là la représentation pop de l'album. Toutefois il semble important de préciser que l'évolution pop du groupe est relative et le son de The Fall reste difficilement accessible aux oreilles innocentes. En effet malgré le petit goût sucré apporté par la pop, l'acidité Fallienne reste dominante. Une sonorité intraitable, brute, répétitive envahit presque tous les morceaux, la tension et la hargne sont bien présentes comme sur les albums précédents. Le titre "Smile" représente aussi bien l'album par sa montée en pression hallucinante où la batterie et la basse très en avant répète inlassablement la même boucle, titre assez proche d'ailleurs de ce que faisait Public Image Limited quelques années auparavant...

Ensuite je distingue ce disque de la discographie de The Fall pour deux raisons essentielles : tout d'abord la pochette, moche, donc intéressante parce que tout ce qui pourrait être séduisant serait suspect (c'est MES qui l'a dit). Ensuite et surtout un morceau qui est pour moi un titre parfait et la synthèse absolue et confidentielle de The Fall, un blues déglingué, une balade chaotique et émouvante : "Hexen Definitive/Strife Knot" qui dure plus de 7 minutes et évolue sur un rythme lent et obsédant. Répétitif, trainant et minimal au commencement, la pression monte jusqu'à la quatrième minute et enfin alors que l'on pourrait s'attendre à une explosion, une ligne de basse plutôt pop, presque folk apparaît apaisée, désolée et désespérée peut être aussi... Contre toute logique émotionnelle la tension réapparaît pour laisser la place à une colère froide concluant cet extraordinaire titre.

Il existe une version plus longue de 2 minutes et au rythme légèrement accéléré sur l'excellent coffret Peel Sessions pour ceux que ce morceau obséderait aussi.
Intemporel ! ! !   20/20







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