David Bowie

The Deram Anthology 1966-1968

The Deram Anthology 1966-1968

 Label :     Decca 
 Sortie :    mardi 14 octobre 1997 
 Format :  Compilation / CD   

A l'occasion des cinquante ans du maître, le label Decca nous rappelle que bien avant d'être un Ziggy-glam flamboyant, David Jones fut un mod amateur d'orgue hammond, de petits costumes étriqués et de surprises parties psychédéliques... Un jeune homme de son temps en somme, ce qu'il s'efforcera de rester tout au long de sa carrière (aaah les joies du botox!)...

Prévu d'abord comme un double cd comprenant tout le premier album sorti en 67 plus une flopée d'inédits, il ne restera au final (après correction de l'intéressé) qu'une seule galette d'un peu plus d'une heure. Tant pis, d'autant que ce qu'on a daigné nous laisser a de la gueule: excellent garage à la Seeds ("She's Got Medals"), pop bucolique ("Rubber Band"), bizzarerie de quat' sous ("The Laughing Gnome"), comptine ("Please Mr Gravedigger") et folkerie naissante ("Come And Buy My Toys"), ô joie!
Groovy, frais ("Love You Til Tuesday") nous sommes bien loin du Space Oddity qui suivra, mais l'artiste -qui se cherche encore- atteint des sommets inégalés lorsqu'il aborde des sujets plus graves: "The London Boys" est déjà un chef d'oeuvre, beau et mélancolique , drogues-déchéance-mauvaises fréquentations etc... Et puis "Silly Boy Blue", entre autres, qui emprunte son final au "I Only Have Eyes For You" des Flamingos.

Deux phases bien distinctes semblent avoir été mises en place: la première présente un Jones seul, à la voix hésitante et aux arrangements plus simples ("Little Bombardier"); sur la seconde, l'homme se retrouve à la tête d'une véritable chorale sous LSD ("Ching-A-Ling" dont il réutilisera la mélodie dans le "Saviour Machine" de The Man Who Sold The World). Dans l'un ou l'autre cas, Bowie se montre passionnant, certes plus mièvre, sorte de pierrot lunaire un peu gauche armé d'une guitare, mais infiniment sympathique. Le talent est là, la maturité du style pêche encore un peu : "Space Oddity" version originale n'a pas évidemment ce supplément d'émotion apporté par le lyrisme des arrangements sur l'enregistrement définitif, mais celle-ci, plus timide, moins fouillée, se veut surtout plus humaine.

Ne vous laissez pas rebuter par la pochette immonde, vous vous priveriez d'un grand moment de musique.


Excellent !   18/20
par Judas


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