Frank Zappa

Overnite Sensation

Overnite Sensation

 Label :     Rykodisc 
 Sortie :    samedi 01 septembre 1973 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Avez-vous déjà entendu parler d'une Mama magique amoureuse de son poncho (un poncho mexicain?), d'une télé qui bave, d'une lotion à base de dragon pour les amours crades, d'un loup-zombie qui exciterait toute la gent féminine avec sa "dent", d'une femme qui ne peut jouir qu'en voyant sa soeur en train de se faire prendre par un inconnu, d'une stérilisation à l'aide d'une pince à épiler incrustée de zicron chauffée au briquet, et d'un cow-boy qui veut aller cultiver du fil dentaire dans le Montana (histoire d'être tranquille)? Le tout appuyé par un funk de tous les diables, synthés bulleux à la Hancock avec Georges Duke, solos de guitares déchainés au vibrato nerveux qui donne la fessée à Jeff Beck et ses acolytes, mélodies chiadées, speedées et saupoudrées de choeurs allumés et sexy de Tina Turner et ses copines? Tina aurait fait écouter les bandes à son chéri Ike qui travaillait sur son album dans le studio à côté. "Qu'est ce que t'en penses Iky?" Le seul truc qu'il a trouvé à dire? "Mais qu'est ce que c'est que ces conneries!"

Zappa déclarait admirer la bêtise mais non l'ignorance. Il supposait même que la bêtise était une substance que les scientifiques n'avaient pas repéré. Overnite Sensation est un concentré de bêtise, sa subtantifique moelle, une bêtise lumineuse à la Jarry, composée de multiples niveaux de lectures. La Pâte à physique en musique. Le but n'est pas d'expliquer, de préciser, de fignoler des théories, mais de montrer que dans une matière se jouent de multiples énergies qui elles-mêmes renvoient sur de nombreuses directions, de nouvelles forces, innombrables... La vie est complexe et cela pour notre plus grand bonheur. Reste plus qu'à se servir, à écouter, à s'enrichir. Et malgré le nombre de rouages, de références, de parties, de mouvements, dans Overnite Sensation rien ne se perd, tout concoure au même: faire un truc terriblement jouissif! L'humour en musique à trouvé son compositeur. Zappa en a fait un art.
"Je conseille à tout ceux qui ne pensent pas que c'est un putain de pied d'être en vie de quitter la salle car ce spectacle va les démolir!". L'invective de Zappa n'est pas une simple vantardise, sa musique est autant surréaliste, amoureuse des paradoxes et des hyperboles, qu'elle est une JOIE, une culture de l'instant à nul autre pareil. Zappa mèle le funk d'un Sly en herbe, "L'histoire du soldat" de Stravinsky, et les monstres de serie B ("Zomby Woof"); ou solo Hendrixien, Tex Avery et du fil dentaire ("Montana"); ou encore maracas et pénétration vaginale ("Dinah-Moe Humm")... et j'en passe et des pas vues...
C'est génial.


Intemporel ! ! !   20/20
par Toitouvrant


 Moyenne 20.00/20 

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Posté le 19 novembre 2008 à 13 h 21

Comment résister à l'impulsive joie que produit l'écoute d'un album de Zappa tel que Overnite Sensation? C'est à cette question que nous ne tenterons pas de répondre durant cette chronique.
Overnite Sensation, c'est l'un des sommets de Zappa (qui ne se comptent plus), un de ces albums que l'on se passe en boucle le soir, avant de s'endormir, vous comprendrez pourquoi (hum). En effet, Zappa nous explique à coup de théories incroyablement convaincantes son avis sur le sexe, les ponchos mexicains, les plantations de fil dentaire, le sexe, les loups zombies, les télés qui bavent, le sexe... Du côté de l'instrumentation, comme d'habitude c'est de la grande qualité de composition, et bien que les morceaux soient plus simples (structurellement) que les précédents de Zappa, ils n'en sont pas moins d'une jouissivité extrême: les sax de "Camarillo Brillo", brillants, le contraste entre la voix caverneuse de la télé qui bave dans "I'm The Slime" et le refrain, qui se retient dès la première écoute, ou bien encore le solo génial de Ponty sur "Fifty Fifty"...
Overnite Sensation plaira à tout être humain normalement constitué, que ce soit le premier amateur d'humour gras, subtil, potache et intelligent venu ou l'expert musical qui doit en faire une analyse détaillée (qui doit bien se demander qu'est-ce qu'il a là), ou bien d'adolescents boutonneux comme moi qui rigolent comme des cons devant Zappa, ce génie qui allait aux toilettes comme nous. Ah ah.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 28 novembre 2008 à 20 h 43

Overnite Sensation...
J'ai tellement parcouru cet album, si longtemps fouillé ses subtilités et fréquenté ses folies qu'en parler c'est forcément le réduire, mais il fallait que tout ce délire sorte un peu de moi, le temps d'une lecture.
Je ne pourrais pas expliquer en mot ce qui ne correspondrait à rien pour vous si vous n'avez pas bouger comme un aliéné sur "I'm The Slime", chanter en chœur "Moving to montana soon..." ou hurler sur le solo de violon de "50 50".
Tout paraît facile dans cet album, et les nombreux détracteurs de l'œuvre de Frank Zappa ferait bien d'y jeter un œil: il est drôle mais écrit avec une rigueur implacable, il est rythmé et rapide mais rempli de finesse.
Je ne reviendrai pas sur les paroles, ultra-connues et commentées, mais elle me semble chaque jour plus drôles, à la fois compréhensible par tous et par personne, tant elles font appel a la notion de 'Continuité Conceptuelle', notamment en écho à 'Apostrophe.
Autrement dit, sans vouloir forcément déménager pour le Montana, ou sans être un fan d'expérimentations genre Varese remixé par Hancock, on peut trouver dans cet album, bien mieux que dans n'importe quel Best-Of des racines pour planter sa curiosité.
Zappa marie le hard rock pur à ses anciennes expérimentations plus jazzy (Hot Rats); il a trouvé un groupe qui ne peine jamais sur ses ambitions mais semble autant s'amuser que lui, des interprètes pour qui tout semble grisant. Ils nous livrent un album comme une bière à boire entre amis ou comme un grand vin à déguster seul.
Pas une minute de trop, pas une mesure à critiquer: un fou rire nerveux me vient parfois à son écoute, l'imagination tente de se rapprocher encore un petit peu plus de ce chef-d'œuvre admirable.
Pour conclure: une perle folle, un délire titanesque.
Et il n'y a pas à dire, c'est génial...
Intemporel ! ! !   20/20







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