Johnny Cash

At Folsom Prison

At Folsom Prison

 Label :     Columbia 
 Sortie :    1968 
 Format :  Live / CD  Vinyle  K7 Audio   

Johnny Cash...
Après la série des American Recordings, je continue le débat avec un live. Du live haut de gamme dans une prison.
Dans une ambiance surchauffé, face à un public des plus imprévisible l'homme en noir n'hésite pas à attaquer avec une chanson contenant les vers 'But I shot a man in Reno just to watch him die'.
L'enregistrement est à proprement parlé unique en son genre tant la tension qui règne durant est concert est intense. Les taulards sont tel une marmite prête à exploser avec à coté des matons plus qu'anxieux. Mais pour avoir fréquenté des genres lieux similaires et parce qu'il aurait pu être de l'autre coté, il sait trouver les mots pour se mettre le public dans la poche. Et malgré quelques titres plus humoristiques "25 Minutes To Go" jamais la tension ne cesse réellement. L'enregistrement est un peu à la fois un best of et l'instantané d'un moment unique, en tout cas un grand moment de la musique.
Jouer dans une prison n'est pas chose simple Johnny le fera deux fois. L'expérience sera renouvelée à saint quentin. Les rééditions CD les ont couplé sur la même rondelle. On ne s'en plaindra pas.

Du grand Cash. Une de ses plus grandes pièces et pour certains le plus grand live de l'histoire de la musique. Ma foi pourquoi pas ?


Parfait   17/20
par Mozz


 Moyenne 18.67/20 

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Posté le 03 novembre 2006 à 17 h 28

At Folsom Prison est à Cash ce que le spleen est a Baudelaire.

Quel est le point commun entre Johnny Cash et les détenus de Folsom ?
La prison. Car autant celle des prisonniers est faite de béton armé de mâtons et de barbelés, autant celle de Cash sommeille au fond de lui en enfermant ces vieux démons.

Le sénateur de l'époque, Reagan donne son accord, et voilà Cash qui embarque tout son petit monde avec lui, Grant, Holland, les deux Perkins, la belle June et sa famille à Folsom. Johnny Cash se présente sobrement, et le concert démarre avec le fameux et légendaire "Folsom Prison Bues", l'histoire d'un type qui a buté un gars à Reno juste pour le fun, pour voir ce que sa faisait, pour finir par se lamenter derrière les barreaux, on a droit au glauquissime et mélodique "Cocaine Blues", dans la quelle Cash raconte un type un peu trop poudré du nez qui bute sa femme, puis, l'homme en noir et ses acolytes changent de vitesse et cavalent avec un "25 Minute To Go" terrible d'humour noir qui raconte l'histoire burlesque d'un condamné à mort... certains pourraient trouver cela un peu déplacer, nous sommes dans un pénitencier tout de même ! Mais les détenus en ont raffolé ! Toujours au programme, de la mélancolie douloureuse avec "Send A Picture Of Mother" et le magnifique "I Still Miss Someone". Cash redémarre en duo avec la belle June qui vient le rejoindre sur scène, égale à elle même, pétillante, marrante, naturelle et avec beaucoup d'autodérision quand ce dernier la taquine sur scène avant d'entamer le légendaire "Jackson" qui ravive l'ambiance de folie encore d'un cran...

Cet enregistrement est des plus détonnant, car en l'écoutant on se sent catapulté à Folsom, (car on s'y croirait vraiment !). On se sent au milieu des prisonniers, dans le publique, mêlé aux cris d'encouragement, on martèle le sol de ses pieds très fort et en cadence, on rigole volontiers aux vannes de Cash entre deux titres, ça siffle, ça chante, Cash redonne de la vie à des gars dont le destin sera soit de passer sur la chaise, soit de croupir à Folsom... Voilà ce qui m'aura toucher en premier lieu chez Cash c'est qu'il a voulu chanter pour des loosers, des types dont on ne veut pas, des types qui ont tout raté ? Jusqu'à leur propre existence... D'où cette complicité naturelle que l'on sent et entend tout au long du concert dans le pénitencier.

La musique et le son de Johnny Cash c'est '...régulier comme un train, aiguisé comme un rasoir'. (June Carter)
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 22 février 2007 à 17 h 38

Je découvre avec surprise, et un plaisir certain, une fiche sur Johnny Cash sur XSilence. Parmi sa longue discographie, je n'avais choisi qu'un seul album live, écouté des dizaines de fois sur la route, de nuit. Sur un bon ampli, on peut entendre s'extasier un public de taulards peu fréquentables, mille fois conquis par le charisme ravageur de Cash. Quelle idée plutôt saugrenue de venir jouer dans une prison. Pourtant l'ambiance qu'il y règne ce 13 janvier 1968 At Folsom Prison est vraiment remarquable, et la basse de Marshall Grant vous fait taper du pied avec rage. Tous les textes ont un lien direct avec le monde carcéral et la monotonie de la vie derrière les barreaux -Cash en avait fait l'amère expérience- c'est dire l'hystérie collective que cela provoque. "Folsom Prison Blues" vous plonge immédiatement dans l'arène. Quelle prestation, et quel rythme ! Dix-neuf pistes de sueur intense et de bonne musique à l'ancienne. Immortel, à ne pas en douter.
Intemporel ! ! !   20/20







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