Johnny Cash

I Walk The Line

I Walk The Line

 Label :     Columbia 
 Sortie :    mai 1964 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Régulièrement, le fantôme de Johnny Cash me rend visite pour que l'on revisite ensemble son impressionnante discographie.

Dylanesque : C'est quoi ce bordel ? Encore les mêmes putains de chansons, sérieusement ?

Johnny Cash : Oui. Et non. Ces putains de chansons étaient tellement parfaites que Columbia m'a demandé de les refaire. Histoire d'obtenir définitivement les droits de publication de mes grands classiques enregistrés chez Sun. Alors en compagnie de mes vieux side-kicks Luther et Marshall et des meilleurs musiciens que l'argent d'un gros label pouvait m'offrir, j'ai tout refait.

Dylanesque : D'un point de vue économique, je comprends la manœuvre. En pleine Beatlemania, Columbia n'a voulu prendre aucun risque et proposer aux américains de bonnes grosses tranches de Cash authentique. Et ça a marché puisque le disque s'est retrouvé à la première place des charts country. Mais d'un point de vue musical, l'intérêt de ces remakes est limité. "I Walk the Line" est moins nerveux, "Folsom Prison Blues" sent un peu le renfermé, "Hey Porter" et "Big River" sont de simples copies. Franchement, mieux vaut s'en tenir aux originaux.

Johnny Cash : Sauf que ceux qui ont entendu ces versions en premier auront toujours plus d'affection pour les remakes. C'est ainsi que fonctionne l'oreille humaine.

Dylanesque : Cela dit, les versions de 64 ont un peu disparues de l'inconscient collectif et ce sont bien les versions Sun que l'on peut entendre à droite à gauche. Rendant ainsi cet album totalement dispensable.

Johnny Cash : Pas si vite, gamin. Il y a aussi des inédits.

Dylanesque : Qu'on peut trouver ailleurs. Mais parlons-en tant qu'on y est : "Bad News" est une chanson de John D. Loudermilk qui semble bien vous faire rigoler. Vous étiez bourré en enregistrant ça ou quoi ?

Johnny Cash : Disons que je passais un bon moment.

Dylanesque : "Understand Your Man" est l'une de vos compositions. Peut-être celle dont le texte a le plus mal vieilli puisque vous implorez une femme de fermer sa gueule et de vous obéir.

Johnny Cash : On peut plus rien dire aujourd'hui...

Dylanesque : Si on ferme les yeux sur son aspect misogyne, on a une mélodie country ultra-catchy et de belles harmonies de la part de la Carter Family.

Johnny Cash : Et le gars qui tient la steel guitar n'est autre que Don Helms, qui jouait avec Hank Williams.

Dylanesque : La classe. Tout comme le gospel "Troublesome Waters", écrit par Maybelle Carter. Votre interprétation, les chœurs, la ligne de basse, c'est la seule vraie surprise de cet exercice commercial qui, en 2018, ne sera digne que des complètistes.

Johnny Cash : C'était un mal pour un bien : après ça, Columbia m'a laissé faire tout ce que je voulais : des albums concepts sur le massacre des indiens ou le système ferroviaire. Des concerts live en prison.

Dylanesque : Ah oui, la suite est merveilleuse. Et déjà chroniqué ici depuis longtemps. Je dirais même que la période 64-69 est la plus passionnante chez vous. En attendant, je mets un 14/20 pour bien faire comprendre que les chansons sont merveilleuses mais que le disque est une arnaque.

Johnny Cash : Pas mieux.


Sympa   14/20
par Dylanesque


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