Johnny Cash

The Sound Of Johnny Cash

The Sound Of Johnny Cash

 Label :     Columbia 
 Sortie :    août 1962 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Régulièrement, le fantôme de Johnny Cash me rend visite pour que l'on revisite ensemble son impressionnante discographie.

Johnny Cash: Qu'est ce que je suis beau sur cette pochette.

Dylanesque : Euh... C'est une belle photo.

Johnny Cash : De Leigh Wiener si je me souviens bien. Tu peux vérifier sur Wikipédia ?

Dylanesque : Leigh Wiener, c'est bien ça. Et d'après Wiki, ce douzième album compile vos sessions pour Columbia entre avril 61 et février 62.

Johnny Cash : C'est bien ça. La période où je tourne la page Sun pour de bon. J'ai même refait de nouvelles versions de mes classiques comme "Walk the Line" et "Folsom Prison Blues" mais on finira par les mettre de côté.

Dylanesque : Tant mieux. Je commençais doucement à en avoir marre d'entendre toujours les mêmes morceaux, aussi cultes soit-ils.

Johnny Cash : Quand on m'aime, on ne compte pas. Un bon traditionnel, il peut se réenregistrer plusieurs fois. Surtout quand on vieillit et qu'il prend un sens nouveau. C'est pour ça que, dans les années 90, je finirais aussi par reprendre "Delia's Gone" et "I'm Free from the Chain Gang Now", dont on retrouve ici mes premières versions.

Dylanesque : "Delia's Gone" est sublime. Je crois même préférer l'original à la version American Recordings, plus forcée. Et pour le reste, on est sur du filler de haute qualité, surtout pour les reprises. Comme celle du tube country "I Forgot More Than You'll Ever Know", popularisé par Skeeter Davis et également repris par votre disciple Bob Dylan. Et même si vous modifiez légèrement les paroles, vous ne faites qu'une bouchée d'"In the Jailhouse Now" de votre idole Jimmy Rodgers. En fait, la prison (dont vous vous échappez dans le titre d'ouverture "Lost in the Desert"), c'est vraiment votre sujet de prédilection.

Johnny Cash : Oui même si, à l'époque, j'étais encore assez sage. "In the Jailhouse" sera le single et se classera à la 8ème place des charts country et m'a permis peu à peu de m'imposer dans le milieu. Partir en tournée avec la Carter Family, ça m'a aidé aussi.

Dylanesque : À vous taper leur fille.

Johnny Cash : On en était pas encore là avec June. On étais tous les deux mariés alors on se contentait de flirter gentiment.

Dylanesque : Oui, j'ai vu le biopic avec Joaquin Phoenix, merci bien. Vous en pensez quoi d'ailleurs ? Moi, j'ai bien aimé les performances mais scénario et structures sont d'un classicisme vraiment barbant. J'ai eu l'impression de regarder une page Wikipédia justement.

Johnny Cash : Y a beaucoup de raccourcis et d'âneries, oui. Et on parle pas assez de musique. Mais ça aura au moins permis de me remettre sur le devant de la scène et de permettre à mes ayant-droits de recevoir de gros chèques. Alors je vais pas cracher dans la soupe au navet.

Dylanesque : En tout cas, The Sound of Johnny Clash est délicieux. Qu'il s'agisse de vos compositions ("You Remembered Me" et "Sing It Pretty Sue") ou de vos hommages ("In Them Old Cottonfields Back Home" de Lead Belly, à la limite de l'appropriation culturelle mais respectueux quand même). Ma favorite reste "Mr Lonesome" de Tompall Glaser. Elle vous va drôlement bien.

Johnny Cash : Merci. Mais mon son, c'est aussi le son de mes gars sûrs Luther Perkins et Marshall Grant et celui du meilleur pianiste qui ait visité les studios de Colombia, le trop méconnu Floyd Cramer.

Dylanesque : À ta santé Floyd !

Johnny Cash : Il est mort d'un cancer des poumons au Nouvel An 97.

Dylanesque : Raison de plus.


Parfait   17/20
par Dylanesque


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