Johnny Cash

Sings Hank Williams

Sings Hank Williams

 Label :     Sun 
 Sortie :    jeudi 15 septembre 1960 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Chaque semaine, le fantôme de Johnny Cash me rend visite pour que l'on revisite ensemble son impressionnante discographie. Aujourd'hui, un disque de reprises qui n'en est pas vraiment un.

Dylanesque : Deux ans après votre rupture avec Sam Phillips, Sun continue de sortir vos disques. Ici, il s'agit d'enregistrements datant de 55 à 58 qui forment un bon vieil album de reprises. Exercice ancestral qui, comme le prouve Dylan avec son obsession Sinatra, continue d'avoir ses adeptes jusqu'en 2017.

Johnny Cash : Oui mais non. Vous n'avez pas écouté l'album correctement.

Dylanesque : Bah si, pourquoi ?

Johnny Cash : Ce n'est pas un album de reprises. Je sais que le titre est trompeur mais si vous aviez fait votre boulot mon vieux, vous auriez vu que 60% des morceaux de l'album sont des compositions.

Dylanesque : Ah oui, pardon. Mais comprenez qu'on puisse se méprendre, c'est de la publicité mensongère de la part de Sun. Qui ose en plus faire du remplissage en glissant pour la troisième fois les déjà célèbres "Folsom Prison Blues" et "Walk the Line" ainsi qu'un "I Love You Because", déjà popularisé par votre petit camarade le King.

Johnny Cash : Fallait bien que Sam Phillips écoule les stocks. En piochant donc dans les divers hommages à mon héros que j'ai pu enregistrer dans son petit studio. Je sais pas si vos lecteurs sont familiarisés avec le génie d'Hank Williams...

Dylanesque : Si et pour ça on peut remercier Yo La Tengo, The The ainsi que les Cowboy Junkies pour leur magnifique reprise de son "I'm So Lonesome I Could Cry".

Johnny Cash : Les Cowboy Junkies ? Qu'on soit clair : c'est moi le cowboy junkie.

Dylanesque : Hank Williams était pas mal dans son genre aussi. Le premier outlaw, mort dans sa limousine le jour de l'an 1953 à force de tirer sur la corde. Avec Jimmie Rodgers, c'est une figure incontournable de la musique américaine. Un type qui, comme vous, pouvait convoquer tous les sentiments humains dans des chansons de trois minutes. Et puis cette voix...

Johnny Cash : Avouez que mon timbre plus chaleureux redonne un charme fou à des classiques comme "Hey Good Lookin'" ou "You Win Again". Je me suis également permis de déterrer l'un de ces morceaux les moins connus, le superbe "I Could Never Be Ashamed of You". Je voulais que la nouvelle génération fan de rock'n'roll se souvienne du grand monsieur sans qui je ne serais jamais devenu musicien.

Dylanesque : Soyez rassurés, comme avec Robert Johnson, chaque génération aura le droit à sa piqûre de rappel. Et si votre hommage est très honorable, je conseille avant tout l'écoute de l'œuvre originale du Shakespeare hillbilly. Quand à cet album, il vaut surtout le détour pour "Give My Love to Rose", l'une de vos plus belles compositions.

Johnny Cash : Merci, elle deviendra par la suite un incontournable sur scène. Mais permettez moi aussi de citer la chaleureuse "Come In Stranger" et le boogie woogie "Straight A's in Love".

Dylanesque : Deux singles qui ne feront pas grande sensation dans les charts.

Johnny Cash : C'est toujours ça de pris.

Dylanesque : Notons aussi que la réédition de 2003 propose deux autres reprises de Williams ("Cold Cold Heart" et "I Heard That Lonesome Whistle Blues") ainsi qu'une autre composition méconnue, l'honorable "Wide Open Road", digne cousine d'"I Walk the Line".

Johnny Cash : Et pourquoi un 16/20 ? Vous voulez mon poing dans votre gueule ?


Très bon   16/20
par Dylanesque


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