Eels

Extreme Witchcraft

Extreme Witchcraft

 Label :     E Works 
 Sortie :    vendredi 28 janvier 2022 
 Format :  Album / CD  Vinyle  Numérique   

Eels a toujours été un groupe émouvant. C'est son attrait principal, son argument de vente numéro 1. Un album de Eels sera plus facilement écouté au casque au milieu d'une insomnie qu'en fond sonore d'une soirée barbecue bières. Oh oui, il y a bien des "Souljacker Part 1" ou autre "Tremendous Dynamite" pour prouver que toutes les généralisations sont fausses (celle-ci incluse) mais trêve de mauvaise foi, on ne met pas un album de Eels pour secouer son derrière, on le met pour exorciser ses démons. D'exorcisme et sorcellerie, il semble en être question sur ce nouvel album pour lequel M.O. Everett refait équipe avec John Parish, 20 ans après Souljacker, et annoncé comme une réaction épidermique et rock'n'roll au toujours aussi craquant Earth to Dora. A la première écoute de cet Extreme Witchcraft, force est d'admettre que le terme extrême exagère excessivement tant on retrouve tous les tics d'écriture du (faux) groupe et on peine à retrouver la folie des grandes chansons concoctées avec Parish 20 ans avant ("That's not really funny", "Fresh Feeling", "Bus Stop Boxer", "Dog Faced Boy", "Souljacker part 1"). Eels au numéro, toujours constellé de bijoux mélodiques ("Stumbling Bee", "Strawberries And Popcorn", "Learning While I Lose") où l'on recycle des plans bien rodés y compris ceux auxquels on ne sait pas résister (le final générique de fin tourné vers l'espoir de "I Know You're Right" est comme un passage obligé des albums de Eels, son barrel shot de James Bond ou le texte déroulant des Star Wars). Pour la première fois, E ne semble pas avoir de grand concept à défendre ni de leçons de vie à partager... et c'est face à cette réflexion que l'album prend tout son intérêt : on y entend un (vrai) groupe soudé par des années sur scène qui s'amuse sur des riffs bluesy faciles mais jouissifs ( "Grandfather Clock Strikes Twelve", "Steam engine", "The Magic"), et l'on joue à crier ("What It Isn't", "Better Living Through Desperation") et à la bataille d'eau musicale ("Amateur Hour", "Good Night On Earth") en prenant toujours soin de ne pas dépasser les 3 minutes 30 réglementaires. Tant pis pour nos espoirs d'un nouveau Souljacker ou Wonderful Glorious (le petit grand disque oublié de 2013), tant pis pour nos nuits blanches, cette fois-ci Eels s'est invité à nos soirées d'été et c'est avec joie qu'on exorcisera l'extrême sorcellerie en dansant autour du feu (du barbecue).


Sympa   14/20
par Granpa


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