Eels
Electro-shock Blues |
Label :
Dreamworks |
||||
En 1996, on avait découvert un Eels enjoué pour son 1er album Beautiful Freak qui avait connu un succès immédiat et mérité. Son deuxième opus révéle un impressionnant changement de décor, la faute à une année plus que noire, obscurcie par des drames familiaux : suicide de sa soeur et maladie mortelle de sa mère entre autres, excusez du peu.
En 16 chansons, E consigne toute sa peine et sa détresse comme il l'aurait fait dans un journal de mort, entre complaintes sous chimiothérapie et blues funéraire. Sa détresse et l'impuissance qui le taraudent, y sont extrêmement touchantes et prouvent encore une fois que beaucoup de très belles choses naissent du plus noir. Les compositions confirment le talent de E à ciseler des mélodies malignes et accrocheuses, même si, ici, elles ne sont que prétexte à ces textes maladroits, parfois naïfs mais tellement courageux.
En 16 chansons, E consigne toute sa peine et sa détresse comme il l'aurait fait dans un journal de mort, entre complaintes sous chimiothérapie et blues funéraire. Sa détresse et l'impuissance qui le taraudent, y sont extrêmement touchantes et prouvent encore une fois que beaucoup de très belles choses naissent du plus noir. Les compositions confirment le talent de E à ciseler des mélodies malignes et accrocheuses, même si, ici, elles ne sont que prétexte à ces textes maladroits, parfois naïfs mais tellement courageux.
| Bon 15/20 | par Sera |
Posté le 25 novembre 2005 à 10 h 21 |
Electro-Shock Blues s'ouvre sur "Elizabeth On The Bathroom Floor" et tout de suite, quelque chose se produit. La chanson est triste mais il y a quelque chose en plus, quelque chose qui dérange, qui met mal à l'aise en même temps que quelque chose de poignant. Le décor est posé, nous sommes ici au fin fond de mal-être humain, au point de rupture, là où il n'y a qu'un pas à franchir avant l'irréparable. Les mots oublient la métaphore ou l'allégorie, le réalisme de la scène décrite fait froid dans le dos, l'arpège est triste, lent, froid comme 'the bathroom floor' ...
Dans ce disque, Mark-Oliver Everett conte la descente aux enfers de sa soeur -qui aboutira à son suicide- ainsi que la maladie de sa mère en se plaçant de leur point de vue. De manière étonnante, ces sujets hautement casse-gueule ne virent jamais dans le glauque ou le lyrisme forcé.
La production, excitante et tordue à souhait, souligne ce mal-être sur les perturbants "Going To Your Funeral Part 1" et son insoutenable dernier couplet ou "Cancer For The Cure". Une barrière se créé et elle peut paraitre infranchissable tant le mal-être suinte de tous les pores du début du disque (cf: l'évocateur "My Descent Into Madness"), on est ici au coeur même de la psyché tourmentée d'Elizabeth Everett et l'intensité commence à paraitre insoutenable lorsqu'arrive "3 Speed". Chanson simple, dépouillée au maximum évoquant des moments plus heureux, le texte venant directement du journal intime de feu Melle Everett.
A partir de là, on sait que Eels va nous emmener plus loin, qu'il y aura la lumière au bout. Cette chanson est le point tournant de toute la carrière du groupe, rien de moins.
Le disque monte en régime, naviguant entre spleen baudelairien ("Hospital Food") et bluettes adolescentes ("Electro-Shock Blues", encore tirée du journal ).
La deuxième partie commence avec "Last Stop : This Town". Fin de la souffrance morale et début de la souffrance physique, de l'agonie. "Dead Of Winter" et "The Medication Is Wearing Off" (qui répond à "Novocaine For The Soul") distillent la peine causée par l'imminente perte d'un être cher -emporté par la maladie- alors que "Ant Farm" et "Climbing To The Moon" s'imposent par leur simplicité à fleur de peau.
Et quand tout est fini, lorsqu'il ne reste que le chagrin "PS : You Rock My World" clot le disque en donnant la solution: vivre. Comme prévu, la lumière est au bout du message de M-O Everett.
De loin l'album le plus émouvant de Eels, Electro-Shock Blues ne cache rien, oublie le cynisme. Le disque n'est finalement pas l'histoire de la mort, mais celle du trou dont on essaie de se sortir. L'album de la vie.
L'album d'une vie.
Dans ce disque, Mark-Oliver Everett conte la descente aux enfers de sa soeur -qui aboutira à son suicide- ainsi que la maladie de sa mère en se plaçant de leur point de vue. De manière étonnante, ces sujets hautement casse-gueule ne virent jamais dans le glauque ou le lyrisme forcé.
La production, excitante et tordue à souhait, souligne ce mal-être sur les perturbants "Going To Your Funeral Part 1" et son insoutenable dernier couplet ou "Cancer For The Cure". Une barrière se créé et elle peut paraitre infranchissable tant le mal-être suinte de tous les pores du début du disque (cf: l'évocateur "My Descent Into Madness"), on est ici au coeur même de la psyché tourmentée d'Elizabeth Everett et l'intensité commence à paraitre insoutenable lorsqu'arrive "3 Speed". Chanson simple, dépouillée au maximum évoquant des moments plus heureux, le texte venant directement du journal intime de feu Melle Everett.
A partir de là, on sait que Eels va nous emmener plus loin, qu'il y aura la lumière au bout. Cette chanson est le point tournant de toute la carrière du groupe, rien de moins.
Le disque monte en régime, naviguant entre spleen baudelairien ("Hospital Food") et bluettes adolescentes ("Electro-Shock Blues", encore tirée du journal ).
La deuxième partie commence avec "Last Stop : This Town". Fin de la souffrance morale et début de la souffrance physique, de l'agonie. "Dead Of Winter" et "The Medication Is Wearing Off" (qui répond à "Novocaine For The Soul") distillent la peine causée par l'imminente perte d'un être cher -emporté par la maladie- alors que "Ant Farm" et "Climbing To The Moon" s'imposent par leur simplicité à fleur de peau.
Et quand tout est fini, lorsqu'il ne reste que le chagrin "PS : You Rock My World" clot le disque en donnant la solution: vivre. Comme prévu, la lumière est au bout du message de M-O Everett.
De loin l'album le plus émouvant de Eels, Electro-Shock Blues ne cache rien, oublie le cynisme. Le disque n'est finalement pas l'histoire de la mort, mais celle du trou dont on essaie de se sortir. L'album de la vie.
L'album d'une vie.
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