Queens Of The Stone Age

Villains

Villains

 Label :     Matador 
 Sortie :    vendredi 25 août 2017 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Ce Villains a la capacité de soulever plusieurs interrogations :

Queens Of The Stone Age ont-ils décidé de devenir commercial ? Pas vraiment ; touché un public encore plus grand ? Certainement ! Mark Ronson a sûrement été choisi dans cette optique, il a le vent en poupe, il a permis à des millions de personnes de bouger leurs culs et Josh Homme veut que le monde bouge son boule, alors il n'a pas dû réfléchir bien longtemps avant de l'appeler. Sauf que le cas QOTSA/Mark Ronson, ça rappelle quand même pas mal l'association The Black Keys/Danger Mouse... El Camino ça vous dit quelque chose ? N'est-ce pas là le réel point de départ de la discorde entre les fans du groupe et certaines critiques ? Villains semble prendre le même chemin ; une production plus poli/soignée/liftée, moins osée, des sons connus pour être généralement efficaces (le clap ? 9 chances sur 10 que ça marche !), on n'agresse pas trop les oreilles, on ne noie pas le son même si on rajoute des effets électroniques par-ci par-là ("Un-Reborn Again" la patte Dean Fertita sans la dangerosité des Dead Weather), on rend les riffs les plus mordants en petites pichenettes – ça ne fait pas mal les pichenettes, mais à la longue ça commence à agacer – bref on fait en sorte de rendre la bête plus belle. Ça ne peut marcher qu'à une seule condition : la qualité primaire des compositions. Et en ce sens c'est comme pour El Camino, les chansons sont pour la plupart réussies, les bonnes idées sont bien là, mais il faut un peu creuser. Est-ce bon de devoir faire ce travail ? Un album se mérite-t-il ou doit-il être immédiat ? Bon, parfois il semble être inutile de se la jouer spéléologue ("Hideaway" semble être un cas désespéré), tandis que si l'on donne sa chance à d'autres ("Domesticated Animals" / "Fortress" / "The Evil Has Landed" du pur Homme pour qui est en quête / "Villains Of Circumstance" placée au meilleur endroit) on risque de s'étonner à avoir une forte envie de réécoutes intensives !

Villains est-il une tentative de renouvellement ? Plutôt d'évolution. Et c'est ce que Homme & co font et continueront sûrement de faire les prochaines années. Nul besoin de rester exclusivement dans le stoner une fois qu'on estime en avoir fait le tour, c'est naturel de vouloir explorer de nouvelles sonorités lorsque l'on a un esprit ouvert. On le sait depuis longtemps que la tête pensante a un faible pour le glam-rock et la pop-électro, alors est-ce vraiment une surprise qu'il essaye de les incorporer dans son univers musical ? Après, une autre question serait de savoir si les fans toujours présents en 2017 ont autant d'ouverture d'esprit que le grand roux pour apprécier les rythmes et riffs dansant de "Feet Don't Fail Me" / "The Way You Used To Do" ou encore les harmonies vocales de "Fortress" ?

Et pourquoi Jon Theodore ? Quiconque ayant entendu les 3 premiers disques de Mars Volta sait ce que ce monstre de la batterie est capable de réaliser ("Tetragrammaton" sur Amputechture)... Et pourtant il semble être quelque peu sous-exploité dans la bande à Homme. Tout donner en live c'est très bien, mais ce qui reste généralement pour l'éternité c'est bien ce que l'on grave sur la galette, alors pourquoi autant de retenue ? Et pourquoi ce putain de son poli ? (Mark Ronson bis) Vous les entendez toujours les cymbales si vous ne tendez pas l'oreille ? "Domesticated Animals" / "Head Like A Haunted House" arrivent presque à rendre compte de la frappe brute de Jon et pourtant ce n'est pas assez, c'est frustrant ! Prenons exemple sur la batterie d'Era Vulgaris, ce son à la limite du propre/sale aurait fait tâche sur Villains ? Pas sûr. "The Evil Has Landed" avec une batterie plus cracra, le petit bijou que ça aurait pu être... Autre hypothèse concernant la certaine mise en retrait de ses capacités, il se peut qu'il ait envie de faire l'inverse de la carrière d'un certain Simon Kirke, expert/brillant dans son jeu tout en retenue avec Free et éclatant/essentiel avec Bad Company... Jon prend de l'âge, on va dire que c'est çà... Ronson n'y est pour rien là-dedans...

Il est clair que la grosse tache ici c'est la production... Quand on reviendra sur la carrière du groupe, si Homme sera toujours vivant à ce moment-là, on verra s'il sera toujours satisfait de son choix ou s'il pensera avoir donné un peu trop de liberté à Mark Ronson... La production tout simplement, c'est le plus simple résumé que je peux faire pour justifier les vrais défauts de ce disque ; le niveau des compositions reste haut, le Josh il n'est pas encore prêt à manquer de bonne inspiration, les idées sont là, elles sont bien assemblées, le disque est homogène ; si l'on continue à suivre le groupe pour sa capacité à évoluer, Villains a tout pour plaire, si l'on recherche le retour aux sources, inutile de s'attarder plus loin que l'intro, si l'on veut retrouver le "son QOTSA", il est là, on l'a modifié, mais écoutez avec les bonnes oreilles, il est toujours là et ça fait bien plaisir !

En réalité la seule chose un peu cradingue dans cet objet ça reste la pochette signée une nouvelle fois par Boneface... Et encore il y a un doigt de trop de levé...


Très bon   16/20
par Beckuto


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