Queens Of The Stone Age

Lyon [Halle Tony Garnier] - mardi 12 novembre 2013

Ca y est, l'hiver a jeté son dévolu sur notre beau pays, et on se pèle les miches rien qu'à regarder dehors. Pourtant, mon coeur est joie en ce soir de novembre, et les bourrasques glaciales qui frappe mon imberbe torse ne saurait faire vaciller la flamme qui y brûle : ce soir je vais enfin voir les reines du désert, les buveurs de cactus à poils roux, les Queens Of The Stone Age quoi.

Ambiance fébrile pendant l'attente devant la scène, et ça y va de sa théorie sur la meilleure chanson d'ouverture, et à quel grand cru tiré de l'éponyme va t'on avoir droit ce soir.

20h pile, les lumières s'éteignent d'un coup, la tension monte en flèche : pétard mouillé, ce n'est "que" la première partie, power-trio chevelu répondant au doux nom de Band of Skulls, qui entament leur set nonchalamment sans un signe à la foule. Une prestation sympathique, qui rappelle forcément vaguement ce qui va suivre, mais sans plus. Je reste sur les dents, alors que l'attente se fait de plus en plus longue. 45 minutes après le départ des Crânes, des techniciens s'affairent encore sur la scène, et le public gronde. Et ils arrivent enfin.

Ou devrais-je dire, IL arrive. Notre rouqmoute préféré s'extrait en dernier des loges et enfile sa guitare en contemplant d'un air à la fois satisfait et défiant les mains qui se tendent vers lui. A peine le temps de lui scander mon amour, le groupe entame un "Medication" aussi survolté qu'inattendu, et la foule se met à bondir méthodiquement. Sans transition, "Keep Your Eyes Peeled" tente de matraquer nos ardeurs naissantes, mais la fosse refuse d'écouter et préfère sauter à chaque sursaut de guitare. "Millionaire" et "No One Knows", impeccables, sont jouissives. Mais encore mieux, c'est ce bon vieux "Avon" de derrière les fagots qui nous prend tous à la gorge et manque de me voir terminer sans chaussure droite ni lunettes, alors que ma nuque accuse la réception d'un impromptu fêtard. Josh nous interpelle une première fois pour s'assurer que la soirée se déroule à notre convenance. Encore 3 chansons extraites du dernier album, avec lequel j'ai encore un peu de mal, mais qui permet de recouvrer son souffle un temps soit peu, alors que la foule, hagare, scande chaque refrain. Seconde bonne surprise avec "I Never Came" puis "In The Fade", où Josh se mesure avec brio au timbre Laneganien. "If I Had a Tail" est un bon single et passe en souplesse, mais le véritable tour de force réside en "Kalopsia", très Bowie-esque, qui navigue entre sérénade aérienne et break carnassier, pour le plus grand bonheur des pogoteurs qui font loi ce soir. "Little Sister" assène une fois de plus un rythme effréné à la masse grouillante et humide dans laquelle je me trouve et ravive les velléités d'aventure de mon soulier, me forçant à battre en retraite un instant. "Smooth Sailing", sans aucun doute le meilleur effort du dernier-né, insuffle un groove dansant à la salle, entretenu par le classique "Make It Wit Chu", où j'en profite pour enfin déclarer ma flamme à l'Homme.

Le truc pratique avec ce groupe, c'est qu'il suffit de tendre l'oreille aux effets gratouillés juste avant une chanson pour savoir à laquelle s'attendre; les hurlements de clavier propres à "Sick, Sick, Sick" m'engage à m'excentrer encore un peu plus pour m'assurer une fin de soirée entièrement chaussée, et je ne m'y trompe pas : la chanson sera un massacre pour les malheureux restés au milieu. "Better Living Through Chemistry" est agrémentée de douces senteurs d'herbes de Provence grâce à des voisins adeptes de cuisine méditerranéenne, et le marathon se termine par la reine des Reines : "Go With The Flow". C'est bien simple, la foule ne fait plus qu'un, et hurle les paroles d'un bout à l'autre. Quel bonheur. Josh Homme nous remercie et la scène s'éteint.

Pas pour longtemps bien sûr, car même le novice que je suis sait qu'il n'existe bien qu'un seul et unique titre à même de clôturer une performance des Queens. De ce fait, les deux derniers extraits feront office de préparation mentale et physique pour le final en apothéose. Une violence salvatrice. La frappe herculéenne du nouveau batteur nous envoie la meilleure intro de tous les temps en plein dans les incisives et le bordel que fut "A Song for the Dead" se passe de mots.

Je suis content.


Parfait   17/20
par Lulum


  Setlist :

Medication
Keep Your Eyes Peeled
You Think I Ain't Worth a Dollar, but I Feel Like a Millionaire
No One Knows
Avon
My God Is the Sun
I Sat by the Ocean
...Like Clockwork
I Never Came
In the Fade
If I Had a Tail
Kalopsia
Little Sister
Smooth Sailing
Make It Wit Chu
Sick, Sick, Sick
Better Living Through Chemistry
Go With the Flow
>>>>
The Vampyre of Time and Memory
I Appear Missing
A Song for the Dead


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