New Order

Substance 1987

Substance 1987

 Label :     Factory 
 Sortie :    mardi 11 août 1987 
 Format :  Compilation / CD  Vinyle  K7 Audio   

A ne pas confondre avec la compilation homonyme de Joy Division, ce Substance 1987 est la double compil définitive et indispensable pour qui veut approcher l'étape formatrice de New Order, 1981-1987.

Substance 1987 capte l'essence qui a fait de New Order un grand groupe : à savoir, un talent de composition pop qui ne renonce pas à l'introspection malgré l'accessibilté comerciale, et la combinaison de rythmes électroniques proches des tendances clubbing de l'époque et des guitares torturées caractéristiques du rock indé et du post-punk des années 80.
Imaginez alors Joy Division post-Curtis, débarquant en Studio avec de vieux macintoshs, boites à rythmes et autres synthés sous les bras, pour vous figurer le son innovateur de New Order.
Substance 1987 receuille ainsi une trajectoire musicale marquée par une constante évolution tecnhnique qui ne renie pas ses origines indie rock, et une certaine sensibilité héritée de Joy Division.
Début donc, avec leur premier single "Ceremony", une triste piéce proche du post-punk de Joy Division avec un Sumner peu à l'aise remplaçant Curtis, puis "Temptation" (revisitée ici), superbe piéce techno-pop entrainante à la mélancolie toute en retenue dérriere des riffs torturés.
"Blue Monday" l'insolent tube techno-dance atmosphérique du siécle passé (aussi remixé), "The Perfect Kiss" perle pop commerciale, l'hymne club underground "Sub Culture", et enfin leur plus belle chanson pop électronique "Bizarre Love Triangle" au titre et paroles insolites pour une merveilleuse mélodie chantée par la voix imparfaite et indolente de Sumner.
La seconde partie de la compil regroupe des thèmes plus expérimentaux, qui se récreent dans des ambiances plutôt sombres et opressives, plus proches des derniers travaux de Joy Division. A signaler "The Beach", une autre version de "Blue Monday", et une trés bonne version instrumentale de "Thieves Like Us".

Auteur d'un pop rock mélancolique et torturé, intimiste mais fêtard, New Order a su grandir avec le mouvement électronique, distillant des tubes clubbing excitants et féderateurs, devenant par ce fait les icônes de Manchester et d'une décennie unique, débridée et spontanée.
Allergiques des synthés et electro clashs des eighties, secouez donc ces préjugés d'une décennie kitch et ringarde !!
Moi j'adhére totalement.


Parfait   17/20
par Shinairod


 Moyenne 15.00/20 

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Posté le 24 novembre 2007 à 17 h 59

Ce Substance de New Order fait écho à la compilation de Joy Division du même nom, ou plutôt c'est l'inverse, car cette dernière est sortie en 1988.
Cette compilation, sous la forme d'un double CD (un des premiers CD que j'ai achetés, avec le Staring At The Sea de The Cure) présente des morceaux pour la plupart inédits, notamment des singles ne figurant sur aucun album, de 1980 à 1987. Le premier CD contient les faces A tandis que le second est composé de faces B – souvent meilleures d'ailleurs.
Comme toujours avec New Order, la pochette est très minimaliste (difficile de faire plus épuré !), il n'y a pas de booklet et encore moins de photo du groupe qui tient décidément à rester dans l'anonymat.
Le premier CD s'ouvre par "Ceremony" (repris récemment par Radiohead), un morceau écrit du temps de Joy Division mais jamais enregistré (si je ne m'abuse), et qui garde l'empreinte de ce groupe, Bernard Albrecht essayant d'imiter Ian Curtis, avec une basse toute en circonvolutions et une guitare incisive. Très bon titre. Dès le second morceau, "Everything's Gone Green", l'évolution est spectaculaire : apparition du synthé, batterie très caractéristique, qui influencera certainement la vague baggy de Madchester à la fin des années 80. "Temptation", un classique, commençant par des "hou hou hou, hou hou", est un classique, qui continue dans la même veine, mais encore plus pop (mais tout aussi froid). "Blue Monday" est le classique par excellence de New Order, et même le maxi 45 tours le plus vendu de tous les temps ! Le tour de force est d'avoir transformé un morceau de disco italien (dont ils se sont inspirés) en quelque chose d'électronique et surtout très froid tout en restant dansant. "Confusion" est un morceau aussi dansant (mais sans la tension et le côté robotique), mais plus funk, et beaucoup moins réussi, sans guitare et presque sans basse, avec des effets électroniques et une batterie électronique kitsch. "Thieves Like Us" continue dans la même veine disco-funk électronique, seule la basse (peu présente) est digne d'intérêt. C'est vraiment l'aspect de New Order que j'aime le moins, et même que je déteste. "Perfect Kiss" est tout aussi insupportable, avec ses percussions électroniques (dommage qu'un batteur aussi excellent soit cantonné à ce rôle), sa basse électronique faussement slappée et ses synthés kitsch. Dommage car la mélodie n'est pas mauvaise. "Subculture" est présenté dans une version différente de celle de l'album Low Life, moins rapide, moins concise, moins froide, et beaucoup moins bonne, avec des chœurs dignes des pires groupes funky. "Shellshock" s'ouvre par des claviers abominables, et le reste est à l'avenant... Heureusement, les choses reprennent de plus belle avec "State Of The Nation", mais ce titre figure déjà sur l'album Brotherhood. Le morceau réalise de manière parfaite l'équilibre entre le côté électronique, dansant et funk de New Order et le côté indie rock hérité de Joy Division. On peut en dire autant de "Bizarre Love Triangle", présent sur le même album, qui apparaît toutefois ici sous la forme d'un remix, exercice de style que je déteste au plus haut point tant la qualité des remixes est affligeante et sans intérêt, ne servant que d'argument commercial faisant office de remplissage. Le CD s'achève par un single inédit qui venait alors de sortir, le très bon "True Faith".
Le deuxième CD commence par "In A Lonely Place", enregistré lors de la même session que "Ceremony", et qui convoque lui aussi le fantôme de Joy Division, avec notamment une batterie tribale. Comme le titre le laisse supposer, c'est un morceau très mélancolique, presque vide, mais très beau. "Procession" tranche à nouveau, par la présence de claviers, mais reste un bon morceau. "Mesh" est tout aussi bon, sans être exceptionnel. J'en dirais autant de "Hurt", qui est toutefois un peu plus électronique. "The Beach" n'est qu'un mauvais remix de "Blue Monday". De même pour "Confused Instrumental". "Lonesome Tonight" est en revanche un très bon morceau, beaucoup plus rock. "Murder", un instrumental, est tout aussi réussi, avec sa guitare tranchante, ses roulements de batterie tribaux et sa basse rampante. "Thieves Like Us Instrumental" n'offre aucun intérêt. "Kiss Of Death" n'est qu'un vulgaire remix de "Perfect Kiss". De même, "Shame Of The Nation" est une version inintéressante, avec là encore des chœurs sirupeux, de "State Of The Nation". En revanche "1963" est un bon morceau, assez proche de sa face A "True Faith".
Mon impression sur cette double compilation est donc mitigée. Si certains morceaux sont très bons, d'autres (beaucoup trop) sont exécrables, le second CD étant meilleur (paradoxalement) que le premier. Notons cependant que même sur les pires morceaux, la basse de Peter Hook est toujours passionnante. C'est toutefois un objet à acquérir pour tout amateur de New Order et de new-wave, ne serait-ce que pour "Ceremony"et "In A Lonely Place". L'équilibre entre l'aspect électronique et le côté pop-rock n'est pas inintéressant, et influencera profondément et durablement tout un pan du rock indé britannique et de la musique électronique.
Pas mal   13/20







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