Thee Silver Mount Zion

Belfort [La Poudrière] - samedi 19 avril 2008

Troisième concert de Thee Silver Mount Zion pour moi. Troisième grosse claque. Le Lion de Belfort lui-même a du trembler face à la tempête qui s'est déchainée à la Poudrière ce samedi soir. Le cadre de cette petite petite salle, surplombé par le félin belfortain (monument de Bartholdi), était majestueux pour les Canadiens. Après une première partie électro-batterie de Berg Sans Nipple plutôt sympa, voici que s'avancent les sept canadiens sur la minuscule estrade. Un nouveau grand moment se prépare, presque deux heures, à peines entachées d'un ou deux larsens indésirables et des sempiternels cons qui trouvent, bruyamment, que leurs verres se vident trop vite... Dès l'entame et un nouveau morceau pour moi, "Metal Bird", le ton est donné, le son se fait énorme pour une confirmation. Avec ce 13 Blues For Thirtheen Moons, dernier disque grand cru, les canadiens gagnent en fluidité. Leurs plages instrumentalo-vocales se font chansons gigantesques, les carcans métronomiques sautent sans que le groupe n'y perde en grâce, en tension, ou en lyrisme. Leur puissance musicale s'est même intensifiée et si l'album est une tuerie, leurs concerts sont un cataclysme. Après le premier morceau, ils déroulent avec 3 titres du petit dernier. D'abord "Black Waters Blowed/Engine Broke Blues" dont les grondements telluriques et les envolées de cordes font merveille et sont un prélude à la doublette épique 13 Blues For Thirteen Moons-"1,000,000 Died To Make This Sound". Sur ces 2 titres, difficile de trouver des concurrents aux canadiens dans le registre de la puissance sonique ou du lyrisme incansdescent. Si la batterie menaçante de l'ouverture de 13 Blues For Thirteen Moons semble sonner le glas de notre époque, les cris rageurs d'Efrim sonnent comme une ultime révolte, le défi à un monde perdu dans la folie. Car si la musique des Canadiens est sombre, leurs complaintes désespérés, l'interprétation de ces chansons est lumineuse, la force que le groupe dégage redonne espoir en l'humanité. Et c'est cette fragile humanité, ces chants féminins magnifiques, ces cordes sublimes, la voix éraillée et sincère d'Efrim, ou ces petits moments de silence entre les tempêtes, qui donnent à cette musique sa dimension unique. Godspeed You Black Emperor annoncait la fin du monde, l'apocalypse, Silver Mount Zion fait renaitre l'espoir sur les ruines fumantes... "1.000.000 Died To Make This Sound", et son choeur murmuré inlassablement ou hurlé frénétiquement, porté par des vagues de cordes et une houle électrique furieuse chasse les nuages et... "There's A Light", sublime et lumineux morceau ou les 3 muses canadiennes du groupe volent la vedette aux garçons sous l'oeil admiratif d'Efrim. Car la soirée ne pouvait pas se terminer si vite, c'est sous les applaudissements nourris et ininterrompus que ces humbles personnages quittent et retrouvent la scène pour un rappel: "Microphones In The Trees", encore une fois... magnifique! L'humilité, jusque dans leur posture scénique en arc de cercle, la proximité avec le public, cette impression qu'ils sont les jouets des forces qu'ils déchaînent me les rendent toujours aussi attachants et les classent à part dans la scène rock. Loin des hypes surfaites, des recettes rabachées album après album, loin du mercantilisme musical, les canadiens défrichent des territoires inconnus, tracent une route vers un idéal incertain avec talent, tristesse, fougue, mélancolie mais toujours avec l'espoir que tout n'est pas perdu. Et c'est rempli d'une force nouvelle et encore une fois estomaqué et ravi que je quitte ce groupe à part sous le regard grave et majestueux du Lion belfortain... Décidement un bien bel emblème pour cette musique...


Exceptionnel ! !   19/20
par Sonicdragao


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