The Kills

Midnight Boom

Midnight Boom

 Label :     Domino 
 Sortie :    lundi 10 mars 2008 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

3 ans après un No Wow explosif et sexuel, The Kills nous remet l'album que nous attendions avec impatience ; cette fois-ci, VV et Hotel semblent avoir bel et bien conservé l'essence de The Kills, le rock'n'roll sexuel déluré, sentant la sueur et la crasse de Keep On Your Mean Side. Seulement, ils ont décidé d'explorer le genre disco, et ma foi, c'est particulièrement réussi. Car si l'écoute de l'album déçoit franchement à la première écoute (l'album semble moins sexuel, moins direct que les 2 précédents, et particulièrement Keep On Your Mean Side, qui semble être l'oeuvre majeure du duo), il se révèle sensiblement meilleur à la seconde écoute, et absolument indispensable à la troisième.
Car cette fois-ci, s'ils semblent avoir abandonné l'idée du riff de guitare qui ne change durant tout un morceau, VV et Hotel semblent avoir embrassé l'idée de garder le côté dansant dans tous les morceaux, ou quasiment.

En effet, l'album débute par "U.R.A Fever", qui semble être LE morceau de l'album. C'est un dialogue entre VV et Hotel, qui commence par un sample de téléphone, et la tentative d'introduire quelques éléments hip hop est assez étrange, mais on se fait vite à cette expérimentation ; on se surprend à sauter partout avec les frissons sur le corps. I'm A Fever, I Ain't Born Typical !
Vient ensuite un "Cheap And Cheerful" désinvolte où VV crache toute sa rancoeur, franchement prenant.
Avec "Tape Song", on démarre doucement avant de partir dans une danse effrénée, et on se rend compte que le morceau est de la même trempe que "U.R.A Fever" : tout simplement LE morceau du disque. Les poils se dressent et on s'en prend plein la face de cette désinvolture cradingue dont VV a décidémment voulu nous gratifier durant tout l'album. Le refrain est absolument imparable : You've got to go straight ahead !!
"Getting Down" suit la même recette que "Tape Song", mais est plus calme et moins réussie ; passons tout de suite à "Last Day Of Magic", qui est déjà plus complexe, et appelle franchement à danser ; c'est le genre de morceau qui rappelle que PJ Harvey a tout de même été sacrément écoutée par de nombreux artistes ; comment ne pas résister à ces appels sensuels, à cette odeur de clope ?
"Hook And Line", plus répétitif, semble un peu revenir aux sources du groupe, et le refrain, franchement imparable, rappelle un "Cat Claw" moins désespéré.
"Black Balloon", quant à elle, nous donne tout l'aperçu de la mélancolie mélodique dont est capable VV ; c'est un morceau très calme, et finalement assez dansant.
"M.E.X.I.C.O.C.U" se trouve être la déception de l'album, étant un morceau assez fade et pas très inspiré ; le point noir de l'album, qui ne méritait pas ça.
"Soul Cherry", comme "What New York Used To Be" sont particulièrement groove, et échappent un peu au reste de l'album ; cependant, ces deux morceaux, s'ils semblent un peu plus calmes, n'en sont pas moins d'excellents morceaux, légèrement derrière les autres.
"Alphabet Pony" voit VV s'essayer à un spoken word sans compromis, et Hotel accompagne parfaitement cela dans un morceau ni trop court ni trop long.
L'album se termine par un "Goodnight Bad Morning", qui met fin au morceau de la fin la plus métaphorique qui soit ; le morceau est typiquement celui qui sert à nous endormir ou à nous éveiller.

Bref, avec ce 3ème album, c'est un coup de maître que The Kills nous fait, et c'est jusqu'à présent un sans faute pour leur discographie, alors franchement, chapeau, car difficile de se lasser d'un album des Kills jusqu'à présent. Tout simplement Excellent.


Excellent !   18/20
par Ghaste X


 Moyenne 17.00/20 

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Posté le 16 avril 2008 à 10 h 28

Si on m'avait dit il y a six mois que j'adhèrerais de la sorte au nouvel album des Kills, ça m'aurait fait doucement rigoler! Les deux premiers efforts de ce duo sont plutôt sympatoches mais, hormis pour les non initiés à ce style de musique, n'apportent pas grand-chose de neuf. Ca va bien trois ou quatre morceaux mais ce genre de disque tourne vite en rond. A l'écoute de Midnight Boom, il faut croire que VV et Hotel se sont enfin rendu compte de cet état de fait.
En effet, cette fois chaque titre vient renouveler le style basique des anglais en lui apportant une fraîcheur bienvenue. L'utilisation de rythmes communicatifs et entrainants fait beaucoup dans l'intérêt du disque. On se surprend alors à taper du pied gaiement et les ritournelles sucrées de la toujours plus magnifique VV nous trottent dans le crâne des heures durant. Une production moins monolithique qu'à l'accoutumé permet également de chasser l'ennui. On reste toujours au rayon bricolage (percussions à base d'ustensiles de cuisine, mélodies égrainées aux touches de téléphone...) mais le groupe a enfin compris que l'on peut changer les réglages d'une pédale de disto ou d'un ampli ; beau progrès!
Ainsi, on a moins l'impression que l'enregistrement a eu lieu en une nuit dans une chambre d'hôtel miteuse. Le cliché rock'n'roll en prend un coup mais l'ambiance reste toujours aussi fiévreuse et sensuelle. L'écoute diffuse des quantités de phéromones qui mettent littéralement l'eau à la bouche (pour rester poli). Ce genre de sensations ne trompe pas : les Kills possèdent un feeling imparable et irrésistible. Sans ça l'écoute finirait forcément dans un sommeil profond. Au lieu de ça, Midnight Boom réveille nos instincts pervers de mammifères en rut. L'album ‘ravage dans les slips' de l'année?
Très bon   16/20







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