The Kills

Paris [La Cigale] - vendredi 03 juin 2005

The Kills
Il y a du monde ce soir à la Cigale. J'arrive vers 19H environ. Je prend soin d'observer la clientèle du jour, et je remarque pas moins
de 5 personnes qui étaient présentes au concert des Eighties Matchbox la veille au Point Ephémère ( d'une rare energie d'ailleurs).
Bref, à la vue de ce beau monde, le concert s'annonce plutôt bien.

19H30, La salle s'ouvre enfin et j'en profite pour finir rapidement ma petite bière achetée au supermarché du coin avant de rentrer dans l'arène.
C'est vers 20H que les membres de Nelson investissent la scène. Un mélange de Sonic Youth et Joy Division, avec un soupçon de musique électronique, qui ne me branche pourtant pas des masses, malgré les diverses influences qui sont plutôt de bon goût. Le public ne bouge pas énormement, mais quelques amis du groupe soutiennent tout de même ce quartet rock.
Le groupe quitte la scène environ une demie heure après puis arrive, après un petit moment d'attente (qui m'a pourtant semblé bien dur à supporter), les deux fauves et bêtes de scène que sont les Kills.

La tension se fait sentir dès le départ, tant sur la scène que dans le public (mais une tension positive, rassurez-vous !), et le duo commence le show avec, comme tous leurs récents concerts jusqu'à présent, l'envoutant et crescendo "No Wow", premier titre du dernier album, qui emballe décidément tous le monde. Mais ce n'est véritablement qu'avec le deuxième titre "Cat Claw" que la fosse s'enflamme ! En effet, dès les premieres notes, le public bouge dans tous les sens, se précipite vers l'avant tandis que VV, épileptique, se ballade partout sur la scène, tout en mêlant habilement un jeu de scène plein d'energie, de sensualité avec un soupçon de timidité ( pour le style ? sûrement ...).
Quant à Hotel, il garde comme d'habitude sa classe étonnante et fixe les gens de son regard effrayant et stylé à la fois. Il agresse sa guitare, et nous gratifie d'un jeu jouissif, crade et malsain comme il nous le faisait déjà entendre sur leurs deux albums.
Certaines personnes tentent d'effleurer de la main le corps de la belle VV qui se rapproche du public, mais ils n'y parviennent pas. Les Kills sont décidement intouchables.
Le show enchaîne avec des titres tout aussi excellents, tels que "I Hate The Way You Love" (suivi de la partie 2 du même nom, où Hotel et VV disposent les micros face à face pour un jeu de séduction qui n'est pas pour déplaire au spectateur), ou encore "Dead Road 7", "The Goods Ones" , "Kissy Kissy", "Fried My Little Brains", "Love Is A Deserter", une ou deux inédites et un rappel, dont un "Fuck The People" qui déchainent une bonne fois pour toutes le public, épuisé par ce déluge de sensations fortes que nous envoie le duo.

Les deux nous offrent à la fin du set une sorte d'accouplement de guitares, où l'on a presque l'impression d'assister à un viol (Hotel frottant brutalement les cordes de sa gratte à celles de VV avec ses suprenantes pulsations nerveuses, qu'il mettait déjà en évidence durant le set), et quittent finalement la scène, acclamés par un public encore sous le choc de ce spectacle unique.
J'aurais esperé quelques chansons en plus telles que "Superstition", "Sweet Cloud" ou même "Monkey 23", mais comment se plaindre après en avoir pris plein les yeux et plein les oreilles comme ce soir ? Et bien non, ce n'est pas possible.

Je sors de la salle en sueur comme le reste des gens, je bois un petit coup pour me rafraîchir et je reprend le métro en repenssant à cette ellipse temporelle que fut ce concert magique.
Les Kills ont une fois de plus réussi leur coup.


Très bon   16/20
par Dougla


  Setlist :

No Wow
Cat Claw
Dead Road 7
I Hate The Way You Love
I Hate The Way You Love Pt2
The Good Ones
Kissy Kissy
Passion Is Accurate
Murder Mile
Fried My Little Brains
Love Is A Deserter
--------------------------
Rodeo Town
Fuck The People
Drop Out Boogie


 Moyenne 16.50/20 

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Posté le 20 juin 2005 à 13 h 47

A peine remis de mon concert éprouvant de la veille, me voilà de bonne heure devant La Cigale, attendant avec impatience l'ouverture des portes. Malgré le fait que ce concert fasse suite à la monstrueuse prestation des 80's Matchbox, je n'arrive nullement blasé; j'ai toujours affectionné les groupes qui jouent en duo, ce genre de configuration ne laissant pas de place à l'approximation... puis les Kills sont un peu les Bonnie and Clyde du rock actuel.
Quand les portes s'ouvrent enfin, je me dirige spontanément vers les avant-postes, espérant profiter au maximum de la belle soirée qui s'annonce...
Nelson remplace British Sea Power pour assurer la première partie, ces derniers ayant annulé à la dernière minute. Le groupe nous sert un set honorable, pas transcendant (un peu brouillon selon moi) mais qui remplit son oeuvre, mettre en jambe. D'autant plus que le groupe jouit d'une certaine popularité, ne serait-ce que par la présence parmi ses rangs de l'ancien bassiste des Parisians. Bref, leur rock expérimental à cheval entre Sonic Youth et Joy Division n'est pas désagréable. Quand le groupe quitte la scène, l'attente peut s'installer.
Le temps pour moi de filer chercher un Coca (sobriété sinon rien :p), et voilà que VV et Hotel débarquent sur scène, plus sensuels que jamais. Ils attaquent avec "No Wow", qui dès les premières notes fait chavirer le public. VV est époustouflante, à la fois féline à l'air défiant et créature timide, tandis qu'Hotel assure les rythmiques avec brio, n'hésitant pas à haranguer la foule. Le couple enchaîne avec pêle-mêle "Cat Claw", "Dead Road 7", "I Hate The Way You Love Part I & II", "The Good Ones", "Love Is A Deserter" ou "Fried My Little Brains"... Et ainsi de suite pendant une petite heure. Le set s'achève par une copulation électrique entre les guitares des deux complices. Un concert court, certes, mais intense, tant l'alchimie entre VV et Hotel transparaît sur scène. Pour ma part, je regretterai seulement l'omission de certains titres, comme "Monkey 23" ou "Superstition". De là à se plaindre, le pas est grand... ou la pente est forte pour reprendre les termes d'un grand philosophe et sociologue contemporain...
Parfait   17/20





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