R.E.M.

Paris [Bercy] - lundi 03 juillet 1995

L'album Monster est sorti en 1994 et les Georgiens entament une tournée européenne en ce début d'année. Le concert était initialement prévu en février après un tour de chauffe en Australie mais, le batteur Bill Berry victime d'une rupture d'anévrisme lors d'un concert en Suisse, fait reporter les dates de quelques mois. Il s'est rétabli et s'est bien lui qui sera derrière les fûts du groupe en ce début juillet. C'est la première fois que je vois REM et toutes mes espérances vont vers Michael Stipe et sa bande dont les 3 derniers albums sont très bons. Monster sonne très rock et il devrait permettre au guitariste Peter Buck de s'exprimer. A ma grande surprise, le P.O.P.B. ne semble pas plein à craquer contrairement au concert de février qui affichait sold-out. C'est le premier passage du groupe à la capitale depuis l'énorme tube "Losing My Religion" en 1991. Le groupe Belly assure la première partie, sans plus.
Les lumières s'éteignent, le groupe arrive, je ne sais pas encore que les deux heures que je vais passer vont changer ma vie, notamment à l'égard du chanteur. Michael se pointe avec 2 tee shirts enfilés l'un par-dessus l'autre, à droite se trouve Peter et à gauche Mike Mills le bassiste habillé comme un clown, Bill est bien à la batterie, rassurant car le groupe a failli tout annuler.
"I Took Your Name" ouvre le bal, le chanteur est déchaîné, il arrive en terrain conquis d'avance et quelle présence, quelle prestance, quelle classe !!! Michael monte sur les enceintes servant de retour en s'empoignant les mains tel Rocky Balboa après sa victoire contre Apollo !!! J'ai pris ma première gifle en le voyant... est-il humain ? Suit "Kenneth" le tube du dernier album, le guitariste s'éclate à jouer ce morceau. Quelques néons, lampadaires et une boule de boite de nuit décorent la scène qui reste sobre. "Crush With Eyeliner" bien électrique précède quelques inédits que je ne connais pas dont le nommé "Undertow", Michael Stipe annonce en anglais, "this song is for you" et le groupe attaque un "Losing My Religion" que tout le monde voulait ne rater sous aucun prétexte. La version est identique à l'album Out Of Time contrairement à certains titres remanier de A à Z comme le sublimissime "Drive". Cette chanson lente devient un hit pop rock énorme en live. "Welcome To The Occupation" issu de Document est superbe, un titre fait pour la scène que le groupe reprend à toutes les tournées. Sur la chanson "Tongue", la boule qui était suspendue se retrouve sur scène et elle illumine Bercy sous la voix aigüe et exceptionnelle du chanteur qui me laisse sur les rotules... Probablement le plus bel organe sur le marché pop rock actuel. Un autre inédit est joué, "Révolution". Je ne suis pas au bout de mes surprises, je vais prendre deux baffes coup sur coup. "Man On The Moon" et "Country Feedback". La première dédiée à la vie d'Andy Kaufman, le Coluche Américain, est grandiose. Michael fait remuer les foules avec ses "Cool !!!!" pendant le refrain alors que sont projetées des images spatiales sur les écrans de fond. "Country Feedback" est, n'ayons pas peur des mots, MA chanson préférée depuis ce jour de juillet 1995 où je l'ai entendue pour de vrai. J'ai pris un kick en pleine tête et ne m'en suis jamais remis, il m'arrive d'avoir la chair de poule en l'entendant !!! (C'est grave docteur ?). Michael est agenouillé dos au public, des images défilent sur l'écran, toute l'attention est focalisée sur le chanteur qui est énorme. Il rentre dans la chanson avec une passion qui ressent la douleur, l'amertume voire une déception sentimentale. Cet instant va me marquer à jamais. "Half A World Away" bien mélodieux et issu du multi platiné Out Of Time remet le public d'aplomb après le K.O. précédent. Magnifique titre suivi de "Star 69" joué très rapide et annonçant le rappel. Le groupe revient avec "Let Me In" joué brut. La guitare et la voix sous des effets stroboscopiques, Bercy devient un centre d'usinage sous le métal encore chaud. Ce titre a été écrit pour Kurt Cobain et sera le dernier joué de l'album Monster. Le calme revient avec le slow "Everybody Hurts" acclamé par l'assistance. La tension remontera pour le dernier titre qui en impose "It's The End Of The World As We Know It" qui est la chanson idéale de fin de spectacle. Michael fait gueuler le public et chante à une rapidité à faire pâlir les rappeurs. REM s'en va, remerciant le public parisien du déplacement. Je sors de la salle avec un sentiment de grand moment conjugué a du "reviens-y". Ce soir là j'ai juré fidélité a ce qui est devenu mon groupe favori. Michael et son charisme, il faut le voir pour comprendre...


Excellent !   18/20
par Diegothe moon


  Setlist:
I Took Your Name
What's The Frequency, Kenneth?
Crush With Eyeliner
Drive
Try Not to Breathe
Welcome To The Occupation
Undertow
Bang And Blame
Strange Currencies
I Don't Sleep, I Dream
Revolution
Tongue
Man On The Moon
Country Feedback
Half A World Away
Losing My Religion
Pop Song 89
Finest Work song
Get Up
Star 69
>>>
Let Me In
Everybody Hurts
So. Central Rain
Departure
It's The End Of The World As We Know It (And I Feel Fine)


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