Napalm Death

Death By Manipulation

Death By Manipulation

 Label :     Earache 
 Sortie :    samedi 07 mars 1992 
 Format :  Compilation / K7 Audio   

Pour être honnête, même si je respecte énormément la carrière de Napalm Death et si je suis parfaitement conscient que, sans eux et quelques autres pionniers (Carcass, notamment), la scène extrême ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui, je ne suis pas particulièrement réceptif à leurs deux premiers albums (Scum - From Enslavement To Obliteration), de même qu'un Symphonies Of Sickness (Carcass) me laisse froid. Je comprends parfaitement leur importance mais reste peu attiré par le style. Pour chacun de ces deux groupes, je préfère largement leur évolution Death à leur passé Grind, ce changement de cap s'effectuant, chez Naplam Death, avec l'arrivée au chant de Barney Greenway en lieu et place de Lee Dorian, parti fonder le groupe Doom Cathedral.
Ce Death By Manipulation sort alors que Napalm Death vient de composer deux des tous meilleurs albums de l'histoire du Death-Metal : Harmony Corruption et Utopia Banished. Loin d'être un Best of (difficile de dégoter des singles dans leur discographie), cette compilation propose une majorité de titres inédits, la face A englobant l'époque Greenway et la face B portant sur les années Dorian. Par soucis chronologique, commençons par cette face B.
Ce qui saute de suite à l'oreille pour celui qui, comme moi, a pris le train du Grind en marche, c'est que, dès ses débuts, Napalm Death a défini les codes du Grind, codes que la nouvelle école ne fera que décliner. Morceaux courts et incroyablement brutaux, blast beat, alternance de vocaux gutturaux et hurlés, passages pesants et distordus, le quatuor de l'époque est probablement la Dream Team du son noisy : Lee Dorian, Shane Embury, Bill Steer, Mick Harris. Là où Napalm Death force le respect, c'est qu'en dépit d'une production cheap et d'une technique encore assez sommaire, ils font toujours la nique aux musiciens grind actuels. Certes ces derniers jouent plus vite, jouent mieux, avec une qualité sonore irréprochable, mais au final, ils en sont presque commerciaux (si je peux employer ce terme pour du Grind.) La rage et l'engagement social de Napalm Death confèrent à leurs compositions une agressivité constante et, chez eux, la violence urbaine née de l'appauvrissement des villes industrielles n'est pas une attitude mais un mode de vie. C'est sans doute ce qui fait la grande différence avec nombre de groupes contemporains : N.D. ne s'est pas inséré dans un mouvement pour se donner un genre, il l'a créé de toutes pièces. Lee Dorian possède un timbre on ne peut plus caverneux et ses grognements restent un sommet de l'extrême, Harris y allant de ses hurlements hystériques typiques du genre. Inutile d'essayer de comprendre les textes, mieux vaut ouvrir le livret (bien qu'il soit impossible de chanter en coeur avec Dorian et que les fans de karaoké seront bien déçus.) Musicalement, Napalm Death est à l'époque l'équivalent du chaos total et pense sa musique comme une hémorragie. Que dire de plus sur cette face B, si ce n'est qu'elle est cruellement indispensable ?
Napalm Death n'a jamais eu un line-up très stable et, de la formation originale, il ne reste sur la face A que S. Embury et le batteur M. Harris. Exit L. Dorian et B. Steer (respectivement partis fonder Cathedral et Carcass) et intronisation de Greenway, Jesse Pintado (guitare) et Mitch Harris (Guitare.) Avec l'arrivée d'un second guitariste, le son s'étoffe quelque peu, les compositions s'allongent et le groupe s'oriente d'avantage vers un Death-Metal aux influences Core encore bien présentes. Sans parler de hits, Napalm Death écrit des morceaux mémorables, aujourd'hui des classiques qui restent les moments forts de leurs concerts : "Mass Appeal Madness ; Pride Assassin ; Siege of Power ; Suffer the Children". Plus accessibles (cela reste néanmoins inécoutable pour le commun des mortels), ces titres sont un condensé de fureur peut-être encore plus effrayant que durant leur période Grind car la réflexion vient désormais optimiser la brutalité instinctive des Anglais. La face A s'achève sur un "Harmony Corruption" indus. et qui fleure bon l'aliénation mentale. Vous voilà définitivement anéantis.
Groupe enragé et engagé, Napalm Death offre ici à ses fans une compilation faisant une parfaite jonction entre deux époques et prouve à tous ses détracteurs que l'esprit punk a bien un futur. Un grand bras d'honneur à l'industrie du disque...


Très bon   16/20
par Arno Vice


 Moyenne 15.00/20 

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Posté le 25 décembre 2008 à 22 h 22

Lorsqu'aux début des années 90, vous disiez écouter Napalm Death, on vous prenait pour un gros bourrin, buveur de bière sans trop de cervelle tout juste bon au headbanging. Pas mal de mes amis ne comprenaient pas mon attrait pour ce genre de formation. 20 ans après, pas mal de groupes, autres que heavy metal, parlent de l'influence de ce groupe sur leur musique. Il est vrai que depuis, d'anciens membres ont eu une carrière autre dans le grindcore : Mick Harris et Justin Broadwick sont partis fonder respectivement Scorn et Godflesh. Sans compter toutes leurs collaborations à d'autres projets (John Zorn, Bill Laswell...). Il est donc de bon ton que Napalm Death soit un groupe génial. Napalm Death a été novateur. John Peel ne s'est pas trompé et leur a offert ses fameuses Peel Session. "Death by manipulation" est une compilation de différents EP. On s'éloigne de leurs 2 premiers albums Scum et From Enslavement To Obliteration où la rapidité étaient le maître mot. Le son est plus clair, plus lourd, les morceaux s'allongent, la voix se fait encore plus gutturale. Le morceau "Harmony Corruption" sort de nulle part : totalement Indus avec des martellements tout droit sortis d'une presse à emboutir, bien loin de la dextérité et de la vitesse d'exécution de Mick Harris à la batterie. Morceau qui préfigure l'album Vae Solis de Scorn. Avec Mick Harris justement.
Sympa   14/20







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