Napalm Death

Time Waits For No Slave

Time Waits For No Slave

 Label :     Century Media 
 Sortie :    lundi 26 janvier 2009 
 Format :  Album / CD   

J'en ai vu passer des groupes de grind... Depuis le temps que je traîne dans les rayons mal famés des disquaires, je constate que les groupes en vogue se succèdent à la vitesse du son... Les pochettes porno-gore, les logos illisibles, les paroles sur des nanas mortes à qui l'on enfonce des membres tranchés dans l'anus après ingurgitation massive de substances hallucinogènes, j'en ai lu... Les délires adolescents amusent mais ne tiennent pas vraiment au corps... Ils sont là pour le décorum... Pourtant, au milieu de la tourmente et des modes, restent les indéboulonnables, les indécrottables, les indestructibles, les intarissables, les éternels revanchards : Napalm Death.
Pas de colère feinte, pas de délire sanguinolent pour fan de série Z, ces types ont une boule de rage pleine de pus bien accrochée à la paroi stomacale et chacune de leur déflagration et une remise à niveau du metal extrême. Les maîtres étalons ? Ils sont là.
À chaque fois, je me fais la même remarque. Un truc du style : "putain, ils sont toujours en vie eux ?" Je flâne, musarde en quête de nouvelle sensation, mais au final, c'est vers eux que je me tourne parce que je sais que, quelle que soit leur dernière orientation musicale, je vais me faire claquer le beignet, royalement. Ce n'est pas ce Time Waits For No Slave qui me fera mentir. Même l'artwork, immédiatement reconnaissable, est toujours aussi accrocheur ! Je voudrais laisser des déchets sur le rebord de mon assiette que je ne trouverais pas une once de gras à triller...
Dès le premier titre, "Strongarm", on se rend compte que le potentiel brutalité de Napalm Death n'est en rien émoussé. Inutile de chercher à définir leur style, on navigue toujours entre le punk, le crust, le grind, le core, le death sur vitaminé, le tout formant cette entité anglaise unique en son genre, souvent imitée, jamais égalée. Ça va vite, ça joue fort, ça beugle à tout vent dans les registres spécifiques au genre (voix hurlées pour le grind alternant avec les phrasés gutturaux propres au death), avec le petit truc en plus : des textes intelligents et intelligibles. Oubliez les bêlements de moutons enrhumés, les grognements porcins qui prêtent davantage le flanc à la moquerie qu'à la trépanation, ici, c'est du sérieux. Riffs épileptiques façon "Diktat", blast beast inhumains, le chaos est parfaitement maîtrisé, pensé, construit, pour des titres d'une durée tout à fait honorable (entre deux et cinq minutes, approximativement.)
Napalm Death a traversé les époques, popularisé le grind, lui a donné ses lettres de noblesse, a fait partie de l'élite death metal dans les années 90, s'est orienté vers des sonorités plus indus sans jamais sombrer dans la facilité et le mercantilisme. Pas de compromis, une carrière sans tache.
Inutile de se lancer dans le détail de l'album, l'ensemble est d'une homogénéité sans faille, un bloc de haine compact qui vous explose en pleine poire. Riffs acérés, rythmiques fracassantes, violence exacerbée, louanges à eux ! L'album vous rentre dans les oreilles avec la facilité d'un doigt lubrifié dans le fondement mais provoque les dégâts d'un poing de Hulk inséré dans la boîte à suchard d'une lilliputienne... Pour le coup, inutile de faire appel à la vidéo pour revoir l'action : s'il y a bien un album (avec le dernier Sepultura) à se procurer d'urgence en ce début d'année, c'est bien ce Time Waits For No Slave, parfait en tous points.
Je sais bien que je l'ai trop dit, mais je le dis quand même : je les aime !


Parfait   17/20
par Arno Vice


Proposez votre chronique !







Recherche avancée
En ligne
237 invités et 0 membre
Au hasard Balthazar
Sondages
Où habitez vous ?