Napalm Death

Diatribes

Diatribes

 Label :     Earache 
 Sortie :    juin 1996 
 Format :  Album / CD   

Il y a une chose fondamentale que très peu de groupe évoluant dans un genre extrême ont compris : être brutal, jouer vite et enchaîner les plans techniques n'est en rien un gage de qualité. Ce qui diffère un album, un groupe, de la masse indigeste des besogneux ce n'est pas sa capacité à proposer des plans complexes ni à dissoudre les tympans. Tout le talent d'une formation réside au contraire dans l'art de poser des ambiances et de retranscrire des sentiments au travers de leurs notes. Cela, ils sont peu nombreux à en être capables. Je pourrais citer des formations telles que Death, Morbid Angel ou Emperor, mais également, dans un autre style, Napalm Death, les inventeurs de l' "emo-gore" en quelque sorte...
Les albums, les années et les musiciens ont beau se succéder, rien ne semble pouvoir entamer l'âme des Anglais et leur indéfectible dévouement à la cause grind, et ce même s'ils enrichissent ce dernier d'influences hérétiques pour les puristes du genre.
Le virage entamé par le mini LP Greed Killing est confirmé dans ce terrible Diatribes : le son s'épaissit, les compos gagnent encore en groove ("Cursed To Crawl") grâce à un travail particulièrement soigné de la basse, les riffs se font plus basiques, mémorisables car moins nombreux et plus "mélodiques", et l'on parvient même à discerner ce que grommelle ce bon Barney dont les lignes de chant pourraient même être fredonnées sous la douche. Ajoutons à cela des arrangements indus, cette volonté constante de mettre à mal son auditeur et l'on obtient une fois encore un album parfait qui s'inscrit dans une évolution logique du groupe.
Etrangement, le death-metal pur jus est probablement le style le moins prépondérant de Diatribes. Les relents punks sont monstrueux ("Placate, Sedate, Eradicate") mais les accélérations fulgurantes façon blast beat incontrôlables ont été remisées dans le caveau au profit de rythmes tribaux du meilleur effet. Difficile également de parler de grind, la voix de Barney ne montant que très rarement dans les aigues, privilégiant un timbre hard-core rugueux et rageur à souhait. De plus, le son de l'ensemble est beaucoup trop clair (comprendre que l'on entend distinctement tous les instruments), m'évoquant davantage des productions neo-metal (terme non péjoratif dans ce contexte) ou les premiers Fear Factory, que les adeptes de la boucherie de quartier.
Reste que si ce skeud n'a pas laissé une trace aussi indélébile que les premiers méfaits, Diatribes constitue une preuve supplémentaire du formidable talent de compositeur de ces gars-là. Encore une fois, inutile de se demander s'il faut se le procurer, la réponse est évidente...


Bon   15/20
par Arno Vice


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