Napalm Death

Inside The Torn Apart

Inside The Torn Apart

 Label :     Earache 
 Sortie :    mardi 03 juin 1997 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Avec Inside The Torn Apart, Napalm Death plonge davantage ses nouvelles racines dans un death core épais et redevable à l'école Fear Factory.
Dès le premier titre, "Breed To Breath", nous sommes surpris par l'aspect mélodique et entraînant, le feeling quasi rock n'roll qui se dégage des guitares et de la batterie. Du coup, les grognements de Barney paraissent quelque peu incongrus et le doute se met à planer : Napalm Death viendrait-il de sortir un album manqué ?
"Birth In Regress" joue sur le même registre, même si le côté hardcore est plus marqué, mais les harmoniques, ralentissements et accalmies déroutantes qui m'évoquent plus un neo metal balbutiant que mes terroristes sonores fétiches me laissent vraiment perplexe : impossible d'adhérer.
Certes, les compositions dégagent du swing, mais que tout cela me semble mou ! Où est passée la turgescence d'antan ? Troquée contre ce vit rabougri d'octogénaire ? Ce n'est pas possible, je n'en crois pas mes oreilles... Et pourtant, il faut se faire une raison, d'autant que lorsque le titre éponyme débute, on a droit à une voix claire du plus mauvais effet. Bon, on savait déjà que Barney n'était pas une diva, mais autant il excelle dans le larynx en phase de décomposition, autant c'est exécrable sitôt qu'il sort de son registre de prédilection.
Alors on guette en vain le sursaut, puisque tout ne peut pas être du même tonneau. Et bien si, ça sonne méchamment creux, je ne comprends pas, ça ne décolle jamais. Le groupe me semble vidé de sa hargne, que je pensais inépuisable.
Les choses s'accélèrent un tant soi peu avec un "Prelude" punk speedé à mort mais... Ce sont bien des chorus que j'entends ? Des harmonies à deux guitares ? Voilà bien un truc que je ne pensais vraiment pas devoir supporter avec ces mecs. Du coup, cela ruine l'ensemble parce que ça manque vraiment trop de puissance et qu'il faudrait que ça cogne un peu plus !
"Indispose" et son riff alambiqué façon techno thrash passe bien quand même, on pourrait croire entendre du Mekong Delta, si ce n'était la voix, qui semble se chercher une nouvelle tonalité plus en cohérence avec le style pratiqué. Il faut dire aussi que vue le turn over qu'il y a dans ce groupe, il doit être particulièrement difficile de conserver son identité, surtout quand cela fait plus de quinze ans qu'on trace la route.
Cela dit, la continuité de "Diatribes" abordée ici par Napalm Death est réellement en deçà de leurs capacités, le final quasi guilleret de "Purist Realist" m'horrifiant au dernier degré.
Du coup, même quand le groupe se décide à défourailler sévèrement ("Low Point"), on n'y croit plus, cela vient trop tard, une déception est une chose bien trop dure à rattraper en un titre.
L'album s'achève sur "The Lifeless Alarm", morceau expérimental tout en ambiance et pesanteur métalo-industrielle, ritualiste pourrais-je dire, qui, très étrangement, me fait penser au fantastique groupe français M-Pheral, que je préfère, soit dit en passant.
On ne peut réussir un coup de maître à chaque fois et Napalm Death nous rappelle qu'ils sont eux aussi humains et que l'inspiration peut les fuir de temps en temps. Après, je ne doute pas que ces titres ont dû faire un carton sur scène car construits sur des rythmes soutenables qui sont un appel au headbanging. Mais là, sur le cd, ça ne le fait pas vraiment : je reste sur ma faim.


Correct   12/20
par Arno Vice


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