Ani DiFranco

Revelling / Reckoning

Revelling / Reckoning

 Label :     Righteous Babe 
 Sortie :    mardi 10 avril 2001 
 Format :  Double Album / CD   

La 11e autoproduction de cette musicienne à part est un double album aux allures d'événement musical... L'accès définitif à la cour des grands pour Ani avec ces deux heures de son dans un beau/gros packaging soigné par la miss elle-même, comme d'habitude et comme tout le reste d'ailleurs. On fête le nouveau millénaire ?

En tout cas la qualité est là : premier disque coloré avec un "Ain't That The Way" funky, des "What How When Where (Why Who)" et "Marrow" jazzy. Un "O.K." surprenant (mention spéciale), un "Tamburitza Lingua" expérimental, un "Kazoointoit" non moins surprenant et expérimental... On se sent gâté comme jamais mais se demande presque où est le folk dans tout ça ! Dans le cas des morceaux cités, il n'est en fait que perceptible via les instrumentations gourmandes de la chanteuse, prolongement du travail lancé dans sa trilogie précédente, si ce n'est dès son Dilate de 96. Par ailleurs, la guitariste nous gratifie de ce qu'elle sait faire le mieux ("Fierce Flawless" entre autres) et surtout, a toujours le don de nous faire croire qu'elle a des doigts surnuméraire dans un "Garden Of Simple" tout nu. La classe.

Ce dernier titre ainsi que "Harvest"(court instrumental) résument à eux seuls la majeure partie du second disque, beaucoup plus intime. Il s'agit d'une alternance quasi-scolaire entre 5 mini plages instrumentales (impros sur une gratte électrique) et 11 compositions d'Ani en solitaire, avec des arrangements au goutte-à-goutte. On pourrait crier à la grosse arnaque par la simplicité homogène et les instrumentaux. Quel est l'intérêt d'un deuxième disque ? Surtout si c'est pour le combler par d'inutiles secondes instrumentales... En fait il n'en est rien : c'est juste un album bilan, de transition.
Là où le premier disque est un album poursuivant sa musique de fin de millénaire avec tous les délires autorisés, le second est une sorte d'autobiographie folk de la chanteuse solo. On se prend alors une grosse fessée si l'on regarde le sacré bout de chemin parcouru depuis son premier disque éponyme. Ces compositions quasiment guitare-voix (petits bidouillages + batterie sur un morceau) sont d'une maîtrise magistrale. Une maturité avérée par la qualité des atmosphère de "Next Bold Move" ou "Grey" sublimes, d'un "Imagine That" tournoyant ou d'un "School Night" à pleurer pour ne citer qu'eux.
C'est après toutes ces gifles qu'on émet l'hypothèse de l'introduction d'instrumentaux pour laisser à nos joues le temps de se remettre avant la claque suivante.

Le concept risque de ne pas être avalé par les moins farouches: deux disques, c'est toujours gros à bouffer. Néanmoins, le talent (le génie, oui !) est un parfum qui se respire tout du long. Disc 01 = 16 ; Disc 02 = 18. So, 17 (Je vois déjà le sarcasme des lecteurs : Il fait des critiques et en plus il sait manier les chiffres, le bougre !)

NB: Il est conseillé à tout musicien désireux de faire carrière de ne pas écouter cet album et ses 4 prédécesseurs d'affilé, sans quoi il risquerait bien de déposer les armes ...


Parfait   17/20
par X_YoB


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