Bob Mould

Patch The Sky

Patch The Sky

 Label :     Merge 
 Sortie :    vendredi 25 mars 2016 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Bob Mould (systématiquement rebaptisé Bob Moule par mon facétieux correcteur orthographique) est un personnage central de l'indie-rock américain. Inventeur avec ses deux acolytes de Hüsker Dü du son qui a fait le succès des Pixies, de Nirvana et de tant d'autres, à base de pop écorchée vive sur rythmique de plomb nappée de de grosses guitares, Bob Mould est à ce titre l'un des principaux auteurs du séminal double album Zen Arcade, laboratoire de ce mélange génial de punk-rock et de psychédélisme. Il a affiné sa formule magique sur les derniers albums du groupe, avant de reproduire le modèle avec succès au sein de Sugar au début des années 90. Un coming-out et quelques escapades folk et électro plus tard, il est revenu à ses fondamentaux avec la trilogie dont cet album est le dernier volet.
Qu'est-ce qui fait donc de Silver Age, Beauty & Ruin et Patch the Sky une trilogie ? Le groupe qui l'accompagne, tout simplement. Si Bob Mould compose souvent - et enregistre parfois - tout seul comme un grand, ses périodes les plus inspirées correspondent chacune à un power trio spécifique : Hüsker Dü avec Grant Hart et Greg Norton, ses deux premiers albums solo avec Anton Fier des Feelies et Tony Maimone de Père Ubu, Sugar avec David Barbe et Malcolm Travis, et enfin ces trois albums avec Jason Narducy à la basse et surtout avec Jon Wurster, l'excellent batteur de Superchunk.
Soyons honnêtes, Patch the Sky, à l'instar des deux précédents albums, n'apporte pas grand-chose de neuf à l'œuvre de Bob Mould : simplement le plaisir renouvelé de concasser de belles mélodies façon R.E.M. punk ou Posies énervés. Car Bob Mould n'est pas qu'un inventeur, c'est aussi et surtout un songwriter talentueux. Il me fait penser à Pete Townshend, la tête pensante des Who : un ultra-sensible, délicat et cultivé, qui s'exprime paradoxalement à travers un rock couillu et énervé. Les deux s'entendent parait-il très bien.
Je le reconnais, cet album demande pas mal d'écoutes pour en saisir les nuances. La faute à une production qui, si elle restitue une belle énergie, comprime un peu les différents instruments et les voix dans un magma compact. Mais pour avoir passé une demi-nuit d'insomnie avec "Voices in my Head" dans la tête (ça ne s'invente pas), je n'ai plus aucun doute – si tant est que j'en avais - sur les talents de mélodiste du grand Bob.


Très bon   16/20
par Myfriendgoo


  Ecoutable sur : https://bobmould.bandcamp.com/album/patch-the-sky


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