Godspeed You Black Emperor !

Bordeaux [Rocher De Palmer] - jeudi 01 novembre 2012

 Godspeed You Black Emperor !
Alors qu'on ne tarit pas d'éloges à propos de leur retour plus engagé que jamais avec 'Allelujah! Don't Bend! Ascend!, je retourne pour ma part voir Godspeed You! Black Emperor, décidé à capturer la magie qui m'avait échappé il y a à peine un an. La salle du Rocher de Palmer est bien pleine mais n'affiche pas complet pour ce jour de la Toussaint. La formule est la même qu'en 2011. Le collectif est plongé dans le noir et un projectionniste fait défiler ses bobines sépia toujours un peu plus cramées au fil des représentations. Leur set est simple et partagé entre les flottements abyssaux que représentent les compositions les plus récentes et les résurgences mélodiques qui tiennent parfaitement en longueurs de l'EP Slow Riot For New Zero Kanada, les bien nommées "Moya" et "BBF3". Ma déception est sans appel. Je cherche la légitimité de l'image politique que l'on loue au collectif. Sans ce contexte économique et social difficile omniprésent, leur musique serait-elle si bien accueillie ou la considérait-on juste comme un magma décharné ou un radotage stérile ? "Mladic" (anciennement intitulé "Albanian") ou encore "Hope Drone" et "Behemoth" composés il y a pourtant quelques temps auraient-ils parus si virulents à s'en faire bouillir le sang ou teintés de cet écoeurement qui fait perdre tout espoir deux ans auparavant ? Des images de manifestations s'impriment sur écran pendant "BBF3" alors que 'Allelujah! Don't Bend! Ascend! est censé être l'ultime levée de boucliers, né suite au printemps érable où résonnaient les casseroles des manifestants capturées d'ailleurs sur "Mladic". Tout avait été déjà dit en 1999 ? Le printemps érable ne serait qu'un leurre lorsque voit que les pancartes brandies sont écrites en anglais, que les artères sur lesquelles déambulent les cohortes de réfractaires ne sont pas les rues de Sherbrooke, Saint-Laurent ou Mont Royal. Qu'apporte ce dernier disque au discours des Montréalais alors si les révoltes ont déjà été menées ? Le doute surgit et est entretenu par ces longues plages évidées qui nous emprisonnent dans un état semi végétatif (diantre que les 45 minutes de "Behemoth" se font sentir !), trop vigoureux pour apprécier l'explosion balkanique de "Mladic" qui se fait trop attendre. La qualité du son qui est à désirer y est aussi pour beaucoup. Mais la question qui me trotte dans la tête reste la même. La musique de GY!BE a-t-elle besoin de temporalité, d'être circonscrite à des évènements précis qui, on le sait bien, finiront par se répéter ou sont déjà le reflets d'événements antérieurs ? N'est-elle pas un état immuable, témoin d'un déclin annoncé et intemporel ? Il me faudra peut-être du temps pour apprécier ce dernier album pour ce qu'il est ou n'est pas vraiment, et pour ce qui est des inédites types jouées en live je n'ai pas encore trouvé de solution. Pour ce soir je me contente faute de mieux hélas du doublet "Moya" et "BBF3" qui combinent colère, dépression et acceptation comme nuls autres.


Passable   11/20
par TiComo La Fuera


  Photo par Ticomo

Setlist

Hope Drone
Mladic
Moya
Behemoth
BBF3


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