The Brian Jonestown Massacre

My Bloody Underground

My Bloody Underground

 Label :     A 
 Sortie :    lundi 31 mars 2008 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

On a toujours su qu'Anton Newcombe penchait vers la folie. Et on a aussi souvent décelé, chez lui, une forme de génie. Jusqu'ici, c'était clairement son talent qui s'exprimait, avant le reste, sur ses albums. Néanmoins, ils n'étaient jamais parfaits, car toujours alourdis par quelques morceaux trop pesants qui empêchaient ces œuvres bruitistes et sublimes de s'envoler. Mais que dire de toutes ces chansons, belles comme autant de joyaux, gouttes étincelantes d'un poison que l'on prend plaisir à consommer, dont on devient dépendant dans une joie malsaine et pure, mis à part qu'elles sont l'œuvre d'une des figures les plus intéressantes, les plus séduisantes, de la musique actuelle. Difficile de ne pas être fasciné par cet Antonin Artaud du rock, cet authentique aliéné, ce messie obscur au regard suintant la folie mystique d'un prophète moderne. Alors, que penser de ce dernier album en date ? My Bloody Underground... On comprend tout de suite les références contenues dans ce titre ; My Bloody Valentine - on s'en doutait - et, bien sûr, le Velvet Underground : le bruit, les larsens, et le poison, enveloppés d'une beauté parfois pure, souvent brutale, toujours fascinante. Que penser de cet album, donc ? D'abord, on remarque son unité, une forme de qualité qui englobe l'ensemble des titres, le choix n'est plus possible, plus de tri, comme dans les précédents efforts du Brian Jonestown Massacre. Ensuite, on est frappé par la quasi-disparition de la voix d'Anton. Déroutant au départ, voire décevant. Et puis, le bruit, les fausses notes. Beaucoup plus qu'à l'accoutumé. Les grésillements. Une sorte de nouveau White Light/White Heat ? Peut-être. On dirait que la folie d'Anton prend le pas sur, non pas son talent, son génie, mais sur les conventions. Cet album peut être un hymne au grand n'importe quoi, aussi bien qu'un chef-d'œuvre. Il peut-être l'œuvre d'un fou, le laisser aller d'un artiste en perte d'inspiration et de lui-même, comme un coup de pied dans la gueule du conformisme. Encore un coup de Newcombe pour échapper au commerce. Il ne faut pas s'y tromper, My Bloody Underground contient de vraies chansons, seulement, elles sont toutes sabotées. Comme sur le deuxième (et meilleur) album du Velvet. Peu importe l'impression qu'on retire de l'écoute de ce disque, l'important est que l'impression sera forte. Inévitablement.


Exceptionnel ! !   19/20
par Black Régis


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