Nits

Ting

Ting

 Label :     Columbia 
 Sortie :    1992 
 Format :  Album / CD   

Puisque personne ne semble vouloir chroniquer la pièce maîtresse de l'œuvre des Nits, je vais résoudre ce problème. La tâche n'est pas simple, on n'est même pas loin du cauchemar de chroniqueur.

C'est en 1992 qu'arrive Ting... Pour situer 1992 c'est en pleine vague grunge, l'année du Ten des Pearl Jam ou aussi du Dry de PJ Harvey, bref un moment ou le monde du rock n'en a rien à faire des perles pop intimistes. A la première écoute on se dit que c'est une suite de chansons dénudées au maximum, l'utilisation comme instrument principal des pianos agrémentés de quelques percussions, survolés par du chant et puis c'est à peu près tout. Pourtant tout est trop beau, trop lumineux, un pic de créativité hautement chargé en émotion. L'ensemble n'est pas très évident au première écoute mais une fois la bête apprivoisé c'est que du bonheur, et on le réécoute sans cesse sans jamais être rassasié. Tout est parfait: point de grandiloquence ni d'émotion surfaite. Henk Hofstede un des pianistes avouera 10 ans après la sortie ne toujours pas avoir compris comment ils ont atteint un tel résultat.

Quand on pense que certains estiment la musique des nits comme étant trop lisse, on ne saurait que trop leur dire d'écouter cet album qui est un tour de force permanent, un chef-d'œuvre qui se renouvelle à chaque écoute, mais avant de vous y lancer je conseille à vos oreilles une étape d'acclimatation, In The Dutch Mountains ou Giant Normal Dwarf devrait faire l'affaire. Attenttion cependant une fois qu'on a goûté à Ting presque tous les disques deviennent fade. Depuis 1992 le monde se divise en catégories ceux qui ont écouté Ting et qui s'en sont rarement remis et les autres qui ne peuvent comprendre toute sa puissance.


Exceptionnel ! !   19/20
par Mozz


 Moyenne 19.50/20 

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Posté le 01 mai 2006 à 19 h 27

Cela commence par des notes de piano, cristallines et légères, qui accompagnent la cavalcade éperdue d'une âme apeurée, prise au piège de ses souvenirs, qu'un violoncelle au son doux et chaud tente pourtant de réconforter. Le temps fuit, les images défilent : celles d'un être aimé, reflétées dans les miroirs d'une maison, puis celles de voitures qui roulent toujours plus vite dans la nuit froide d'une ville hostile... "Cars And Cars", somptueuse ouverture, très cinématographique...
Les angoisses nocturnes semblent ensuite se dissiper. Nous voici sur le bord d'un trottoir, dans les brumes du petit matin. Attendant le bus, nous sommes tirés de notre torpeur par un tintement, un appel carillonnant, un petit "Ting". Qu'est-ce donc ? Cette sensation fugace se dissout dans une goutte de pluie, aussi énigmatique qu'une de ces boîtes poétiques imaginées par le sculpteur Joseph Cornell, auquel la chanson suivante rend hommage. Et dans la boîte à musique qui nous intéresse, cela continue à tintinnabuler comme dans un rêve éveillé, de ceux que nous pouvons faire en déambulant dans un musée... Quel chef-d'œuvre que cette "Soap Bubble Box" !
Le piano égrène à nouveau ses notes, comme de petites perles, avec cette superbe sonorité de glace fondante. Une mélodie parcourue par des frémissements palpables, et toujours ce contraste entre le chaud et le froid : "Fire In My Head" est une autre merveille.
L'intro de "House On The Hill" est tout aussi sensationnelle : c'est l'écho de gouttes d'eau qui chutent au milieu d'un lac souterrain, répercuté par les parois d'une grotte. "Christine's World" est un apaisement, mais l'instrumental "Bus" est un embrasement, une course étourdissante à travers la danse frénétique de flocons de neige.
Retour au calme avec "River". Le flot du temps et des souvenirs, grossi par les précipitations hivernales, s'écoule avec lenteur. Survient alors une poussée de sève juvénile avec "Tree Is Falling", et son piano qui caracole en cascades. Mais le printemps n'est pas encore là, et la frissonnante "White Night" vient le rappeler en un saisissement ouaté. Les beaux jours tardent à venir, c'est encore l'époque des longues et belles nuits, dont la tombée précoce est propice aux rêveries qui s'éternisent. Mais le soleil finira par revenir, tel un "Yellow Boat" glissant sur la rivière. Quand neige et glace fondront pour de bon, il sera doux de s'abandonner à cette réjouissance un peu lâche d'échapper enfin à leur emprise...

Avec ses chansons finement sculptées dans le cristal et la glace, Ting est une sublime œuvre thématique. Voilà incontestablement le sommet de la discographie des Nits, un album tout simplement magique.
Intemporel ! ! !   20/20







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