Morrissey

World Peace Is None Of Your Business

World Peace Is None Of Your Business

 Label :     Harvest / Capitol 
 Sortie :    mardi 15 juillet 2014 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

World Peace Is None Of Your Business... Voilà un album qui aura divisé la critique et les fans en 2014, la première l'encensant et le plaçant aux côtés de Vauxhall And I ou encore You Are The Quarry, le public quant à lui ne comprenant pas les nouveaux délires hispanisants de Morrissey.

Comme c'est l'habitude depuis quelques années maintenant chez nos papys du rock, l'album est sorti avec ses 12 titres pour l'édition simple et augmenté de 6 autres sur la version Deluxe.

Bon c'est bien (in)utile ces détails, mais qu'est-ce que ça vaut vraiment? Est-ce le retour en grâce du Moz ou sa déchéance artistique complète?

Ben il n'y a pas de quoi s'extasier, ni à avoir complètement honte. Le disque est bien produit (Joe Chiccarelli), les instruments sonnent bien, et mis à part les quelques titres whatthefuckesques hispanisants, les chansons sont plutôt de bonne facture, en apparence.
Le problème, c'est le côté un peu trop classique de la chose sur les chansons rock: on ne constate pas de réelle évolution dans l'écriture de Morrissey, lui qui n'a pourtant pas la plume dans le cul (enfin...), et l'instrumentation de son comparse Boorer, ici accompagné de Gustavo Manzur et de Jesse Tobias, ne va pas plus loin que d'habitude. "Neal Cassady Drops Dead" et "Istanbul" sont agréables à l'écoute, les guitares bien mises en avant, mais on a l'impression que le type n' a pas évolué depuis 10 ans (voire plus...). "I'm Not A Man" et ses synthés dramatiques enfoncent un peu trop le clou et puis on avait compris que Morrissey était au-delà des sexes, qu'il aimait cette fille aux cheveux longs et ce garçon qui pourrait dire non. "World Peace Is None Of Your Business" qui ouvre l'album peut être soit prise comme un grand moment d'autodérision, soit comme un message qui aurait pu être fort, mais qui tombe complètement à plat.
Puis arrive ce milieu d'album, un peu fatal, qui commence avec "Earth Is The Loneliest Planet Of Earth". Pour un peu, on croirait que Morrissey reprend "Where Do You Go?" des No Mercy. Mais finalement, le truc passe à peu près, sans trop casser. Puis vient l'enchaînement "Staircase At The University" / "The Bullfighter Dies" (où il se viande complètement) / "Kiss Me A Lot": Morrissey, sur un air latino, ressent le tempo, de Paris à Rio De Janeiro! Merde! Le truc, c'est que Morrissey fait de la variété, mais comme c'est Morrissey, on ne veut pas trop se l'avouer ou en prendre conscience.
Le final de "Smiler With Knife" pourrait nous faire changer d'avis avec ses larsens pleureurs et sa rythmique armée, mais ça reste très léger après ce qu'on vient d'écouter. "Kick The Bride Down The Aisle" aurait finalement gagné à assumer son côté "El Mariachi" jusqu'au bout, et demeure bien mou. La basse menaçante au début d'"Oboe Concerto" laisse présager d'un grand final, mais tout comme le titre précédent ("Mountjoy"), c'est d'un ennui...

Finalement, ce sont les bonus tracks qui sauvent un peu l'affaire: "One Of Our Own" est bien produit, à un côté dramatique qui pour une fois n'est pas surjoué (enfin, si un peu, mais c'est Morrissey). "Drag The River" est une bien jolie chanson, optimiste et apaisante, pop comme il faut (ce dont nous savons Morrissey réellement capable). Les cordes et rythmiques de "Scandinavia" sont bien placées et donnent un titre intéressant malgré le refrain.

World Peace Is None Of Your Business s'écoute sans trop de peine, mais malgré les efforts pour revenir dessus et l'appréhender comme il faut (il est quand même un peu trop long), ni la musique, ni les paroles ne restent en tête. Dommage.


Moyen   10/20
par Machete83


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