Morrissey

Morrissey & Siouxsie : Interlude

Morrissey & Siouxsie : Interlude

 Label :     Parlophone 
 Sortie :    lundi 08 août 1994 
 Format :  Single / CD  Vinyle  K7 Audio   

Rares sont les singles qui frôlent la perfection à ce point. Celui-ci s'en rapproche, l'effleure du bout de la main et donne le vertige à l'amateur de belles mélodies qui sommeille en chacun de nous. Boz Boorer, le fidèle collaborateur de Morrissey, a créé pour l'occasion un écrin taillé sur mesure avec violons lamés or et guitares en dentelle en ré-orchestrant ce morceau de George Delarue et Hal Shaper. Ca donne au finish un réceptacle idéal pour mettre en valeur une poésie élégiaque impeccable, une de ces histoires d'amour fantasmée qui a peu de chances de se réaliser.

J'ai découvert cette chanson par hasard via la compilation Suedehead The Best Of Morrissey publiée il y a une petite dizaine d'années. Ce titre m'était apparu dès le départ comme le plus singulier du cd avec son ambiance atypique pour se calfeutrer au coin du feu. Je ne savais pas qui accompagnait Moz et donc qu'elle était cette voix féminine avec ce timbre si particulier. J'avais bien sûr vaguement déja entendu parler de Siouxsie mais j'avais associé comme tout le monde ce nom aux étiquettes répertoriées par la presse. Et pour être honnête, à l'époque, jamais je n'aurais pensé un jour que j'allais me procurer un à un chacun de ses albums. Interlude a donc fait voler en éclats tous les a-prioris négatifs que je pouvais avoir sur cette chanteuse anglaise dont le look insensé a induit en erreur beaucoup de gens, à tort quant à la qualité réelle de sa musique. Depuis, je réécoute ce single avec toujours le même plaisir intact comme au premier jour. A vrai dire, quand deux de vos artistes préférés chantent ensemble, y'a de quoi être aux anges.

Il faut dire que cet interlude a tout pour plaîre. Boz Boorer, arrangeur talentueux souvent mésestimé par la presse et par ailleurs inconditionnel de Siouxsie, s'est surpassé. Il a fait ici un travail d'orfèvre à la production avec un son vintage très harmonieux qui se fond impeccablement dans le décor. Il n'y a pas un cheveu qui dépasse chez les musiciens et aucune chaussure mal cirée en vue. Phil Spector ou Brian wilson 'in persons' n'auraient sans doute pas mieux dirigé cette session s'ils avaient eu à la faire.

Bizarrement, ce single est passé quasiment inaperçu à sa sortie. Il faut dire que cette ballade élégiaque est sortie en plein été, saison par définition peu propice pour promouvoir ce type de disque. On peut aujourd'hui crier à l'injustice et dire que ce titre aurait mérité à peu de choses près d'être traité avec autant d'égards que le fameux duo de Frank et de Nancy Sinatra mais ah quoi bon. Ce non-succès restera un mystère, un de plus dans l'histoire de la musique. Avec le recul, Interlude reste néammoins l'un des plus beaux singles chantés par Morrissey en solo à côté des excellents "Everyday Is Like Sunday" et "Hold On To Your Friends". Niveau mélodie, il n'a d'ailleurs plus jamais retrouvé le même niveau. C'est aussi le cas pour Siouxsie dont le titre le plus similaire à celui-ci est le simple imparable et peu connu "The Last Beat OF My Heart". Que pourrait-on ajouter pour finir de convaincre les plus indécis... Je dirais qu'Interlude se rapproche aisément de la maturité d'un Léonard Cohen pour ses arrangements tout en retenue et en finesse. De quoi mériter tous les honneurs... sur l'étagère au dessus de votre chaîne hifi !


Intemporel ! ! !   20/20
par Rabbidcat


 Moyenne 20.00/20 

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Posté le 03 août 2015 à 22 h 47

Je ne peux qu'approuver le propos du chroniqueur précédent. Comment comprendre le peu de considération que reçoit ce single, en regard de ses qualités? Les deux icônes les plus farouches et excentriques du rock britannique se caressent le temps d'un "interlude" aux cordes suaves. À qui prétendrait que Morrissey est un imposteur prétentieux aux capacités vocales limitées et Siouxsie une banale "prêtresse Goth", ce single doit être donné. Il sonne comme un rendez-vous entre deux amants.

L'onirisme du "Last Night I Dreamt That Somebody Loved Me" des Smiths embrasse la sensualité chatoyante du "Melt" de Siouxsie & The Banshees. La mélancolie amoureuse n'aura jamais été aussi bien évoquée que sur cette reprise. Lorsque j'écoute ce titre, je bénis le jour où j'ai trouvé mon premier disque des Smiths dans une échoppe avant de m'émouvoir, avec mes oreilles adolescentes d'alors, sur le splendide bruit de pluie de "Well I Wonder". Quelques années plus tard, les lamentations de Morrissey me sont toujours émouvantes.
Intemporel ! ! !   20/20







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