Nirvana

In Utero

In Utero

 Label :     Geffen 
 Sortie :    mardi 21 septembre 1993 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Qu'on le veuille ou non, Nirvana est LE groupe des années 90, celui qui a su redonner au rock son coté sale, voire malsain, et direct. In Utero ou comment retrouver le coté viscéral de la chose rock, perdu dans les égouts progressifs et synthétiques bas de gamme des années 70 et 80. Au moment ou cet album sort, Nirvana est devenu quelque chose d'énorme, le groupe déjà culte d'une génération entiere, celle des 12-25 ans mals dans leur peau. C'est un peu caricatural et pourtant... quel événement et quel drame a été l'annonce de la mort de Cobain ! Mais revenons à la musique. In Utero est le successeur de Nevermind, plus ou moins renié par Cobain, celui-ci le trouvant trop lisse, voire trop pop. La faute à Butch Vig, producteur de l'époque ? Ou au succès inattendu qui traumatise le leader du groupe de Seattle ? Peu importe, c'est en tout cas sur Steve Albini que se porte le choix du combo grunge pour donner naissance à In Utero, qui réussit à sortir sur disque le son rageur et violent caractérisant Nirvana en live. Le résultat est particulièrement rentre dedans, rappelant le fameux Bleach des débuts, la maturité en plus. Cobain déverse ses paroles torturées et glauques ('My shit is her milk, her milk is my shit') sur des mélodies tranchantes et sales, admirablement soutenues par les deux faire valoir Novoselic et Grohl, au sommet de leur forme. Les seules plages de douceur sont passées au vitriol ("All Apologies" et "Dumb", superbes) et équilibrent l'ensemble, sacrément hargneux. Kurt Cobain était certainement plus un junkie dépressif qu'un songwriter génial (ce qu'on a souvent prétendu pour entretenir son culte) mais il savait mieux que personne déballer ses tripes au grand jour pour mieux remuer les notres, et c'est là la marque des plus grands. A (re)découvrir.


Parfait   17/20
par Jekyll


 Moyenne 18.91/20 

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Posté le 16 septembre 2003 à 03 h 48

In Utero, le meilleur disque des années 90 ?Probablement. Le son d'In Utero est un son cru, sale, puissant. Les compositions sont merveilleuses. "Serve The Servants". Les coups de bagettes au début. Wow. Kurt Cobain était certainement le meilleur songwriter de cette génération. Il n'y a pas beaucoup de gens qui sont capable de des disques avec seulement 3 accords et de gueuler avec la gorge pendant 1 heures. La voix de Kurt Cobain est extraordinaire. On ne retrouve que cette sorte de voix très rarement. John Lennon, David Bowie, Renaud S.M. Neil Young et Kurt Cobain l'ont.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 16 septembre 2003 à 09 h 26

In Utero, c'est un peu comme le House Of The Holy de Led Zep : comment réagir après un chef-d'oeuvre ? Led Zep avait réussi là où on ne les attendait pas en sortant des chansons reggae, funky et de grandes ballades pour succéder à Led zep 4. Nirvana eux ont réagi autrement : au lieu de changer de style (comme Load de Metallica), ils ont décidé d'enfoncer le clou avec un album plus noir, plus bruyant, plus suicidaire que le précédent... et parie réussit. Même si cet album à beaucoup moins marché que Nevermind, on a rarement vu une telle intensité... une telle énergie electrique. De la macabre "Heart Shaped Box" à l'inoubliable riff de "All Apologies", tout ici est superbe. Rien à redire. Le son est aussi brut que les premiers Nirvana (Bleach, Insecticide), mais les chansons sont beaucoup plus réussies... superbe album qui concluera la fin de l'un des plus grands groupes des années 90...
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 18 avril 2004 à 21 h 17

Il y a des jours où les forces se déchaînent, où tout vous tombe sur la gueule. Le jour de la première écoute d'In Utero en fait partie. Il faut vraiment arreter de lécher les converses usées de ces grungeurs involontaires pour tout ce qu'ils font, mais là il est difficile de ne pas etre élogieux face a la noirceur, au nihilisme de cet album rêche à la puissance corrosive.
Plus que le disque d'une génération, le disque d'une vie.
Excellent !   18/20



Posté le 26 avril 2004 à 15 h 15

In Utero ou l'album de ce qu'est (fut ?) le grunge. Fini la production léchée et grand public de Nevermind avec Butch Vig : Steve Albini aux manettes, redonne le son de Nirvana, le vrai, celui que Cobain désirait et qui s'était perdu depuis Bleach. Résultat, un album sombre ("Heart-Shaped Box", "Rape me"), violent ("Tourette's", "Milk It"), crade ("Scentless Apprentice", "Very Ape") et surtout désespéré ("Pennyroyal Tea", "Dumb, "All Apologies"). Dix ans après, In Utero garde toujours cette puissance, cette force et cette émotion qui distingue les grands albums des classiques du rock.
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 02 mai 2004 à 22 h 57

Cet album, qui est pour moi le meilleur de Nirvana, reflète totalement ce qu'est le grunge, et ce que Cobain et ses 2 potes ont voulu nous transmettre réellement. Loin de Nevermind, qui voulait toucher un large public, ce qui fut le cas par l'engouement que l'on connaît et qu'il a sucité (12 millions vendus, si je ne me trompe pas). Ici, avec In Utero, Nirvana nous a fait un rock bien crade comme on les aime, même s'il y a des chansons plus douces, qui sont néanmoins géniales ("Dumb", "All Apologies"). Rien que de voir l'arrière de la pochette, on comprend comment Kurt était torturé, ce qui ce réflète dans ses chansons, comme "Scentless Apprentice" ou "Radio Friendly Unit Shifter". Et on a affaire à des chansons d'une intensité rare, malgré la simplicité mais conservant une mélodie, par exemple, "Tourette's" (ma préférée).
Mais Nirvana n'était pas que Kurt, et on retrouve un Dave Grohl aussi puissant que génial, que dans Nevermind. Et que dire de Krist Novoselic, toujours impréssionnant.
Voilà, cet album est certes moins facile d'accès que Nevermind, mais nous montre un Nirvana, qui veut revenir au source, et voulant, peut-être oublier le 'succès' de Nevermind, album que Cobain regretta par la suite.
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 11 août 2005 à 18 h 29

Cet album a tout simplement permis à Nirvana d'acquérir son titre de légende du rock.

Après Nevermind et son succès commercial interplanétaire, Kurt Cobain regrette que la majorité des fans (adolescents surtout) aient mal compris le message. Après ce succès, les détracteurs de Nirvana leur avaient reproché d'avoir profiter de ce qu'ils critiquaient, et d'avoir empoché des millions de dollars.
Avec In Utero, Nirvana qui aurait bien pu choisir la voie de la facilité et sortir un 'Nevermind 2', décide de couper court avec ces fans d'un jour, et d'enfin d'écrire la musique qui lui plait vraiment.
In Utero possède un côté plus lourd et sale que Nevermind, voire malsain, qui paradoxalement rend la musique de Cobain plus pure et moins ambigue.
La voix de Cobain y est d'avantage écorchée vive que sur Nevermind. On retrouve le Bleach des débuts avec la maturité en plus.
Cet album qui aurait dû s'appeler 'I hate myself and I want to die' (une prophétie ??), est l'album testament de Nirvana. On retrouve des titres comme " Serve The Servant", un miracle de simplicité et d'honnêteté ; "Scentless Aprentice", toute droit sortie des angoisses héroïniques de Kurt Cobain, ou encore "Heart Shaped Box" un hymne post mortem.
"Francis Farmer Will Have Her Revenge On Seattle" et "Radio Friendly Unit Shifter" donnent à In Utero son côté expérimental. "Rape Me" et "Pennyroyal Tea" sont 2 morceaux remplis de rage, de désespoir et de lyrisme. "Tourette's" : de la rage absolue. Sans oublier les balades extraordinaires qui caractérisent une particularité du groupe : "Dumb" et "All Apologies" .

Après la parution de In Utero, Nirvana reconquiert ses lettres de noblesse et récupère son côté indépendant.
C'est là l'album suprême de Nirvana qui n'a certes pas brillé commercialement comme Nevermind, mais surpasse largement ce dernier artistiquement.
Le dernier vrai album de grunge, celui que Cobain n'a jamais renié.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 09 octobre 2006 à 16 h 50

Ce fut une très merdique journée de mois d'avril quand la nouvelle tomba brutalement. 'I Hate Myself And I Want To Die' : vous parlez d'une sale blague ! La chute, depuis, ne prêta plus à rire. Le suicide, acte terminal, fatal, injuste, stupide, d'une détresse d'un type trop sensible, devint le geste sauveur malsain de l'oeuvre la plus aboutie de Nirvana, restée dressée dans le rectum étroit de censeurs de l'apparemment correct qui voulaient en apporter leurs modifications : changer le titre "Rape Me" et enlever la photo de la pochette arrière. Bien sûr, c'était l'une des gouttes d'eau qui finissait de remplir le vase déjà à ras bord. Du gâchis! Un beau gâchis! Cependant, parlons du disque. Parce que Nirvana l'a réalisé, SON PUTAIN DE DISQUE ! Du gros son ulcéreux qui décape jusqu'à l'os, pesant et agressif. Dave Grohl rythme le tout à en faire par moment crever ses peaux ("Scentless Apprentice", "Tourette's"...). Nevermind ne faisait que reluire l'émail des chiottes, In Utero les (dé)bouche carrément. Pardon, je voulais dire les oreilles. Cette puissance morbide de "Milk It". La bienséance stomacale de "Pennyroyal Tea"... Pas de "Waif Me" à la con et les foetus 'dorment' tranquillement dans leur nid de viscères et d'orchidées.
Bénis soient ceux qui ont aimé Kurt Cobain. Maudits soient ceux qui l'ont idolâtré.
Parfait   17/20



Posté le 05 décembre 2006 à 18 h 08

Si quelqu'un qui croit connaître le rock ne connaît pas In Utero, c'est qu'il ment ! En effet, comment passer à côté de ses titres exceptionnels tels que "Frances Farmer Will Have Her Revenge on Seattle" ou bien même "Heart Shapped Box" qui est reconnu comme LA meilleure chanson du groupe donc, par la même occasion, la meilleure de tous les temps. Bien que beaucoup de gens ingrats pensent que Nirvana n'est qu'un groupe bourin qui ne sait rien faire d'autre que défoncer ses guitares lors de ses concerts, "Dumb" pourra leur prouver le contraire. Je pense donc que In Utero est un album exceptionnel mais qu'il n'atteint quand même pas la hauteur de Nevermind.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 21 février 2007 à 21 h 26

Le troisième album de Nirvana était attendu par tous ceux qui les avaient découvert avec Nevermind... Mais Cobain avait prévenu, 'nous allons perdre pas mal d'auditeurs avec In Utero'. Du reste, cet album a bien failli s'appeler 'I Hate Myself And I Want To Die' (histoire de donné un avant goût), ce qu'avait refusée la maison de disque (elle avait d'ailleurs refusée la première version du mixage de l'album, voulue brutale et organique par Cobain).
Bref, In Utero n'est pas une suite, plutôt un retour aux origines et une envie farouche pour le groupe de recentrer son auditoire. Et s'affranchir des préjugés de groupe commercial et stérile.
In Utero marque la fin du grunge avant l'heure... au sens marketing du terme.
C'est une succession de titres bouillants et amers, tant dans les textes que dans la musique ("Serve The Servant" et "Radio Friendly..." en tête). On y trouve aussi les hymnes représentatifs du vrai visage de Nirvana ("Heart Shaped Box", "Scentless Apprentice", "Dumb", "Pennyroyal Tea"), à savoir la liberté de ton et de créativité non calibrée, face à la machine commerciale que le groupe était devenu (merci GEFFEN). Quelque part aussi, on y pressent le destin du groupe et leur dépit face à ce qu'ils sont devenus malgré eux ("All Apologize").
Même si il a un peu vieilli lorsqu'on l'écoute aujourd'hui, on ne se lasse pas de l'ambiance que dégagent les prises de son et les compos. On est replongés dans le milieu rock de Seattle (souvent copié) dont bien peu survivent aujourd'hui. A ce titre, "In Utero" obtient déjà la statut d'album intemporel, comme l'album éponyme d'Alice In Chains en 1995.
Pour les fans il est incontournable et ouvre à d'autre influence musicale (AIC, Pearl Jam,...).
C'est l'album dont le groupe était le plus fier.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 07 mars 2007 à 16 h 49

Nirvana, l'époque des cheveux longs et sales, des chemises à carreaux crasseuses et des jeans déchirés. Ah merveilleuse jeunesse ... renaissance punk. Pendant ces courtes années, un drame a réussi à se nouer.

Acte 1 : Présentation
Nirvana surfe encore sur la vague du succès de Nevermind. Surfe est un bien grand mot: on aurait pu dire par opposition 'jubile' ou 'subit', tellement la volonté était grande de rencontrer le succès (comme REM) et de rester indépendant (comme les grands frères Melvins). Ce tiraillement entre le commercial et l'indé est au coeur même du complexe Nirvana. Paradoxal. D'ailleurs on ne leur laisse pas le choix. En 1993, ils veulent se racheter de cet écart effectué vers un plus grand succès. Retrouver leur esprit d'origine. Cet album sera produit par Steve Albini (du groupe Rapeman, producteur de Surfer Rosa des Pixies, vénérés par Cobain), qui avait la réputation de tirer le meilleur des groupes qu'il supervisait, sans influencer le contenu des albums, et surtout sans se soucier de l'aspect commercial des choses. Nirvana lui a demandé un album brut. Il sera brut.

Acte 2 : L'album
L'enregistrement n'aura duré qu'une semaine. C'est très peu pour un groupe de cette renomée. Et le résultat est là. Dès que commencent les premières notes de "Serve The Servants", on est pris aux tripes. Magnifique chanson, très personnelle, de Cobain. Ce qui choque au premier abord sur l'album c'est la noirceur de l'ensemble. Terminé la crise adolescente de Nevermind. Ici les textes et la musique sont plus matures et plus violents ("Milk It" notamment, ou "Scentless Apprentice"), histoire de renouer avec l'ambiance underground, tout en conservant une face pop, hommage à REM et aux Pixies ("All Apologies", "Heart-Shaped Box"). Evidemment le titre initial de l'album (I Hate Myself And I Want To Die) et une chanson comme "Rape Me" n'étaient pas du goût de leur maison de disque Geffen. Cette dernière a même demandé le remix des chansons les plus pop ("Heart-Shaped Box" et "All Apologies").
Malgré cela comment ne pas succomber au charme d'un "Dumb" ou d'un "Heart-Shaped Box" (une des plus belles chansons du groupe) ? Comment ne pas céder sous la violence d'un "Scentless Apprentice" ou d'un "Tourette's"? Comment résister à l'appel de "Rape Me" ou à l'invitation de "Pennyroyal Tea". Tout est bon dans l'album: les guitares cradingues à souhait, la rythmique très lourde et brute de Dave Grohl, le tout lié par la mélodique basse de Chris Novoselic. Bref cet album est, à mon sens, un bon compromis du son de Nirvana. Moins pourri que celui de Bleach, moins lisse que celui de Nevermind. Bref à l'intersection des 2. Sans doute proche de la volonté du groupe.

Acte 3 : Succès forcément
... mais beaucoup plus mitigé que celui de Nevermind, normal. Déception pour Geffen et tournée pathétique, ou le groupe s'ennuie. La magie est perdue, l'entente du groupe dissolue, et la fin proche.

Epilogue
La tournée s'arrête. Kurt Cobain est placé en cure de désintoxication. Il s'évade quelques jours plus tard et se suicide, seul, dans sa maison. Par la force des choses le groupe est mort. Il nous reste des disques, trop peu de disques, mais ils sont tellement bons.
Excellent !   18/20







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