Placebo

Without You I'm Nothing

Without You I'm Nothing

 Label :     Hut 
 Sortie :    lundi 12 octobre 1998 
 Format :  Album / CD  Vinyle  K7 Audio   

Impossible de fournir une fiche artiste exhaustive sur Placebo sans mentionner le chef-d'oeuvre Without You I'm Nothing. Produit dans les studios de Peter Gabriel, ce deuxième opus succèda à un premier album éponyme au son rageur et à fleur de peau, et adoubait au passage Steve Hewitt comme nouveau batteur du groupe. Selon les dires de Molko, WYIN a été composé dans un état de délabrement sentimental total pour chacun des tiers du trio, et c'est ce qui expliquera la douleur qui affleure dans la plupart des textes, avec des extraits devenus hymnes ("never thought you'd go break the chain/never thought you'd fuck with my brain..."), tandis que les dons de parolier du chanteur francophone se revèlent sous leur jour crû et acerbe ("sucker love I always find/someone to bruise and leave behind"). Musicalement, c'est ce qu'on appelle conventionnellement une usine à trouvailles géniales, du beat electro de "Pure Morning" à la guitare baryton de "You Don't Care About Us" en passant par les lignes de basses simplissimes mais à fort potentiel mélodique des morceaux mid-tempo ("Ask For Answers", "The Crawl"). Et comme si ça ne suffisait pas, comme si on ne ressortait pas assez exsangue d'un tel album, Placebo ferme la marche par un morceau caché épique et innovant, "Evil Dildo", joué à deux basses et où est samplé le répondeur de monsieur Molko, qui vous met à genoux pour prier que le groupe se maintienne dans une telle direction (ce qui ne se fera pas par la suite, mais on ne leur en voudra certainement pas). Comme une percée lumineuse au royaume du rock, WYIN vient contredire l'axiome qui voudrait qu'il soit impossible de sortir un album passionnant de bout en bout, où s'équilibrent de façon jamais précaire ballades à se damner et morceaux électriques (voire électroniques) à faire pâlir de jalousie les pseudos roi de la brit-pop. Souvent imité, jamais égalé, il y a fort à parier que la plupart des heureux acquéreurs d'un tel trésor se trouvent obligés d'en faire un duplicata afin de ne pas endommager l'original par une écoute jusqu'à plus soif... A consommer sans aucune modération.


Exceptionnel ! !   19/20
par Scifi_leni


 Moyenne 18.50/20 

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Posté le 11 mars 2004 à 18 h 18

C'est sur cet album puissant que j'ai découvert ce trio phénoménal. Aprés un premier album très rock, punchy, d'une énergie naïve mais ultra efficace, Placebo se laisse ici aller sur une pente magnifiquement sombre, aux sonorités à la fois simples, novatrices et spirituelles. Des morceaux rock bien rythmés, avec une basse très présente, et la voix si particulière de Brian Molko, sur des guitares aux mélodies rudes mais envoûtantes, mais aussi des passages sinistrement beaux, calmes, à l'image du "Without You I'm Nothing", de la trempe d'un "Where Is My Mind" des Pixies ?". Les inspirations de Sonic Youth et de Cure se font ressentir tout au long de l' album, sans pour autant plagier les caractéristiques de ces initiateurs.
L'émotion est immense, parfois dure, parfois lugubre. Toujours bons, les titres de cet album restent sans doute les plus représentatifs de la créativité artistique du groupe, particulièrement du leader charismatique... Le meilleur des quatres sortis à ce jour !!! Un plein de sensations...
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 12 juin 2004 à 23 h 26

Plus réfléchi que "Placebo", il est loin de perdre la spontaneité et la sincérité de l'album précédent.
Loin de là, le travail étant logiquement moins expérimental (deuxième album), il est plus équilibré : c'est un éventail assez large des prouesses que peuvent accomplir le trio.
Des titres tranchants et qui sonnent comme "Every You Every Me", "Scared Of Girl", "Allergic", ils contrastent avec les brumeux "Pure Morning" et la chanson titre. C'est aussi des ballades qui vous donnent la chair de poule, comme "Summer's Gone" ou "My Sweet Prince". Comment ne pas parler des autres telles que "Burger Queen", dont il est sorti une version francaise plutôt bien adaptée, ou "You Don't Care About Us", qui traduit un sentiment concret de façon à la fois poètique (métaphores et images dont les textes de Placebo débordent), et concrète.

Bel échantillion de tout ce qu'est Placebo en vrai, tout sauf un groupe commercial.
Parfait   17/20



Posté le 30 juillet 2004 à 16 h 11

Bon, les premières années de Placebo sont incontestablement les plus tourmentées, mais ça ne veut pas forcément dire que se sont les meilleurs années de Placebo (du point de vue musical) ; mais "WYIN" a retenu mon attention un peu plus de temps que les autres. Donc pour ça, je doit bien avouer que l'album fait froid dans le dos à la première écoute, très profond, tourmenté et sensuellement noir, c'est un des opus qui fait le plus réfléchir sur sa vie sentimentale et "mentale"...
Et en soi, ce n'est pas une si mauvaise chose, un album qui se laisse écouter sans se laisser approcher de trop près, c'est la fin d'un Placebo pour un prochain plus mûr.
Très bon   16/20



Posté le 10 janvier 2005 à 23 h 27

Without You I'm Nothing, deuxième album de Placebo, qui, après un très sulfureux premier album, a opté pour un second album plus personnel. Il est la merveille à l'état pur, la pépite de leur carrière. Le sujet principal est l'amour perdu, l'amour tricheur, les déceptions amoureuses. Les mélodies accrocheuses comme "Pure Morning", la chanson phare, "Without You I'm Nothing" (qui d'ailleurs a été chantée en duo avec David Bowie), version présente sur le single, et il y a aussi les chansons qui vous arrachent le coeur et les larmes "My Sweet Prince" qui transmet une phase de la vie de Brian, et le magnifique "The Crawl" qui possède une atmosphère tragique. Without You I'm Nothing est un très bon deuxième album, sincère et rempli d'émotion, qui donne la chair de poule à la première note.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 04 juin 2005 à 17 h 59

Pour moi, c'est simple, "WYIN" est le meilleur album de Placebo, parce que le plus profond, et parce que l'on ressent le point auquel les émotions y étants retranscrites sont terriblement puissantes et obscures.
Mais la jeunesse du groupe à cette époque l'empêche d'être intemporel (l'album), à cause de certaines mélodies instrumentales un peu trop répétitives.
C'est tout de même un pure délice pour mon appareil auditif en surplus de mélancolie, qui ne fait qu'en redemander encore et encore. Quiquonque ne connaît pas cet album ne connaît pas Placebo.
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 30 juillet 2005 à 00 h 02

1998 ou l'année du retour tant attendu du trio masculin le plus féminin de cette fin de siècle. D'ailleurs, l'un des trois membres originels du groupe, le batteur, a quitté ses baguettes à cause de malentendus avec la forte tête du groupe. Ainsi, l'homme-femme au micro a poussé l'homme aux fûts à la porte de Placebo et accueilli l'un de ses amis, l'Anglais Steve Hewitt.
Et assurément, son arrivée aura porté un coup largement positif à la composition du groupe. Déjà, elle est source de cohésion et de maturité – Steve étant plus âgé et plus expérimenté- , notamment au niveau musical : Placebo est devenu un véritable groupe et n'est plus qu'un simple line-up destiné à l'amusement. Sex, drugs and rock'n'roll ? ... La période 1996 est passée : finis les coups de cocaïne dans le nez et finis les coups de "cock" incessants. "Without You I'm Nothing" marque au contraire l'entrée des trois musiciens dans une nouvelle ère : celle des coups de blues, des coups durs et celle des coups d'eyeliner.

Placebo suit la trace de ses idoles : il devient plutôt glam comme celui qu'ils surnomment affectueusement "Uncle Bowie", acquiert une sensibilité après une fureur énergique comme PJ Harvey, et nous offre un second opus de luxe à l'image du "Post" de Björk ou du "Nevermind" de Nirvana (deux albums qu'ils portent hauts dans leur coeur). Oui : "Without You I'm Nothing" surpasse nettement son prédécesseur.
La pochette retranscrit à merveille l'état d'esprit du groupe durant la période d'enregistrement : comme les deux jumelles, il est dans une étape de réflexion intense, de remise en question totale. Après les dégâts et les futilités d'hier, Placebo aujourd'hui regrette, et se retrouve plus que jamais hanté par des remords amoureux.
Dans le somptueux "Pure Morning", on se rend compte de cet écart immense entre 1996 et 1998 : la première année représente la soirée alcoolisée et droguée que passent les protagonistes de la chanson, la deuxième symbolise le lendemain désagréable et la gueule de bois. Ainsi, on peut véritablement décrire "Without You I'm Nothing" comme un album gueule de bois, migraineux et nauséeux.
Tout au long des 13 pistes (dont encore une fois, une instrumentale cachée), on sera face aux démons de Brian, dévoilés avec une transparence exceptionnelle. Entre deux ballades dans la campagne, dans la solitude la plus extrême, le chanteur revient sur ses amours déchues, sur ses regrets, et sur ses sentiments noircis de mascara et de fards à paupière. "Without You I'm Nothing" peut s'apparenter ainsi à une autobiographie psychanalytique à l'image de celle d'un Chateaubriand (on y retrouve un certain romantisme propre aux Mémoires d'Outre-Tombe), d'un Michel Leiris (L'Age de l'Homme), ou d'un Proust (A la recherche du temps perdu, évidemment).
De même, il a une poésie mélancolique ayant des airs baudelairiens ou verlainiens (deux auteurs que Brian chérit d'ailleurs). Il suffit d'écouter des chansons telles que "Without You I'm Nothing", "My Sweet Prince", "Ask For Answers" pour s'en rendre compte. Les paroles sont ici somptueuses, pleine de spleen et de tristesse. La musique s'accorde magnifiquement à la voix et aux mots de Brian pour les amplifier.
Placebo a su reprendre et réinjecter intelligemment l'énergie et la hargne des débuts pour rendre cet album divinement bien varié, tantôt fait de plaines oniriques et tantôt basé sur des pics énergiques résolument rock. On retrouve le côté provocant de Placebo dans "Allergic" avec ses riffs lourds baignés de basse et d'énervement, dans "You Don't Care About Us" ("mental masturbation") ; dans "Scared Of Girls" avec son "I'm a man, a liard, guaranteed in your bed", ou dans "Evil Dildo" la chanson cachée et ses paroles délicieusement vulgaires composées sur le répondeur de Brian ( "Hey motherfucker I'm after you, etc."). Ce qui est étonnant, c'est qu'aucune des chansons ne sort du lot : chacune a une place bien choisie qui lui va bien.

C'est après 13 chansons surprenantes, faites d'émotions antithétiques (larmes et excitation) que l'on se retrouve bouche bée, l'album en main, à se demander comment ses 3 mecs maquillés ont su composer cette 'chose-là' . Des années après, on se reposera encore cette question à chaque fois que l'on réécoutera cet album. Un peu comme après un album du Velvet ou du père du glam.
Un coup de maître, vraiment.
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 31 janvier 2006 à 13 h 57

20/20... Une drôle de note quand même. Le genre de note que l'on ne peut avoir au bac en philo parce que les enseignants considérent que jamais rien n'est parfait.

Il est clair que cet album est génial. De la premiére seconde de "Pure Morning" à la fin d'"Evil Dildo", deux morceaux à l'image de l'album, torturés. On dit souvent que certains albums contiennent des perles. Deux ou trois chansons qui sortent du tout qu'est l'album. Mais il est rare qu'un album soit composé uniquement de perles.
"Pure Morning" est peut être un peut trop répétitif mais c'est l'objectif.
"Brick Shithouse" est génialement punchy.
"You don't care about us" est un morceau qui équilibre l'album, simple et efficace.
"Ask For Answers" est la ballade avec des paroles à écouter et à re-écouter.
"Without You I'm Nothing" a aussi une essence, une ambiance extraordinaire de saleté adolescente.
"Allergic est le morceau" un peu engagé avec le refrain "la lumière divine, la lumière divise".
"The Crawl" est le petit morceau moins aimé mais bon c'est aussi une ballade qui fait retomber le rythme.
"Every You Every Me" est le tube pop qui tourne et qui retourne et qu'on s'en lasse pas...
"My Sweet Prince" est le meilleur morceau de l'histoire de Placebo (je sais, c'est arbitraire...). Le morceau de déprime totale avec une telle force dans le chant de Molko. Et des paroles mes amis, des paroles spleenantes à en tomber par terre! So before I end my day...
"Summer's gone" est encore une ballade magnifique.
"Scared of girls" redonne un peu de vie à la fin de l'album pour ne pas s'endormir.
"Burger Queen" est encore (encore!!!) une très belle chanson sur les sentiments tordus de Molko.
Enfin "Evil Dildo" est un quasi-instrumental d'une force très rare.

Cette énumération ne sert qu'à montrer que le 20/20 n'est pas usurpé. Que cet album est vraiment intemporel...
Intemporel ! ! !   20/20



Posté le 06 avril 2006 à 14 h 43

Aller, je me lance dans la chronique du meilleur album de Placebo à ce jour et sûrement pour toujours...
Sur cet album et tout au long des 12 chansons qui le composent, Placebo a touché du doigt la perfection absolue, le Saint Graal.
La première moitié est tout simplement spectaculaire, je ne vois pas d'autre mot. Après un Placebo pour moi en demi-teinte et avant un Black Market Music ennuyeux à souhait, c'est ce même Placebo qui a composé l'archi connue "Pure Morning" à l'intro savoureuse, l'énervée "Brick Shithouse" la merveille pop-rock, "You Don't Care About Us" ou encore les deux grandioses perles de mélancolie "Ask For Answers" et "Without You I'm Nothing". Ouoh ! En 5 chansons on est soufflé par tant de génie et de brio (C'est vraiment Placebo qui a fait ça ??) et on comprend alors pourquoi Molko est devenu un sale petit péteux (A moins qu'il ne l'ait toujours été ..?) Cette pause que je fais après les 5 première chansons sert juste à distinguer la perfection de celles-ci et les 7 autre 'juste' excellentes. "Allergic" nous réveille, "The Crawl" nous rendort dans le bon sens du terme puis on nous réveille a nouveau (hey arretez ça !) avec l'excellente "Every You Every Me" et devinez quoi, on nous apaise encore avec la toute aussi bonne "My Sweet Prince", comme si ces messieurs nous passaient de la pommade après nous avoir botté le cul. Oh j'allais oublier l'un des tout meilleurs morceaux de l'album "Summer's Gone" au parfum délicieux de départ, toute en finesse et en mélancolie. La suivante "Scared Of Girls" est pour moi la moins bonne (et non la plus mauvaise) de l'album, renouant un peu avec les origines de Placebo. "Burger Queen" efface bien vite le moindre reproche, pour nous dire au revoir de la meilleure des manières. Adieu en fait semble plus approprié car par la suite, seul Sleeping With Ghosts et 4 ou 5 de ses chansons pourront seulement nous rappeler à quel point Without You I'm Nothing était bon (Et à quel point Black Market Music et Meds sont mauvais).
Excellent !   18/20



Posté le 21 décembre 2006 à 13 h 21

Without You I'm Nothing, est certainement le meilleur album que le groupe ait pu nous livrer. L'album commence très bien avec "Pure Morning" qui est un très bon titre qui nous montre déjà tout le style des débuts du groupe (avec ce style là, on est loin de leurs dernières daubes de Meds). Puis, le deuxième titre, est "Brick Shithouse" tout aussi bon que "Pure Morning" avec une très bonne qualité (on ne peut pas dire que le groupe ait beaucoup évolué au fil des années). Avec ces deux premiers titres, on ne sera pas déçus (d'ailleurs, qui pourrait dire qu'une seule chanson de cet album l'a déçu). Ensuite, vient "You Don't Care About Us", comment ne pas apprécier un si bon titre. "Ask For Answers" est un assez bon titre qui ne nous déçoit pas trop mais qui n'atteint pas la hauteur des trois présentés précédemment. "Without You I'm Nothing" est l'une des meilleures chansons de l'album. Ce titre, avec une très bonne qualité musicale, nous enchante et est vraiment énorme. "Allergic (To Thoughts Of Mother Earth)" est également un bon titre avec ses guitares qui font tout le charme du groupe. Puis c'est "The Crawl", chanson assez calme mais on peut lui reprocher qu'elle le soit un peu trop. Ensuite, "Every You Every Me". Si on devait dire quelque chose sur cette chanson ce serait "c'est une merveille". En effet, avec sa qualité irréprochable, il y a de quoi envier cette chanson. "My Sweet Prince" vient ensuite, cette chanson nous change de la précédente, mais dans le mauvais sens (c‘est-à-dire qu'elle est un peu mauvaise). La chanson suivante est "Summer's Gone", dans un meilleur style que "My Sweet Prince", elle s'impose comme étant un des succès de l'album. L'avant-dernière chanson, "Scared Of Girl", est bruyante et c'est le côté que l'on apprécie dans cet album. En effet, avec ses très bonnes guitares, elle est l'une des meilleures chansons de l'album et on ne peut pas le lui reprocher. Le dernier titre est "Burger Queen", dans un style plus romantique, elle ne déçoit pas et le groupe fait, comme dans Placebo (qui est leur précédent album et leur premier) un morceau caché qui nous rappelle encore "Something In The Way" de Nirvana. Donc, cet album ne peut pas déplaire à quelqu'un qui connaît bien le rock et on ne pourra lui reprocher peut-être un seul titre : "My Sweet Prince". Donc, l'album ne peut pas être parfait à cause de ce petit élément donc je devrais dire à quand le premier album de Placebo qui mérite vraiment 20/20.
Exceptionnel ! !   19/20



Posté le 22 novembre 2007 à 20 h 54

Qu'on ne se méprenne pas! Je ne suis pas essentiellement un aficionado de ce trio dont je continue de fustiger son premier album gentillet un peu crié sur les toits de la presse à ma connaissance, lors de sa parution.
Pour celui-ci, il a fallu qu'un jour "You Don't Care About Us" me rentre en pleine face pour juger que Placebo sait composer au moins un morceau efficace et d'une puissance 'curienne' non contestable. Le temps passe, puis les ondes hertziennes diffusent souvent "Every You Every Me", tube pas mauvais non plus. Six ans passent avant de me décider, à prix très vert de cette chère Fnac, d'introduire Without You I'm Nothing" dans la discothèque, restant le seul du groupe depuis que l'album éponyme a été vendu d'occase. Qu'est-ce qui peut plaire dans ce disque? Ma foi, ce son plus gros, plus percutant que le premier album, détail apparemment évident. Dedans, des morceaux percutants donc comme "Brick Shithouse", le titre suivant cité plus haut, "Allergic (To Thoughts Of Mother Earth)" ou encore "Scared Of Girls" côtoient d'autres plus emplis de mélancolie planante comme "Ask For Answers", le fameux "Without You I'm Nothing" que David Bowie a repris avec le trio, "The Crawl" ou "My Sweet Prince".
N'étant pas allé plus loin qu'une vague écoute de Black Market Music d'une trempe en apparence identique, j'acquiesce donc également qu'il s'agit du meilleur, même si un p'tiot jeune qui, plusieurs mois auparavant et ne l'ayant jamais écouté, a voulu m'influencer par sa découverte de Placebo sur Meds (sans façon, merci!) qu'il se passait en boucle.
Placebo reste une valeur sûre du rock 'biactol' encore aujourd'hui. On ne peut pas se forcer d'aimer toute la discographie du trio. N'est pas un gentil Francis Zégut qui veut!
Bon   15/20



Posté le 23 novembre 2008 à 21 h 13

Onze heure du matin, un dimanche. "Pure Morning" me tire des draps cotonneux ou je purgeais mes excès de la veille. Cette fille a décidément bon goût. Dès le début, on sent que l'on a affaire à un album d'une autre classe. Cette ligne de guitare répétitive et évolutive, ce beat électro entêtant, ces paroles subtilement décadentes, tout est réuni pour un instant musical aussi pur que la neigeuse qui a traversé mes narines il n'y a pas si longtemps.

S'ensuit "Brick S(h)ithouse" ou l'une des chansons punk les plus réussies de Placebo. Le rythme est rapide, saccadé, Molko déforme sa voix pour donner un côté encore plus agressif et pourtant la classe mélodique est là, l'emportant sur tout le reste. Ma partenaire me lance un sourire complice lorsqu'elle entend "When you cum you never make a single sound". C'est clair, ça ne la concerne pas.

"You Don't Care About Us" prolonge le plaisir post punk avec une belle ligne de basse et une construction idéale déboulant sur un superbe refrain qui devient plus intense au fur et à mesure, tout comme le réveil que je suis en train de vivre.

Puis les choses se calment un peu sur "Ask For Answers", du moins musicalement. Car émotionnellement, c'est à partir de là que l'album prend son envol pour ne plus jamais redescendre. Molko avait annoncé lors de sa sortie en 1998 qu'il avait été composé dans un état de délabrement sentimental total pour les trois membres du groupe et c'est vrai que l'on va peu à peu se laisser entraîner par la sombre magnificence de ce qui va passer dans nos oreilles. "These Bonds Are Shackle Free". L'image est dure, me rappelant pourquoi je suis ici, avec une fille de vingt ans plus perverse que jamais mais qui m'aura oublié dès demain pour s'éclater avec un autre business man friqué.

Vient le morceau titre. A le réentendre dix ans après, je me dis qu'il n'avait même pas besoin de l'aura et de la voix mystérieuse de Bowie avec qui le groupe l'a joué sur scène. Ces presque cinq minutes d'orgasme musical et émotionnel sont un point d'orgue dans la musique en général. Les paroles continuent de me filer ce sentiment de nausée que mes breuvages corsés d'hier soir n'expliquent pas complètement. Et malgré cette créature au physique aussi gothique et parfait que la chanson et ses efforts buccaux extrêmement flatteurs, je ne peux me permettre de penser à celle à qui je dirais bien "Without you I'm nothing" à ce moment précis.

Heureusement, "Allergic (to Thoughts Of Mother Earth)" et son énergie salvatrice grâce à un travail sur la disto de la guitare très poussé et un refrain aussi simple qu'accrocheur me remettent d'aplomb pour profiter de ce moment rock'n roll comme on en croise peu dans sa vie d'homme modèle. Rassasiée, elle me laisse seul.

"The Crawl" me fait replonger dans la rêverie sentimentale. Petite sœur de "Ask For Answers", la chanson semble irréelle, passer telle un fantôme dans la chaîne. Brillant tout simplement.

"Every You, Every Me" reprend la structure répétitive et tubesque de "Pure Morning" avec autant de réussite, une belle montée en puissance de guitare/synthé sur la fin et un Brian Molko toujours aussi inspiré dans ses paroles désabusées. Le petit déjeuner est prêt.

Petit déjeuner sur "My Sweet Prince" ? Non merci. Voilà un morceau très difficile, où le chanteur déverse sa douleur sans se soucier un seul instant de son effet sur l'auditeur. Par la suite, Placebo le fera encore mais de manière consciente, calculée et forcément plus aseptisée. Ici, c'est du brut. L'instrumentation est minimaliste, la voix est au premier plan et les paroles font tout. Il faut être dans le bon état pour écouter sinon mieux vaut la passer. Avant que mon esprit qui rajoute inconsciemment deux s au titre ne retrouve complètement l'image de mes années de bonheur avec une personne aimée, c'est ce que je fais.

Je préfère regarder la neige tomber et laisser "Summer's gone" m'accompagner dans ma rêverie dominicale. Peut être ma préférée sur cet album par son rythme lancinant, sa guitare planante et la ligne de chant de son refrain "You try to break the mole, before you get too old". Un passage narré où la voix de Brian me fait penser à Corgan dans ses moments calmes achève de lui donner un charme indéniable. Le même que possède celui de ma groupie d'un soir, qui me fait doucement comprendre qu'il sera bientôt l'heure de se quitter. Peut être une dernière tartine ?

La tartine se mangera sur "Scared Of Girls", dernier brûlot de l'album avec une sauvagerie et une efficacité rythmique à couper le souffle. Nirvana n'est pas loin. Je me délecte de ces paroles qui définissent exactement l'homme que je suis devenu et que deviennent finalement tous ceux déçus par l'amour : "I'm a man a liar, guaranteed in your bed, I gotta place it on the rack, got a place inside it".

Epuisé et vidé de toutes mes substances non illicites, je me dirige vers la porte quand retentit "Burger Queen", ballade désenchantée où Stefan Olsdal troque sa basse pour une guitare rythmique tandis que Brian Molko fait sonner des arpèges touchés par la grâce. "Things aren't what they seem". Pourtant il semble bien que c'est là le terme de l'album et de ma relation éclair du week end. Je n'aurais pas le temps d'écouter l'instrumental caché "Evil Dildo" où le chanteur a samplé les menaces proférées sur son répondeur pour accompagner une furie musicale à deux basses qui, il faut l'avouer, n'a pas grand intérêt à la fin d'un tel album. Mais rien que pour entendre le batteur se lâcher, on ne boudera pas notre plaisir.

Moi mon plaisir est terminé, je retourne à ma vie normale d'homme stressé. Réécouter "Without You I'm Nothing" m'a néanmoins rappelé certaines choses qui avec le temps s'étaient embrumées dans mon esprit.

Sans cet album, Placebo n'est rien. Sans cet album, ma discographie n'est rien. Sans cet album, je ne suis rien. Sans toi je ne suis rien.
Intemporel ! ! !   20/20







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