Coco Rosie

Bordeaux [4 Sans] - mardi 25 mai 2010

Qu'il fait chaud dans ce foutu vieux hangar qu'est le 4 Sans. Chaleur d'autant plus détestable que les sœurs Casady nous font languir une éternité. Pourtant la première partie Diane Cluck est vite pliée face à un public peu réceptif. Il faut dire que du folk plutôt monocorde avec des vocalises nasales en escaliers à moitié justes implique une concentration de fer, qui flanche forcément quand on est dans une étuve et qu'on attend CocoRosie dans un tout autre registre. Car maintenant quand on évoque le pseudonyme des deux filles on pense à leur croisement entre lyrique et hip hop le tout entrecoupé d'électro plutôt qu'à leurs débuts faits de bricolage dans un rayon de Toy'R'Us. Et cette nouvelle tournée ne prouvera pas le contraire.

Dès son arrivée sur scène, le groupe barbouillé des larmes de sang diffuse son électro opéra pendant qu'un rétroprojecteur imbibe un écran derrière eux de scènes psychédéliques ou pour le moins étranges. Les deux Américaines se démarquent. Drapées de blanc. Comme si elles échappaient au climat de la salle. Hors de portée de ce sentiment de lourdeur. Sierra déroule ses mélopées dans une gestuelle théâtrale de l'incompréhension. Manie un peu too much entretenue tout au long du set, partie intégrante de son "illumination" dont je ne suis pas friand. Je préfère la sobriété lyrique (et donc peu de mimes) de "Happy Eyez" qui passe mieux que sur leur EP Coconuts, Plenty Of Junk Food sans le son d'orgue trafiqué. Ou encore son intervention qui fleure bon le flashback sepia de "Lemonade". Mais ma préférée reste Bianca. Qui fait mouche dès qu'elle ouvre la bouche. Son timbre grinçant pris entre le nez et la gorge me fait littéralement fondre. Notamment sur l'excellente "Fatherhood" où sa voix d'enfant coupe avec les accords de piano lugubres et menaçants (dommage pour "Grey Oceans" avortée à cause d'un larsen perturbant la belle). Et lorsqu'elle s'attaque à ses parties de hip hop parmi lesquelles "Werewolf", c'est avec tout autant de plaisir que je me laisse guider par son flow.

C'est ainsi que Coco et Rosie interprètent la quasi totalité de Grey Oceans, fouinent légèrement dans The Adventures Of Ghosthorse & Stillborn et les inédits qu'elles affectionnent. Pourtant si leur concert est vraiment une bonne surprise c'est en grande partie dû au back band qui retape les morceaux. Le dernier album se voit ôté de ses fioritures bancales et agrémenté en retour du talent du pianiste mais surtout d'une section rythmique menée par le beatboxer TEZ. Et donc pendant que Bianca trafique dans ses étalages de jouets et de bidules et Sierra caresse sa harpe ou qu'elles jouent à trois petits chats ensemble ("Hopscotch"), les beats assaillent dès qu'ils peuvent une salle prête à rompre et qui en redemande. On se délecte par conséquent d'un "Afterlife" électronique crissant ou "Fairy Paradise" qui monte en puissance pour mieux exploser. Et ce à chaque fois grâce aux soins de la boite à rythme humaine. Et c'est d'ailleurs en faisant danser le public avec la reprise de "Turn Me On" puis "Tranny Power" (Pump it up, pump it up/Turn the music louder/Pump it up, pump it up/Feel the tranny power) que finit le concert dans une allégresse épileptique de boîte de nuit et montre en même temps qu'il est révolu le temps de la pureté et de la naïveté des deux sœurs. Qu'à cela ne tienne. C'est tout aussi rassasiant !


Parfait   17/20
par TiComo La Fuera


  Setlist:
Undertaker
R.I.P. Burn Face
Fatherhood
Black Rainbow (Black Poppies/Rainbowarriors)
Happy Eyez
K-Hole
The Moon Asked The Crow
[beat box session par TEZ]
Hopscotch
Lemonade
Smokey Taboo
Grey Oceans
Werewolf
Afterlife Party
Promise/The Black Swan
Fairy Paradise
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Turn Me On (Kevin Lyttle cover)
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Tranny Power


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