Magma

Mekanik Destruktïv Kommandoh

Mekanik Destruktïv Kommandoh

 Label :     Seventh 
 Sortie :    avril 1973 
 Format :  Album / CD  Vinyle   

Il y a des disques fondateurs: même si je ne suis pas client je ne nierai jamais l'importance d'un OK Computer ou d'un Pornography. De ces disques fondateurs que sont, par exemple, le Sticky Fingers des Stones ou Abbey Road des Beatles... Ce disque-là va, dans la carrière d'un groupe, baliser la route; à savoir: est-il possible d'aller plus loin, de faire mieux ? Et qui deviendront des références pour TOUS par la suite. Il y a dans la musique 'actuelle' française un avant et un après MDK.*
J'ai été embouti par les 40mn (2 faces en vinyle) de cette chose vers mes 18 carats, j'en ai encore des séquelles, je suis un rescapé... Après ce grave accident, on m'a greffé un nouveau visage, j'ai commencé une nouvelle vie mais ma mémoire reste intacte.
Aucune démarche intellectuelle dans mon propos, nous avons affaire ici à une musique du ventre. Musique matriarcale, oserais-je, la terre parle en un séisme unique. Aucun instrument soliste ne s'arroge le droit à la parole (la guitare de C. Olmos mixée à l'intérieur, les cuivres noyés en dedans, les voix qui scandent à la surface, juste le pilonnement de la basse telle la base du pilier).
L'inspiration volcanique du début est ici photographiée DANS le cratère, il n'y a plus éruption, c'est le moment d'avant ! MDK est le 2eme mouvement de la trilogie Theuz Hamtaahk et le premier a être gravé en nos sillons, il restera c'est un comble LE morceau 'que l'on peut siffler sous la douche' du groupe.
40mn où les voies ne s'arrêtent jamais bouclant des cycles qui peuvent se répéter ad libitum et qui créent une extase, une hypnose. Proche de l'expérience de la musique profane du "Carmina" de Off, proche de la transe rythmique du "Sex Machine" du père Brown, Magma s'éloigne ici des canons du genre en s'appropriant ce groove tellurique et ces sacrées incantations tribales pour vous donner envie de... DANSER !!!
Car, je ne plaisante pas, vous pouvez bouger sur cette musique, en tout cas depuis toujours moi je danse au fur et à mesure que le chant prend possession du morceau qui passe en pilotage automatique, là ça décolle, précurseur de la rave anti-techno par excellence.
A l'instar du Grand Wazoo de Zappa, qui lui n'est plus du jazz, ceci, bien entendu n'est plus du rock, terra incognita, ceci n'est plus rien du tout d'ailleurs qu'une énorme clameur, on ne pose pas le bras de sa platine sur ce CD comme pour un Franz Ferdinand, il faut un minimum de préparation, il faut un minimum confort d'écoute, envisager l'apnée sonore, tous les moyens sont bons, tous les coups sont permis, épice ou alcool fort, casque Haute-fidélité ou enceintes de luxe, ceci n'est pas de la muzak pour I-Pod, bâillonner votre copine, assommer son caniche nain. Puisque ici le groupe Magma n'est QUE l'instrument du délire paranoïaque et mégalo de Christian Vander et tant mieux, c'est une réussite, n'en déplaise aux grincheux qui voudraient que l'on se débarrasse 'à la sarko' des Beefheart ou des Can qui font tâchent. Ici aussi y'a du bruit et y'a de l'odeur; y'a de la vie quoi !
Ami du baggy taille basse, du post-grunge primesautier ou du hype-hop bien rangé passe ton chemin, cette source n'est pas faite pour ta soif.
Musique d'esthète de lard sous piqûre de mystique me direz-vous ?
Pour vous en convaincre jetez donc un oeil aux images: DVD enregistré au Trianon, la trilogie enfin jouée sur scène.
Cette oeuvre majeure de la musique du XXeme siècle restera quand il n'y aura plus rien... INTEMPOREL, donc.


Intemporel ! ! !   20/20
par Raoul vigil


  *Il est à noter que Magma, lors de ses réincarnations successives va révéler des musiciens exceptionnels: "Faton" Cahen ou Yochk'o Seffer qui monteront Zao, Lockwood, Top ou Paganotti (les bassistes monstrueux), Engel (celui de Gotainer), est également le père légitime du mouvement Zeuhl qui enfantera une multitude de groupes affiliés (Art Zoyd, Univers Zero, etc).


 Moyenne 20.00/20 

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Posté le 31 octobre 2006 à 13 h 18

Mekanïk Destruktïv Kommandöh, troisième volet de la trilogie 'Theusz Hamtaahk', se veut selon le livret comme "'le jugement de l'humanité pour toute sa vulgarité, sa cruauté, son inutilité, et son manque d'humilité comme seul Nebehr Gudahtt, prophète, agit par l'univers, a pu le concevoir dans son infinie sagesse'.
Petite explication de l'auteur 'Cette œuvre, créée en toute humilité, retrace l'histoire d'un humain qui, un jour, s'adressa à tous les terriens en leur expliquant les raisons pour lesquelles ils doivent disparaître de la Terre'.
Une fois cette présentation faite, on comprend mieux dans quoi on est engagé. MDK c'est l'apocalypse sonore, le truc unique et indépassable. Plus qu'une mélodie c'est une charge militaire mais qui n'est pas mené à coup de guitare bien grasse mais à coup de cuivre et de chœurs Kobaien. Rarement la musique ne c'est faite si puissante et si intense, 30 ans après sa genèse les premières écoutes sont toujours terrifiantes. Comme l'explique bien la première chronique, on ne rentre pas dans les délires Magmaien comme dans la plupart des disques. C'est une véritable épreuve auditive qui vous transporte pour vous achevez sur LE titre : "Mekanïk Kommandöh" qui pourrait bien être l'assaut final, la guerre des mondes, le point de non retour, le passage qui marquera (ou peut être dégoûtera) à vie. Ca vous pète à la gueule avec une puissance inimaginable. Sacré performance.
La cathédrale de la musique zeuhl est là. Enorme, épique, tout simplement unique.
Intemporel ! ! !   20/20







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