Shannon Wright

Reims [Festival Magnitudes - L'Entrepôt] - vendredi 22 octobre 2004

Shannon Wright
Voilà enfin l'un des concerts que j'attendais impatiemment cette année, celui de Shannon Wright. Après être tombée passionément et douloureusement sous le charme brutal de son dernier album (et des précédents, par la même occasion), il me tardait donc d'entendre la demoiselle en live, et de la voir évoluer sur scène. Certes, je me doutais bien un peu que cela ne serait pas aussi évident et 'simple' que pour beaucoup d'autres. Je me doutais ... et pourtant ...

Et pourtant, ce soir là fut bien difficile, à commencer par ce public ingrat (et jeune, très jeune ... serait-ce synonyme ?), essentiellement venu s'émoustiller pour la nouvelle scène rock Belge, et ne faisant guère de cadeaux à la frêle américaine.
A cela s'ajoute une atmosphère 'pesante' autour de l'artiste, dont le management avait posé ses conditions drastiques : aucune interview ne sera donné, aucune photo ne sera autorisée (... ou presque). La fouille est sévère à l'entrée.
Shannon arrive sur scène vers 21H30, petit chemisier sage sous un pull fin, jeans étroit. Elle paraît fragile, isolée, un peu lointaine. Accompagnée de son batteur, elle empoigne rapidement sa guitare. Et voilà ...
Voilà quoi ? ... Voilà 30 minutes et une poignée de titres qui vont défiler sous nos yeux, enchaînés rapidement, sans un mot. S. Wright semble bien seule sur sa scène, seule à triturer brutalement son instrument, seule à gémir, à crirer, seule à se tordre, à chercher on-ne-sait-quoi.
Une première moitié de son set se fera à la guitare ; elle passera la seconde moitié au piano. Livrant des interprétations ultra fidèles aux versions albums, la jeune femme donne l'impression d' accomplir sous nos yeux sa dure labeur, sans âme (ou si peu), sans envie, sans plaisir peut-être aussi.
Certes, "Hinterland", "Black Little Stray" ou encore "With Closed Eyes" (des titres venus de son dernier LP Over The Sun) ne perdent en rien de leur violence et leur beauté, mais l'on (je ?) en espérait sans doute un peu plus. Pour ma part, j'ai longtemps cherché ce soir-là celle qui m'avait tant touché avec ses albums, celle qui m'avait fait mal là où ça fait du bien, celle qui était venue insidieusement me bousculer. Mais je ne l'ai à aucun moment trouvé.

Quelques trente ou quarante minutes plus tard, Shannon Wright quittera la scène très rapidement, dés la fin de sa dernière note, sans un regard, sans un geste. Mal à l'aise et bien évidemment un peu déçue, je me demande alors très vite si c'est moi qui en attendais trop, si elle est tout simplement tout le temps comme cela, si c'est la faute de ce mauvais public, ou de cette programmation incongrue, ..... ou si c'était juste un mauvais jour ...

Je me questionne toujours.


Passable   11/20
par GirlfromMars


  Crédit photo : © margenoire / Laurent Grigord.
collectif@marge-noire.com

Merci !


 Moyenne 10.50/20 

Proposez votre chronique !



Posté le 20 novembre 2004 à 13 h 28

Je pense que le problème venait surtout de la programmation : Shannon Wright étouffée dans la pop belge qu on nous rabâche sur le Mouv'.
Par conséquent, on avait le public du Mouv' ; quelqu'un a même crié : "on veut Girls in Hawai" entre 2 chansons... Autant vous dire qu' après le concert, j'étais blasé, je suis parti avant la fin.
En regardant autour de moi, j'avais l'impression d'être le seul à être heureux de la voir, à être venu ce soir pour CE concert-là, à avoir des bouchons dans mes oreilles aussi (car la batterie était un peu trop "boostée" a mon goût).
Enfin j'espère la revoir dans de meilleures conditions, à savoir avec son public ... Aors je sais pas trop quoi mettre comme note...
Moyen   10/20





Recherche avancée
En ligne
279 invités et 0 membre
Au hasard Balthazar
Sondages
Tu as le droit d'effectuer un seul voyage spatio-temporel, où est-ce que tu vas ?