Pig Destroyer

Book Burner

Book Burner

 Label :     Relapse 
 Sortie :    jeudi 30 août 2012 
 Format :  Album / CD   

Il aura fallu cinq ans à Pig Destroyer pour enfin offrir un digne successeur à Phantom Limb, élu "disque de métal 2007" par Decibel Magazine. Cinq années qui ont vu partir Brian Harvey et arriver Adam Jarvis (de Misery Index) en remplacement. A priori, question batterie, on ne perd pas vraiment au change, ce que l'écoute confirmera.
Comme il faut savoir se faire plaisir, la "deluxe edition" de Book Burner comporte un second C.D. composé de sept reprises punk-harcore : Black Flag, Misfits, Angry Samoans, Negative Approach, Circle Jerks, Minor Threat et Void, les connaisseurs sauront apprécier. À titre personnel, n'ayant jamais entendu les titres originaux et n'étant que peu amateur de ce style américain, les versions de Pig Destroyer ne m'enchantent pas plus que ça car elles sont finalement assez classiques bien que puissantes ("Who Are You ?" de Void sort réellement du lot). Bref, en commençant l'écoute par ce C.D. bonus je pourrais être tenté de croire que Pig Destroyer lève le pied et effectue une sorte de retour aux racines, son pèlerinage américain.
Alors, quelle tête il a en vrai ce Book Burner ? Déjà la pochette est vraiment réussie, c'est une belle œuvre et l'on constate que le groupe poursuit sa mutation identitaire à chaque sortie discographique. Ensuite, s'il y a un signe qui ne trompe que très rarement, c'est le ratio nombre de morceaux / durée. Si l'on fait une comparaison avec "Phantom Limb", il y a plus de chansons (19 contre 15) et elles sont visiblement plus brèves. Que déduit-on de ce postulat lorsqu'il s'agit d'un groupe de grind ? "Que ça va tabasser sévère, Monsieur !". Oui, très bien au fond la jeune fille en kilt, vous passerez me voir après l'écoute.
Tout le monde est prêt ? Alors c'est parti. Une minute quinze de "Sis" et l'on demande déjà grâce tellement ce morceau est violent, tant dans ses accélérations délirantes que dans ses subits ralentissements, sorte de mosh part surpuissants réservés aux hardcoreux obèses (ou les petits tout secs qui font peur).
Sans aucun temps mort, les intervalles entre les morceaux étant quasi inexistants, le quatuor s'évertue à tout réduire à néant. À ce titre, l'enchaînement "The American's Head" (cinquante secondes) – "The Undergound Man" (trente secondes) est paroxysmique.
Si en termes de renommée et de crédibilité, la tête de gondole de chez Relapse n'a strictement plus rien à prouver, elle ne se repose pas pour autant sur les vielles recettes d'antan. Car si l'on retrouve une forme de violence proche de "Prowler In The Yard", les structures semblent moins complexes, plus ramassées autour de quelques riffs tout simplement gargantuesques ("Iron Drunk" notamment). Le chant reste quant à lui l'expression pure de la haine, terrifiant dans son absence de nuance mais au sommet de l'art brutal.
Il n'y a pas grand-chose de plus à dire. Pig Destroyer revient et reprend aussitôt son trône, un peu comme le fait systématiquement Napalm Death dans un autre registre. La cohésion de Book Burner est sans faille et cela en fait un solide prétendant au titre d'album de l'année, en grillant sur le fil toutes les petites bites qui ont essayé de faire pareil. Allez, on se le remet bien profond.


Excellent !   18/20
par Arno Vice


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