The Divine Comedy

Victory For The Comic Muse

Victory For The Comic Muse

 Label :     Parlophone 
 Sortie :    lundi 19 juin 2006 
 Format :  Album / CD   

La classe intégrale. Je le répète: Neil Hannon, c'est définitivement la grande classe. Le cachemire fait homme, l'orfèvrerie incarnée, la science du bon goût avec toujours ce soupçon de modestie qui le fait confiner plus au génie de la musique qu'au sophiste de l'orchestration.
Pour résumer, ce mec qu'on a souvent taxé d'être pompeux, grandiloquent, obséquieux dans son art, n'est finalement qu'un artiste hautement inspiré. Quel comble de reprocher finalement à un artiste d'être "inspiré". Son "barock" raffiné n'a pas d'équivalent dans la musique actuelle. Pas d'élitisme à traquer chez ce brave garçon qui aime autant se la jouer chanson romantique, nostalgique, que chanson festive, grivoise, voire même chanson à boire ("A Drinking Song" sur l'album Promenade de 1994).
Ce dernier opus, au titre renvoyant à sa première galette de jeunesse (Fanfare For The Comic Muse, 1990, aujourd'hui honnie par son créateur en personne, ce qui en fait un disque plutôt difficile à se procurer), est tout bonnement somptueux, tout comme l'était le précédent Absent Friends deux ans plus tôt. Pas de fausse note à chercher ici, nous sommes entrés en territoire stérilisé, rien ne filtre de cette zone qu'harmonies, rien n'en sort que parfaitement abouti.
"To Die A Virgin" nous fait pénétrer dans ces trois quarts d'heure de pureté mélodique. Du moment qu'on aime ce genre de musique et le travail bien fait, il sera quasiment impossible de ne pas succomber une deuxième fois, dans la foulée, au charme de cette ritournelle pop: une jeune fille semble avoir promis de céder aux avances de son tendron le jour de l'anniversaire de celui-ci, cet anniversaire est enfin arrivé et le jeune homme trépigne sous l'influence de ses hormones déréglées, priant sa belle d'honorer sa promesse avant qu'il ne meure vierge... Des textes toujours aussi légers sur une musique brillante. Puis apparaissent "Mother Dear" et son banjo guilleret, "Diva Lady" et ses intrigants sons de cloche sur un motif de basse hypnotique.
Puis la mélancolie fait son entrée fracassante, par la grande porte, et déroule sa litanie de regrets sur "A Lady Of A Certain Age", la vie d'une veuve joyeuse riche et insouciante que le temps vient flétrir inexorablement et qui dépose le bilan de son existence. "The Light Of Day" suit, délicat à souhait, alors qu'un sympathique intermède instrumental ("Threesome") s'enchaîne, piano à 6 mains (c'est ainsi en tout cas que l'ai vu jouer en concert).
La deuxième partie de l'album est du même tonneau, jamais frelaté, et s'achève sur un magistral "Snowball In Negative", léger et grave, éthéré et terrestre à la fois, à l'image de cet Irlandais fils de pasteur qui, tout en composant des bijoux symphoniques d'une perfection pop à pleurer nous gratifie d'une jaquette de CD hilarante où il apparaît tour à tour sous les traits photomontés de Charles Lindbergh, Louis Pasteur, Fausto Coppi (mon préféré), ... Ou comment joindre un peu d'humour à un esthétisme musical sérieux et intemporel. Je disais donc: la classe intégrale.
Cet album a remporté en 2007 le Choice Music Prize, les Victoires de la Musique Irlandaise ou quelque chose dans le genre. C'est bien.... Un prix... Mais c'est en fait tous les prix qu'il aurait dû gagner. Pour venir récompenser un artiste hors catégorie pour l'ensemble de son oeuvre passée et à venir.


Parfait   17/20
par The loner


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