The Divine Comedy

Regeneration

Regeneration

 Label :     Parlophone 
 Sortie :    mardi 06 mars 2001 
 Format :  Album / CD   

Neil Hammon est un personnage à part (et reconnu) dans le paysage anglais depuis maintenant plus de dix ans. Sorte de grand dandy, typiquement british, et décalé d'au moins un siècle, c'est surtout un grand compositeur qui a su écrire d'immenses chansons pop au charme baroque totalement innimitables, et sorti des albums restés dans les mémoires, mélangeant allégrement plusieurs styles de musique: les ballades orchestrales, les chansons grandioses à la Scott Walker, la pop à guitares des Smiths ou le cynisme moqueur de Pulp.
De son propre aveu, Neil Hammon constate qu'en ce début de nouvelle décennie il est au bord d'une impasse et décide de se remettre en cause afin d'éviter de tourner en rond. Son souhait est de faire parler plus le coeur des chansons (voire le sien par la même occasion). La bande va plus s'impliquer dans la production, fera appel à Nigel Godrich, va adoucir son son et livrer des titres plus rock, plus digestes, plus accessibles mais tout aussi majestueuse que par le passé. Et le moindre qu'on puisse dire c'est que le pari est réussi.
Truffé de classiques instantanés ("Bad Ambassador", "Note To Self" et ses balles de ping-pong, "Mastermind"), Regeneration est un inusable traité d'élégance et de raffinement. La voix plus triste que d'habitude, l'ochestration discrète et solennelle, les mélodies plus mélancoliques; tout concourt à atteindre une richesse très profonde. L'émotion est au rendez-vous dès qu'on prête une oreille à "Lost Property" ou "Regeneration". Le romantisme est toujours à l'honneur mais il se fait plus délicat, plus fragile aussi, rendant cette musique particulièrement belle. On est bouleversé par ces arrangements fouillés, ses inspirations, ce charme unique.
Et lorsque l'album se conclut sur "The Beauty Regime", on est presque au bord des larmes lorsque Neil Hammon sussure "Look again in the mirror and see exactly how perfect you are..."
Maginfique et magistral.


Parfait   17/20
par Vic


 Moyenne 14.67/20 

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Posté le 25 janvier 2007 à 16 h 16

Regeneration est et restera mon seul et unique album de The Divine Comedy.
Parce qu'il a déboulé dans ma vie de derrière un mur, parce qu'il était tellement inattendu qu'il m'a marqué.

‘There's not enough hours in the day to say all I want to say'.
Et je n'arrive pas à parler de ce disque, d'autant que je n'arriverais pas à faire mieux que Vic. Ce disque, pourtant, me parle, l'écriture de Neil Hammon me touche. Cette manière de parler de choses anodines, de ces petites notes que l'on s'écrit, de ces objets que l'on est furieux d'avoir perdu, qu'on ne retrouvera plus mais qui sont là, toujours. De la petite chose découle une question importante : que possède t'on vraiment si l'on a vraiment le droit de le posséder quoi que ce soit.
Le chant est fluet mais bien présent. Les accompagnements jamais trop présents. Les couches se superposent en finesse, plume sur plume, ourlets des lettres.

"Note To Myself", "Lost Proprety", Eye Of The Neddle" m' emmenent loin.
"Regeneration" les vieilles peaux s'étiolent.

Tel le personnage de lave de la pochette je m'évade, je survole, je file... neuf.
Thank you guys.
Excellent !   18/20



Posté le 07 juillet 2009 à 11 h 16

Commençons une nouvelle fois par la forme : un coureur de fond décharné qui passe une ligne d'arrivée (qu'a-t-il gagné ?) ! Des couleurs chaudes, un titre digne des Spice-Girls Regenaration et un nom de groupe The Divine Comedy. Le fan décontenancé cherche un indice, une trace quelconque du visage de Neil Hannon et trouve, dubitatif, au dos du CD, un homme au milieu d'autres, cheveux longs et futal/basket crasseux ! Mais où donc sont l'élégance et le style reconnaissable de notre crooner irlandais ?

A l'aube de ce nouveau siècle, Neil Hannon a choisi d'apparaître au centre de son groupe, en retrait, laissant son charisme (et sa personnalité ?) au placard des 90's. Si la symbolique est forte qu'en est-il de la musique ? J'avoue avoir eu peur en achetant le disque à sa sortie et je confesse aujourd'hui qu'il demeure, à mon avis, (presque) anecdotique !
A l'époque de Fin De Siècle certaines critiques avaient qualifié Divine Comedy de pompeux et même d'auto-parodique. Le disque était certes, très produit, grandiloquent mais les chansons ressemblaient à du Divine Comedy®. En témoigne les désormais classiques "Generation Sex", "National Express" ou "Sunrise".
Aujourd'hui les onze titres de Regeneration semblent tous oubliés voire parfois inconnus et le disque même fait pâle figure dans la discographie d'Hannon vu le peu de titres retenus lors des concerts.
Ceci est dû en partie à la catastrophique production du malfaisant Nigel Godrich. Irréprochable (pour les fans) aux côtés de Radiohead, de Pavement ou encore de Beck, les tics du britannique plombent littéralement la musique de Divine Comedy et ne conviennent absolument pas au songwriting d'Hannon. En premier lieu parce que Godrich déploie des ambiances et des atmosphères proches de l'ambient et parfois même de l'électro. Avec de telles textures, les chansons devraient logiquement nous tirer vers le haut mais c'est exactement l'inverse. L'auditeur est pris en otage par des arrangements fades à mille lieues de l'image sophistiquée des disques de l'irlandais et du lyrisme inhérent à ses chansons. Le disque entier semble uniforme et sans relief. Du coup, dès le second morceau, l'ennui s'installe ! "Bad Ambassador" s'embourbe, "A Perfect Lovesong" tente de sauver les meubles d'antan tandis que "Note To Self" piétine !
The Divine Comedy a tenté, sur ce disque un renouvellement mais il s'avère hélas bien creux. Neil Hannon semble comme en retrait, loin de ses chansons, effacé derrière les ternes effets de Godrich. Seul le très beau "Eye Of The Needle" qui rappelle Morricone parvient à nous séduire : un comble pour le "Casanova" de la pop !

Regeneration reste donc à mes yeux une altération ratée, une anomalie pardonnable dans la riche discographie de The Divine Comedy. Ce disque nous permet surtout de comprendre que Neil Hannon n'a besoin de personne et qu'il demeure le seul maître à bord. L'irlandais saura nous faire oublier cette fantaisie "dégénérative" et nous ramener aux fondamentaux avec son magnifique Absent Friends en 2004.
Pas terrible   9/20







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