Syd Matters

Fever In Winter, Shiver In June EP

Fever In Winter, Shiver In June EP

 Label :     Third Side 
 Sortie :    mai 2003 
 Format :  Maxi / CD   

"Quoi? Syd Matters, c'est un Français ? Ben mince alors, j'aurais pas cru..."
Et oui, combien sommes-nous à avoir été dupes de ce jeune garçon, croyant avoir à faire à un énième songwriter anglo-saxon. Et bien non, celui-là il est bien de chez nous, il s'agit d'un Parisien de 24 ans, et voici le E.P. qui l'a révélé au grand public (grand n'étant peut-être pas l'adjectif approprié ici, mais bon passons...).

Encore un chanteur/guitariste, me direz-vous ? Il est vrai que la France compte déjà un grand nombre de songwriters de renom (enfin bon j'me comprends...): J.J. Goldman, F. Cabrel, Brian De Palmas (ah non c'est pas l'bon prénom là... enfin bon on s'en fout)... Mais "grand nombre" ne signifie pas "grande qualité", comme le démontre la liste des business men précédemment citée, vous en conviendrez...

Alors pourquoi faire l'acquisition de ce E.P. et de ses 6 titres (25 minutes quand même), la question vous brûle sûrement déjà les lèvres ? Et bien parce qu'on y retrouve tout d'abord le "hit" désormais incontournable "Black & White Eyes" , également disponible sur le L.P. sorti par la suite, mais figurant ici dans une version plus épurée, voire plus "artisanale". D'autre part, ce E.P. contient 2 titres qui figurent déjà parmi ses meilleurs: tout d'abord l'acoustique "Connie". "´Want to see Connie, Connie wants to see me, ‘cause I hate my body, and I love hers" sympa, non ? Ensuite, le titre qui clôt le C.D., le mélancolique et très poétique "In Your Town", certainement sa meilleure composition à l'heure actuelle: le titre s'ouvre sur de la guitare acoustique, à laquelle s'ajoute ensuite une délicate touche d'électro, tout en finesse, pour former une mélodie douce et enivrante. Un vrai régal pour les oreilles.

Sur les autres titres, on retiendra : sur "Attractive", l'usage habile du clavier et ce côté électro qui se marrie décidément si bien avec la musique du bonhomme, sa voix grave, et ses textes certes simples mais touchants ; sur les 6min52 de "Organised Life", les expérimentations "mogwaiesques". Et enfin avec "Silent Kenny", le retour à un songwriting plus classique, du moins seulement au début du titre, puisque celui-ci s'achève dans un vacarme ou se mêlent guitare et sonorités électroniques.

En bref, voici un C.D. bien plaisant, un O.V.N.I. dans le paysage musical français, et dont la pochette illustre admirablement le contenu: une œuvre mutante et foisonnante (et certainement plus digeste que le L.P., sur lequel il confirme néanmoins toutes les qualités qu'ils démontrent ici)...

Toutefois, on ne peut s'empêcher de se demander, face à l'absence de titres en français, si l'anglais n'est pas devenu incontournable dans la création musicale, et si certains propos, à moins d'être tenus dans la langue de Shakespeare, ne sonnent pas alors... euh... ben cons! Snif... Dites-moi que non !


Très bon   16/20
par ZutFlûteCrotte


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